Les enjeux économiques, sociaux, culturels, éducatifs, écologiques des territoires sur lesquels nous vivons vont connaître dans la prochaine décennie, des mutations, des transformations d’une ampleur exceptionnelles.

 

Les transformations en cours ne peuvent pas se déployer dans le cadre d’une vision territoriale égoïste. Elles ne peuvent pas être maîtrisées uniquement par des choix élaborés, dans les cercles étroits de la démocratie représentative, des cabinets de conseils stratégiques et de communications.

 

Il ne peut pas avoir de transformations, de mutations des territoires et d’amélioration des conditions de vie de la population, sans transformation, sans mutation des manières d’élaborer les voies et les conditions du bien vivre ensemble demain.

 

Aujourd’hui l’intercommunalité apparaît comme une solution, mais nous devons face à cette nouvelle forme d’animation de la gestion territoriale, tirer toutes les leçons que nous faisons porter à la construction européenne. Dans ce cadre de nombreux maux que nous subissons apparaissent comme le résultat d’une techno structure qui n’aurait pas de compte à rendre devant les citoyens. Ce qui tend à démontrer qu’il est impossible de faire le bonheur des populations contre leur volonté ou sans leur assentiment.

 

Le constat, sur une longue période historique souligne une tendance lourde qui consiste à un éloignement du contrôle citoyen des espaces de décisions qui les concernent directement.

 

Voilà, pourquoi nous affirmons que la construction de l’intercommunalité doit être le résultat d’une élaboration collective par la démocratie participative et citoyenne.

 

Cela est ici une exigence. Pourquoi ?

 

Nous sommes, depuis près de 40 ans, associés à 5 villes dans un syndicat intercommunal dont les 5 maires sont tous étiquetés à gauche depuis 2008. Cinq maires qui avaient dans leurs programmes électoraux promis de transformer le Seapfa en intercommunalité sans s’interdire de l’étendre à d’autres communes.

 

Où en sommes-nous, alors que nous sommes à mi mandat, l’appartenance à la gauche de l’ensemble des municipalités, n’a pas été un facteur de rassemblement. Le nécessaire débat sur le fond est perturbé par des contingences de nature partisanes, qui font perdre beaucoup de temps et dont l’intérêt se mesure au désintérêt croissant des citoyens pour l’intérêt public.

 

Ainsi on tourne le dos à ces autres objectifs qui consistent à mutualiser les seules activités qui le méritent dans le cadre des délégations de compétence (qui ne doit pas être ressenti comme une perte de « souveraineté ») tout en associant les représentants de la société civile à même, pour elle-même, de bâtir des schémas d’organisation pouvant être repris par les élus concernés.

 

Il y a urgence, nous ne vivons pas en vase clos. D’autres agissent et interférent sur notre réalité. Nous ne pouvons pas ignorer des choix tels que le Grand Paris et les pôles d’excellences, la structuration en devenir d’un urbanisme le long des nouveaux transports collectifs. Des initiatives privées interviennent avec force pour restructurer des territoires sans se préoccuper des conséquences qu’elles peuvent provoquer dans leur voisinage immédiat, Dont l’ampleur est de nature à déséquilibrer, déstabiliser ce qui constitue les espaces du bien vivre ensemble,

 

Nous sommes à la fin d’un cycle politique, cette fin s’exprime par la parcellisation  des grandes politiques qui ne sont plus en capacité de structurer le débat et cela conduit a des choix de plus en plus parcellaires et où la préoccupation semble plus être la recherche de la continuité politique des acteurs. Certes des mouvements apparaissent, ouvrent des perspectives et engendrent une série de questions et restent encore confinés dans l’étroitesse configuration partidaire.

 

Doit-on baisser les bras ? Il y aurait vraiment de quoi. Mais ce ne sera pour cette fois-ci encore, compte tenu des projets à portée intercommunale qui se réfléchissent dans le strict cadre de la ville où ils sont imaginés. Leur liste est longue, leurs conséquences parfois gravissimes et la perspective suffisamment motivante pour que nous ayons envie de retrousser les manches et d’associer tous ceux qui ne veulent pas regarder le train passer. A nous de les convaincre de monter dedans, notre bonne volonté ne peut se passer de l’expertise du plus grand nombre.

 

A bientôt nous l’espérons.

 

 

Alain Boulanger                                                           

 

Conseiller municipal d’Aulnay sous bois

 

Alain Ramos

 

Conseiller municipal du Blanc-Mesnil