FOLIO DU BLANC-MESNIL

19 juillet 2018

LE GOUVERNEMENT ENVISAGE DE REDUIRE LE BUDGET DE LA PROTECTION DE LA BIODIVERSITE. UN ARTICLE REPORTERRE

Le gouvernement envisage de réduire le budget de protection de la biodiversité

4 juillet 2018 Baptiste Giraud (Reporterre) 

      

Alors que Nicolas Hulot doit annoncer ce mercredi son « Plan biodiversité », un rapport publié début juin relève le fossés entre les objectifs de préservation de la biodiversité fixés par l’État et les moyens qui lui sont alloués… avant de recommander de revoir à la baisse ces objectifs, de mutualiser les établissements et de supprimer des postes.

« Cela fait des mois que l’on n’arrête pas de dire qu’il y a un problème d’effectifs. Le voir écrit aujourd’hui dans un rapport signé par des inspecteurs des finances, cela montre que ce n’était pas que du délirium de syndicalistes. » Patrick Saint-Léger, secrétaire général du Syndicat national de l’environnement-FSU, comme les autres syndicats mobilisés (CGTFO), se saisit comme il peut de ce nouveau rapport, cosigné de l’Inspection générale des finances et du Conseil général de l’environnement et du développement durable.

En mars dernier, les agents du ministère de la Transition écologique et solidaire manifestaient aux côtés des cheminots contre la baisse des effectifs et la dégradation de leurs conditions de travail. Les syndicats demandaient (et demandent toujours) des moyens humains et budgétaires supplémentaires (estimés dans un rapport de 2016 à plus de 200 millions d’euros) pour que le service public de l’environnement (Agence française de la biodiversité [AFB], agences de l’eau, Office national de la chasse et de la faune sauvage [ONCFS], directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement [Dreal], directions départementales des territoires [DDT]…) puisse assurer ses missions convenablement.

Des missions rendues « théoriques » faute de moyens

Pendant ce temps-là se déroulait une mission interministérielle relative à ces mêmes « opérateurs de l’eau et de la biodiversité ». Et, à l’arrivée, le rapport sur « l’avenir des opérateurs de l’eau et de la biodiversité » publié début juin, relaie l’alarme des syndicats. Il constate l’incohérence entre un « objectif particulièrement ambitieux » (la « reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages » de la loi Biodiversité de 2016) et « la faiblesse, sinon l’absence, de moyens correspondants ». Il critique même sèchement la gestion passée en affirmant que « le paysage actuel est affecté par : des objectifs dont l’accumulation, au fil des rendez-vous politiques et législatifs, remplace la recherche d’une cohérence globale ; des outils d’optimisation mal ou non utilisés ; et une tutelle n’exerçant pas toutes ses responsabilités ».

Selon les rapporteurs, « le périmètre et les moyens actuels de l’AFB rendent plus que théorique la mission de police que l’agence est supposée assurer », tandis que du côté des parcs naturels marins « les effectifs permanents de cinq parcs [sur 9] sont tellement faibles — de trois à onze agents — qu’ils mettent en cause leur existence, et partant la parole publique ».

Le rapport sur « l’avenir des opérateurs de l’eau et de la biodiversité » d’avril 2018.

Une certaine logique mènerait à dire qu’il faut donc, en conséquence, augmenter les moyens et effectifs alloués à ces services. Mais ce n’est pas ainsi que raisonnent les auteurs du rapport. Car leurs recommandations consistent à amoindrir les missions de certains opérateurs, à mutualiser ou fusionner des structures, afin de s’aligner sur la faiblesse des moyens disponibles. Ainsi, les six agences de l’eau (déjà amputées d’une partie de leur budget) devraient-elles accélérer leurs mutualisations et fusionner deux par deux, de même que certains parcs naturels nationaux, tandis qu’une partie des missions des services de l’État (Dreal, directions départementales des territoires et de la mer [DDTM], directions interrégionales de la mer [Dirm]…) seraient transférées aux régions.

Un rapport calibré pour la réduction des dépenses publiques

Il faut dire que la mission assignée aux deux inspecteurs des finances et trois ingénieurs des ponts, eaux et forêts, consistait à faire le bilan des tentatives de mutualisation fixées par la loi de 2016, et proposer de nouvelles pistes d’économies. « L’ensemble de vos propositions auront vocation à alimenter les réflexions lancées dans le cadre du programme “Action publique 2022” », écrivaient dans la lettre de mission Nicolas Hulot, ministre de Transition écologique et solidaire, et Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics. Ce programme, qui fait lui-même l’objet d’un rapport remis par un « comité d’experts », prévoirait une baisse de 30 milliards d’euros des dépenses publiques d’ici 2022, ainsi que la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires (conformément à une promesse de campagne d’Emmanuel Macron).

« J’ai l’impression de revivre la RGPP [révision générale des politiques publiques, un programme de baisse des dépenses publiques lancé par Nicolas Sarkozy en 2007], témoigne Zainil Nizaraly, syndicaliste à la Fédération de l’équipement, l’environnement, des transports et des services (Feets-FO), mais en plus fort : des suppressions d’emplois publics, des missions abandonnées, et une logique de prise de décisions entre experts et en catimini, qui s’imposent de façon autoritaire. »

Outre toute une série de « petites » mesures (mais néanmoins symboliques et qui pourraient avoir des conséquences importantes, comme l’indexation de la part variable de la rémunération des directeurs sur les mutualisations et économies réalisées), le rapport s’attarde sur l’AFB et l’ONCFS, et dresse plusieurs scénarios : fusion des deux, mise sous la tutelle totale ou partielle des préfets de départements, création d’un nouvel organisme chargé des missions de police de l’eau et de la nature, ou encore dévolution de certaines missions de police aux fédérations départementales de chasseurs. Des pistes dont les syndicats acceptent de discuter, sauf la dernière : « Confier les missions de police à une fédération d’usagers, c’est comme confier le contrôle des produits phyto à la fédération des produits phyto, ou la police routière à un automobiliste-club », réagit Patrick Saint-Léger.

Un système de redevances comme « outil de fiscalité environnementale »

Point positif, le rapport préconise une évolution du système de redevances (constitué aujourd’hui uniquement de redevances sur l’eau) « pour en faire un réel outil de fiscalité environnementale ». Il est question de faire payer aux services d’assainissement des collectivités une « redevance pour pollution domestique », d’en créer une « assise sur les ventes d’engrais minéraux azotés », et d’augmenter celle pour « pollutions diffuses agricoles ». Ou encore de suivre les recommandations d’un autre rapport du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), datant de juillet 2016, qui proposait une taxe assise sur « les changements d’affectation des sols, qui portent atteinte au patrimoine naturel et à la biodiversité » (par exemple, une taxe sur les surfaces artificialisées).

Du côté de France Nature Environnement (FNE), le jugement est nuancé. « Nous partageons complètement le constat, les politiques de l’eau et de la biodiversité sont le résultat d’agglomérations de stratégies qui n’ont pas été réfléchies de manière cohérente, explique Christian Hosy, coordinateur du réseau biodiversité à FNEMaintenant, il faut être vigilant sur l’utilisation qui va être faite du rapport : l’approche ne peut pas être purement comptable, et ne doit pas minorer le volet augmentation des moyens. »

Des agents de l’ONCFS contrôlant des chasseurs, dans l’Aude, en 2010.

Au moment de la publication de ce rapport, Nicolas Hulot écrivait ouvrir « des concertations des différentes parties prenantes ». En fait, une simple adresse électronique à laquelle les volontaires peuvent envoyer leur contribution. « C’est un peu léger en matière de concertation. Le grand ministère ne pratique pas beaucoup la concertation, ou alors en apparence », remarque Patrick Saint-Léger. Les syndicats attendent donc que des décisions soient annoncées, peut-être début juillet, ou bien seulement à l’automne, au moment de la discussion du projet de loi de finances pour l’année 2019. « On sait que quelque chose va tomber, mais issu du rapport ou pas ? » se demande Zainil Nizaraly.

« Si le plan biodiversité ne dit rien des moyens, c’est l’enterrement total de sa mise en œuvre » 

Surtout, le fait que ce rapport ait été commandé dans le cadre du programme Action Publique 2022 (AP2022« lui donne une force supplémentaire », selon Francis Combrouze, de la Fédération nationale de l’équipement et de l’environnement-CGT« Ce rapport vaudra au titre de AP2022, il se réfère aux feuilles de route des ministres, avec des axes assez précis de compression des dépenses et de réformes. »

C’est dans ce contexte que Nicolas Hulot doit annoncer ce mercredi un « plan d’action interministériel », baptisé « plan biodiversité », visant « à inverser la tendance et à accélérer la mise en œuvre de la stratégie nationale pour la biodiversité qui court jusqu’en 2020 », expliquait-il en Conseil des ministres fin mai. Or, « si ce plan ne dit rien des moyens, c’est l’enterrement total de sa mise en œuvre », affirme Francis Combrouze. Le Conseil national de la biodiversité, qui a dû se prononcer le 21 juin dernier sur une ébauche du plan, l’a d’ailleurs noté en soulignant « l’absence, à ce stade, d’information sur les moyens tels les moyens budgétaires, fiscaux, législatifs et réglementaires à mobiliser pour la mise en œuvre du plan ».

Des agents de l’ONCFS sur l’Aude, en 2012.

« Il y a un côté ubuesque, enchérit Naizil Nizaraly : On ne peut pas d’une part affirmer une vraie politique de développement, de préservation de la biodiversité et des milieux, et d’autre part réduire à ce point-là les moyens. »

Le « plan interministériel » ne serait-il que la face émergée de l’iceberg, destinée à cacher les coupes budgétaires et réductions d’effectifs dans les services de l’eau et de la biodiversité ? Une première partie de la réponse sera dévoilée ce mercredi par Nicolas Hulot (dont le cabinet n’a pas répondu à nos questions).



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arbre et citoyen

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18 juillet 2018

LE CHANGEMENT CLIMATIQUE VA BOULEVERSER LES PAYSAGES MEDITERRANEENS, ARTICLE DE REPORTERRE!

 

10 juillet 2018 Entretien avec Pierre Lieutaghi 

      

Les paysages des régions méditerranéennes vont considérablement changer dans l’avenir sous l’effet des changements climatiques. Peut-on imaginer à quoi ils ressembleront ? Sommes-nous en mesure de limiter ces transformations ? Peut-on appeler la « nature » à la rescousse ? L’ethnobotaniste Pierre Lieutaghi partage ses enseignements et réflexions.

Pierre Lieutaghi est écrivain et ethnobotaniste. Il vit en haute Provence depuis 1965. Attaché au Muséum national d’histoire naturelle (Paris), il a publié de nombreux livres et articles décrivant les relations entre plantes et sociétés. Concepteur des jardins ethnobotaniques de Salagon, à Mane (Alpes-de-Haute-Provence), il codirige un séminaire d’ethnobotanique du domaine européen.

Pierre Lieutaghi.

Reporterre — Vous avez réédité votre ouvrage « Une ethnobotanique méditerranéenne ». Dans la préface, vous expliquez que les modifications des conditions climatiques vous y ont poussé. Pourquoi ?

Pierre Lieutaghi — En dix ans, les contingences environnementales ont tellement changé qu’il fallait aussi revoir ce qui avait été écrit, et traiter de nouvelles questions. Les milieux méditerranéens n’ont pas encore changé de façon visible, mais les hypothèses sur leur devenir sont à réviser au regard de ce qu’on sait du changement climatique. Par exemple, les prévisions de l’Inra [l’Institut national de la recherche agronomique], revues récemment, montrent qu’à l’horizon 2100, les conditions propres à la croissance du chêne vert auront disparu en basse région méditerranéenne. Or, c’est l’arbre emblématique du climat méditerranéen, en tout cas celui de la France. De gros bouleversements sont annoncés. Ce qu’on sait : la physionomie de la végétation méditerranéenne va changer complètement alors qu’elle est restée plus ou moins stable pendant 5.000 ans, avec un regain extraordinaire de la couverture forestière au XXe siècle à la suite des changements socio-économiques.



Vous écrivez qu’il y a toujours eu changement climatique mais la question de sa rapidité est essentielle…

Il est très difficile d’extrapoler à partir d’un seul moment du temps. Depuis la fin de la dernière glaciation, il y a eu des oscillations climatiques, avec des périodes plus froides, d’autres plus chaudes. Il se pourrait qu’on soit dans une de ces oscillations. Beaucoup de facteurs interviennent, dans les régions méditerranéennes en particulier, mais le régime « classique » — pluies d’automne et de printemps, sécheresse d’été — pourrait évoluer vers un système à deux saisons, une sèche et une humide, sans étapes intermédiaires bien définies. De début mai à fin novembre 2017, il est tombé 4 cm d’eau dans les Alpes-de-Haute-Provence. La pluviométrie des 11 premiers mois de 2017 (250 mm) était celle du Mali ! Il y a aussi eu de grosses sécheresses avec beaucoup de morts d’arbres à la fin des années 2000. Mais on ne peut pas extrapoler à partir de dix ans de données. En tout cas, les forestiers méridionaux n’ont jamais enregistré autant de dépérissements d’arbres, depuis qu’ils les consignent, que dans les années 2000 et particulièrement en 2017.

Les essences ne sont pas toutes concernées de la même manière. Le dépérissement du couvert ligneux dépend aussi des conditions de sol — superficiel ou plus ou moins profond —, de la situation topographique — plaines, pentes —, de l’exposition. En 2017, j’ai vu des zones de chênaie blanche totalement sèches. Mais les arbres feuillus peuvent redémarrer de souche, on ne peut pas dire que le pays soit en train de mourir… Cependant, en mai 2018, on se rend compte que l’été dernier a détruit une bonne partie des populations de thym. Les récolteurs professionnels ont des problèmes. Que se passera-t-il l’an prochain si la sécheresse recommence ? Les changements dans le peuplement végétal peuvent donc se manifester avec violence.



Cette grande variabilité climatique cause-t-elle des problèmes d’adaptation aux plantes ?

Elle peut provoquer des disparitions soudaines. Le pin d’Alep avait envahi tout le bassin méditerranéen en 130 ans, notamment du fait de l’abandon des espaces agricoles collinaires et pastoraux depuis la fin du XIXe et des incendies. Si le Sud évolue vers des conditions semi-désertiques, cet arbre ne trouvera plus des conditions favorables. On peut donc imaginer sa progression vers le nord. Mais il ne supporte pas le froid au-dessous de - 15 °C, qui peut sévir en-dehors de son aire actuelle. La disparition des conditions favorables à la croissance d’une espèce méridionale ne suppose pas ipso facto qu’on les trouvera toutes réunies plus au nord. Des espèces végétales et animales seront prises au piège.

D’autres plantes vont migrer plus facilement, comme le genévrier cade. Beaucoup de zones ouvertes sont favorables à cet arbuste qui lève en pleine lumière, à la différence de beaucoup d’essences forestières. Mais les animaux qui en propagent les fruits seront-ils toujours présents ? Les populations de grives sont en chute vertigineuse.

Redémarrage du chêne pubescent au printemps 2018 après la sécheresse et le dépérissement de 2017, en haute Provence.



Comment voyez-vous le paysage méditerranéen à l’horizon 2050, 2080 ?

Dans les zones aujourd’hui les plus sèches, rocailleuses et sans réserve d’eau, il est possible qu’on évolue vers un paysage de pelouses maigres / garrigues basses, quelques ligneux plus élevés subsistant seulement sur les sols les plus profonds : ce serait un paysage analogue à celui du sud de l’Andalousie aujourd’hui.



L’aridité croissante est-elle une tendance lourde ?

Les grandes sécheresses de la fin des années 2000 ont fait dépérir beaucoup d’arbres. À la fin du XXe siècle, on pariait encore sur le chêne blanc comme future essence dominante en France méditerranéenne. On observait alors son extension dans l’aire du chêne vert. Trente ans plus tard, la hausse des températures et les sécheresses amènent à réviser ces prévisions trop optimistes. Le pin sylvestre, qui se substitue au chêne blanc sur les ubacs [L’ubac est le versant d’une vallée de montagne qui bénéficie de la plus courte exposition au soleil] de l’arrière-pays méditerranéen, connaît lui aussi un dépérissement très important. Il pourrait disparaître à court terme. Quant au chêne vert, il pourrait gagner vers la Bretagne et la Basse-Normandie. Dans le même temps, le besoin d’hygrométrie élevée du hêtre le fait disparaître de ses localités de plaine et se réfugier dans les hauteurs.



Puisque l’on parle des capacités de la forêt méditerranéenne, que pensez-vous du projet de centrale à biomasse de Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône ?

La centrale à biomasse de Gardanne est un mensonge à validation « verte ». On prétend que brûler du bois relève de l’emploi raisonnable des énergies renouvelables. Mais la forêt n’est d’abord renouvelable que pour elle-même, dans des contingences particulières, sur des délais de l’ordre du siècle. On dit aussi que brûler du bois polluerait moins que le charbon. Si la consumation du bois n’émet pas d’oxyde de soufre, elle disperse davantage de particules fines pour la même quantité de CO2. L’argument que la forêt serait un puits de carbone renouvelable éternellement est faux. Même en laissant vieillir les taillis pendant 40 à 50 ans — ce qui est peu probable avec des besoins comme ceux de Gardanne —, on ne compensera jamais les émissions de CO2 de sa consumation. La consommation de la centrale de Gardanne à plein régime, c’est 900.000 tonnes de bois/an. Il pourrait alors provenir de toute la région entre Gap et l’Aigoual. Pour le moment, le bois est importé du Nouveau Monde [Amérique], c’est une aberration.

Le problème majeur, c’est l’alibi vert. Hulot l’a entériné quand il est passé à Salagon [Pendant la campagne des législatives, Nicolas Hulot est venu soutenir la candidature de Christophe Castanerdans les Alpes-de-Haute-Provence.] : « Dans biomasse, il y a bio, donc, en soi, quelque chose de bien. » Biomasse, biodiversité… C’est une vitrine, il faut voir ce qu’il y a derrière : 900.000 tonnes de bois, exprimé en chêne sec bien rangé en tas, c’est 1 km² sur 1,8 m de haut. La forêt est d’autant moins capable de répondre à ce genre de demande que sa production va baisser avec l’évolution climatique. En 2017, les arbres ne se sont pas accrus en circonférence à cause de la sécheresse.

Le dépérissement du pin sylvestre, en haute Provence, en 2016.



Que nous enseigne l’ethnobotanique sur la façon dont l’homme peut vivre les conséquences du changement climatique ?

L’ethnobotanique est une bonne façon de comprendre les relations que les sociétés établissent en elles-mêmes et avec le monde. Elle s’intéresse à tous les faits sociaux associés aux plantes, plantes comme entités singulières ou milieux végétaux. Les sociétés préhistoriques, et celles qu’on disait « primitives », celles qui ont survécu de façon à peu près identique parfois jusqu’au XXesiècle, comptaient peu de membres, l’environnement leur fournissait l’essentiel des moyens de subsistance. À partir du Néolithique, ou de l’arrivée des blancs, les possibilités d’équilibre avec le milieu ont été mises à mal. L’Antiquité pensait que le monde était infini, ce qui permettait des prélèvements infinis. Les Romains en ont profité pour dévaster le bassin méditerranéen. Aujourd’hui, même si l’on sait qu’on vit dans un monde fini, on se comporte toujours comme les Romains. En même temps, on sait qu’on ne peut plus vivre des seules ressources fournies par l’environnement naturel. C’est une Terre transformée qu’il faut rénover, sans s’illusionner sur un « retour » quelconque à des équilibres perdus.

L’ethnobotanique ne propose aucune suggestion quant à l’avenir des sociétés. Elle arrive sans doute bien tard pour questionner des pratiques qui ont déjà limité les possibilités d’évolution du monde. Du moins peut-elle s’interroger sur le concept moderne de nature. Dans nos sociétés urbaines industrielles, la nature excuse et masque beaucoup de dégâts. Quand on achète un sac en plastique « compostable », donc plutôt bienfaisant pour la nature, on oublie le maïs ultrapolluant qui a fourni la matière première.



Mais érigée en valeur, la nature ne peut-elle pas être un aiguillon pour sa protection, comme à Notre-Dame-des-Landes, où l’on entend : « Nous sommes la nature qui se défend ? »

Oui, sans doute, mais je m’interroge sur la validité de ce mot, « nature ». C’est qui, c’est quoi, la « nature » ? Une sorte de Gaïa toute puissante qui, un jour, nous punira pour nos errements (ce qui, d’une façon allégorique, est en train de se vérifier…) ? Existe-t-il une « vérité de la nature » ? Pourquoi le discours actuel sur la nature suppose-t-il, en tout cas chez beaucoup de ceux que la question concerne, qu’elle détient une vérité essentielle, menacée par l’entreprise humaine de dévoiement ? Cette position est extrêmement dangereuse. Je me qualifie toujours de « naturaliste », mais je ne veux plus employer de façon hasardeuse le mot « nature », trop chargé, trop encombré d’investissements contradictoires. Le « vrai » n’est pas dans la nature, c’est nous qui le construisons et le révisons sans cesse, au regard des avancées de l’éthique, de la relation aux autres, des efforts pour éclairer notre propre histoire… La nature, pour ce qui me concerne, n’est pas une interlocutrice valable par elle-même. Je préfère parler de multiplicité vivante, d’un système de transformations-stabilisations-transformations, etc. où nous avons désormais un rôle déterminant à jouer, d’urgence. Mais l’éthique, la morale ne sont pas du ressort de la nature, cela nous appartient, à nous seuls. C’est parce que nous n’avons pas travaillé à construire de la vérité humaine au regard de la nature que nous lui demandons maintenant d’intervenir à notre place.



Ne peut-on pas ressentir une urgence, une inquiétude en voyant le climat muter, les paysages disparaître ? L’homme ne peut-il pas agir ou, du moins, ne plus agir ?

La conscience de l’urgence est largement partagée mais non moins largement évacuée. Évidemment nous pouvons agir, déjà pour ne pas détruire davantage. Cela dit, je ne peux que voir s’additionner les raisons d’inquiétude. Dans le village où j’habite, on ne voit plus que des pigeons, des moineaux, des choucas et des étourneaux ! Les martinets — des citadins en grande extension — n’équilibrent pas la chute des populations d’hirondelles. Les oiseaux des lieux habités — mésanges, fauvette des jardins, rouges-queues, etc. — se font rares. Il y a 20 ans, les bandes de fringilles (chardonnerets, linottes, verdiers, etc.), qui fréquentaient l’espace agricole en hiver, pouvaient rassembler plus d’une centaine d’oiseaux. Désormais, c’est rarement plus d’une dizaine. La chute des populations d’oiseaux va de pair avec celle des insectes. Les champs de la grande culture industrielle sont aujourd’hui traités en « préparation au semis direct », avec emploi massif d’herbicides. Non sans qu’on invoque l’argument vert : « Vous voyez, nous, on ne laboure pas, on n’agresse pas le sol ! » Le mensonge est partout, c’est la pollution majeure de notre temps. On ne s’en rend même plus compte, parce qu’on n’a pas mis en place les repères critiques nécessaires. Le mensonge va plus vite que notre aptitude à le repérer.

La « maladie de l’orme » (Luberon, 2016). Cyclique depuis le Néolithique, ce dépérissement (maladie cryptogamique propagée par un insecte) a quasiment détruit l’ensemble des ormes européens. Les arbres méridionaux repartent de souche. Dans le bois à l’arrière-plan, mort du pin sylvestre.



Et les agriculteurs eux-mêmes sont souvent contraints à ces pratiques…

Par ici, des agriculteurs possèdent dix tracteurs — parfois à plus de 100.000 euros pièce —, chacun avec un outil pour une seule opération agraire. Ils n’ont pas le temps de dételer. Ils peuvent travailler seuls des dizaines d’hectares. Incités par les banques à emprunter, ils bossent comme des malades. La fuite en avant est désespérée, car il n’y a plus personne à la campagne. La Provence est un pays de carte postale. Sur les plateaux d’Albion et de Valensole, on vient voir les lavandes depuis le Japon mais on n’y rencontre presque plus d’humains. C’est un autre paradoxe de l’idée moderne de nature. Quand on vient admirer les lavandes, on croit voir la nature dans sa splendeur. Que les paysages de lavandes d’aujourd’hui datent des années 1950 n’empêche pas les départements de la Drôme et des Alpes-de-Haute-Provence de construire leur développement touristique sur l’idée que ce paysage, désormais intégré à l’idée de nature, est ancestral, patrimonial. La nature a bon dos.



Vous parlez dans votre livre de la souplesse adaptative des plantes au changement climatique. L’homme en est-il capable ?

On sait que l’homme s’est installé partout, sous tous les climats, parfois dans des conditions extrêmes. Il présente une adaptabilité bien plus large que celle des autres êtres vivants les plus adaptables. Mais, désormais, il est aussi représentatif de ce qu’il fait subir à l’environnement : on est tous porteurs de microparticules de plastique et de diesel, de traces de pesticides, etc. La tension entre l’adaptabilité et ses conséquences sur l’environnement arrive au point de rupture.

C’est connu de tous : l’identité se construit dans le rapport à un espace, espace réel, paysage urbain ou rural, habitat, relations avec les autres qui le partagent, au moins autant qu’espace historique de « valeurs », etc. La rupture survient quand cette construction est impossible. La crise environnementale est peut-être d’abord celle-là : les gens ne sont plus que de nulle part, ne disposent plus de repères sûrs pour fabriquer une intelligence de la présence dans le monde. On a même supprimé le cachet qui disait d’où venait une lettre ! La nature contribue à la construction de la personne, mais un habitant du Larzac n’est pas pour autant meilleur qu’un Parisien. Ce qui revient à la nature, c’est de proposer des repères premiers. Pas des repères moraux ni idéologiques. Il s’agit de l’espace sensible, celui du regard, de la perception des signes, qui font la fois les limites de la personne sur la Terre et dans la société, et son aptitude à concevoir l’illimité. Les discours de l’extrême droite font souvent allusion aux « racines », là où serait la prétendue vérité des origines. Ce qui concerne les gens soucieux du monde, c’est le vent, celui qui emporte les feuilles mortes et dissémine les graines.

Pour ce qui me concerne, l’idée-force de l’humanité au XXIe siècle est celle de partage. Si on ne partage pas, on est fichus. C’est l’arme majeure contre les puissances d’accaparement. Mon espoir, c’est que les faucheurs volontaires d’arrogance, de bêtise et d’injustice se fassent de plus en plus actifs.

  • Propos recueillis par Charles Dannaud

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12 juillet 2018

TRIBUNE DU GROUPE BLANC-MESNIL AU COEUR -PAR DIDIER MIGNOT

cocarde

Tribune du groupe « Blanc-Mesnil au cœur » - Didier MIGNOT

 

 

Le mandat de l'ancien ministre de l’immigration de M. Sarkozy, Eric Besson, comme président du club de foot de notre ville aura été de courte durée.

 

Quelques mois après sa surprenante arrivée annoncée avec tambour et trompette par le maire avide de coups d'éclat médiatiques, l'homme d'affaire s'en repart non sans avoir dénoncé la mainmise du maire et de son adjointe aux sports sur le club, suspicion de détournement de sponsoring pour un autre club local à l'appui.

 

Bref, on nage en eaux troubles dans le monde du business sportif de M. Meignen.

 

Ainsi en quelques années, le sport Blanc-Mesnilois se trouve confronté à des dérives bien éloignées des tatamis, des parquets et des terrains gazonnés. Voilà ce qui arrive quand on accorde plus d'importance à son rayonnement personnel qu’à l’épanouissement de chacun-e par le sport et les valeurs humaines qu’il porte.

 

Si sports d’élite et de masse sont éminemment complémentaires, ils doivent servir à procurer du bonheur pour les pratiquants et leurs publics, à l’éducation, à la santé, au respect de « l’autre » et au partage d’émotions. Telle est notre conception de la pratique sportive.

 

Les bénévoles, peu attirés par la lumière médiatique et à qui le sport doit tant dans notre ville, l’ont bien compris et n’ont pas attendu le « bling-bling » municipal pour agir au quotidien. C’est à elles et eux que nous dédions cet article.

 

J’écris ces lignes la veille de France – Uruguay… Allez les bleus !

 

Et bonnes vacances et bon repos à toutes et tous !

PS: Les élus de l'opposition doivent rmttre leur tribune une semaine avant la parution du journal municipal. Ce texte a été déposé jeudi 5 juillet 2018 à 11h30.

Folio du Blanc-Mesnil soutien des élus de gauche du Conseil Municipal, affirme avec eux ALLEZ LES BLEUS, DONNEZ NOUS DE LA JOIE ET DU BONHEUR DIMANCHE A PARTIR DE 17 HEURES!

 

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02 juillet 2018

MACRON, LE MEDEF ET LE CAC 40 VEULENT METTRE ABAT LE SYSTEME ACTUEL DE RETRAITES PAR REPARTITION ET ES PENSIONS DE REVERSION

 

csg et réversion

Retraites : Macron a rendez-vous avec Ubu

  • JEAN-MARIE HARRIBEY

     

  • 25/06/2018 

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    Le journal Le Monde  des 24-25 juin 2018 a publié un petit article critique sur le projet de réforme des retraites, qui nous avait été demandé pour figurer dans un dossier. L'article ne devait pas dépasser 5500 signes. Il a été publié entouré de trois articles favorables au projet de réforme. Trois contre un, c'est normal, n'est-ce pas ? En termes de place, l'article critique occupe 1/5 de l'espace imparti au dossier, les trois favorables occupent les 4/5 restants. C'est l'équité : il fallait bien 4 fois plus d'espace pour compenser les arguments critiques. De plus, Le Monde a enlevé deux références et a changé notre titre. [1] Voici l'article dans son intégralité. Cela ne rattrapera pas le retard sur les 4/5 adverses, mais ça permet de faire passer la mauvaise humeur.

     

    Le gouvernement s’apprête à réformer les retraites. Les réformes précédentes n’ont-elles pas atteint leur objectif ? Le cumul des mesures (allongement continu de la durée de cotisation, report à 62 ans de l’âge de départ, calcul des pensions sur la base des 25 meilleures années de salaire, indexation sur les prix et non plus sur les salaires…) a limité le déficit global des caisses de retraites au prix d’une baisse inexorable à l’avenir du niveau des pensions.

    Le Haut-Commissaire chargé par le gouvernement de préparer la réforme, Jean-Paul Delevoye, vient d’adresser aux syndicats un document de travail qui montre qu'en croisant les deux critères que sont le niveau relatif des pensions par rapport aux salaires des actifs et la part de solidarité du système, la France est à la meilleure place de tous les pays de l’OCDE. Pourquoi alors cette réforme ?

    La réponse est contenue dans les rapports de 2017 du Conseil d’orientation des retraites (COR). Le système de retraite représente 14 % du PIB annuel. Ce qui est jugé trop fort. Il faut diminuer cette part au nom de la baisse des dépenses publiques et sociales. Comme les réformes paramétriques précédentes ne sont pas parvenues à réduire cette part, le stratagème consiste à ouvrir une réforme « structurelle ». C’est là que le cynisme confine avec l’absurdité. Puisque les pensions sont désindexées de l’évolution des salaires, plus la croissance économique est forte (et donc, normalement, plus les salaires augmentent), plus les pensions seront déconnectées et représenteront une part plus faible dans le PIB. Ainsi, d’après le COR, si la croissance économique est en moyenne de 1,8 % par an pendant le prochain demi-siècle, la part des pensions baissera de 14 % à 11,7 %. Mais si la croissance n’est que de 1 % en moyenne, la part des pensions montera jusqu’à 14,5 %. Or les prévisions de croissance sont très modérées. Donc, il s’agit de mettre à bas le système actuel de retraite.

    Comment ? En le remplaçant soit par un système par points, soit par un système dit par comptes notionnels. Leur élément commun est d’en finir avec la durée de cotisation et son montant connu à l’avance, l’âge de la retraite et un taux de remplacement (pension par rapport au salaire) garanti. Rappelons que, jusqu’à la réforme de 1993, les cotisations étaient définies à l’avance, avec au final un taux de remplacement d’environ 75 % pour les carrières complètes, régimes spéciaux inclus. Le président Macron a promis qu’un euro de cotisation donnerait le même droit à tous, et qu’ainsi il n’y aurait plus d’inégalités ni de déficits. C’est doublement faux.

    Un système par comptes notionnels, comme en Suède, fera intervenir l’espérance de vie dans le calcul de la pension : plus vous partirez tôt en retraite, plus celle-ci sera faible. Or, les personnes qui ont des faibles salaires, les travaux les plus pénibles ou les emplois les plus précaires seront incitées à travailler le plus longtemps possible, au risque de mourir prématurément. En rattachant strictement la pension avec la cotisation, on renforce la contributivité et on restreint, voire on élimine, la part de solidarité. Les femmes en étant les principales bénéficiaires, on entrevoit le risque de double peine pour elles qui sont déjà moins payées et subissent les temps partiels. Les retours de l’expérience suédoise sont d’ailleurs éloquents : le système se révèle inégalitaire, pénalise les femmes et les travailleurs aux carrières heurtées[2] et comme le note l’ex-premier ministre, « il donne des pensions trop basses »…

    La seconde erreur – ou mensonge – est de laisser croire qu’un système par points ou par comptes notionnels échappe aux contraintes démographiques et économiques. Mais c’est absolument faux : aucun miracle n’est à attendre d’un système face à un vieillissement de la population ou à une récession économique. Car tout système de retraite (même par capitalisation !) ne peut que répartir la richesse produite par la population active. Il s’ensuit que toute société a le devoir de veiller à chaque instant à la meilleure répartition des revenus entre les divers besoins sociaux.

    On comprend la volonté cachée du gouvernement : baisser la part des pensions, éviter un débat sur la répartition du fruit du travail, retirer du système de retraites les dispositifs de solidarité et faire la place à la capitalisation. Déjà ressortent les propositions pour des fonds de pension ou l’épargne-retraite.

    Le débat qui s’annonce sera rude, tellement le président veut faire de la France une « nation start-up »[3]. Pourtant, à l’opposé de son projet de retraites, des possibilités d’amélioration progressiste existent. Trois pistes pourraient être ouvertes. Primo, unifier par le haut les différents régimes en fixant un taux de remplacement minimum, allant en décroissant depuis le Smic jusqu’à x fois le plafond de la Sécurité sociale. Deuxio, augmenter progressivement le taux de cotisation vieillesse pour suivre l’évolution démographique ; et mieux, élargir l’assiette des cotisations pour y inclure la fraction des profits qui n’est pas investie mais distribuée. Tertio, pour avoir un bon système de retraite et, au-delà, une bonne protection sociale, l’emploi doit redevenir une priorité absolue, et cela d’autant plus qu’on ne peut plus miser sur la croissance économique compte tenu de l’impératif écologique. On touche là l’imbrication des problèmes : une politique répondant aux besoins sociaux d’avenir est incompatible avec une politique en faveur de la finance.

     

    [1] Initialement cet article devait être signé de Christiane Marty, membre du Conseil scientifique d'Attac et de la Fondation Copernic, et de moi-même. Le Monde l'a publié avec mon seul nom sous le titre « Le gouvernement fait fausse route ».

    [2] Le Monde, 18 mai 2018, Anne-Françoise Hivert.

    [3] Voir Attac et Fondation Copernic, L’imposture Macron, Un business model au service des puissants, Les Liens qui libèrent, 2018.

 

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30 juin 2018

POUR COMBATTRE LE LOGEMENT SOCIAL, MEIGNEN ET SA MAJORITE MUNICIPALE DE DROITE EXTRÊME FONT ALLEGEANCE A MACRON!

Lors du Conseil Municipal, les élus de gauche ont présenté le voeu ci dessous. Ce voeu est un outil pour combattre la politique du gouvernement Macron, qui se révèle dans la loi ELAN. Cette loi organise la privatisation des organismes HLM, pour cela elle réduit les moyens des Offices d'HLM, qui n'auront plus les possibilités de construire des logements sociaux, ni les moyens d'entretenir le patrimoine. 

Le conseil d'administration d'Habitat 93 a cédé aux menaces du gouvernement Macron et a ouvert la possibilité de mettre en vente une partie de son patrimoine.

Ce choix est inacceptable et ouvre la voie d'une exclusion de leur logement d'une grande partie de leurs occupants actuels.

Cette solution sera facilité par le fait que le gouvernement Macron veut mettre fin aux modalités du bail actuel dans le secteur HLM, en imposant une révision du bail comme dans le secteur privé, tous les 6 ans voire tous les 3 ans.

Une nouvelle fois, les familles précarisées et les retraités seront les premières victimes de ces régressions sociales. Ces régressions sont dans la logique de la réduction de l'APL!

Lors du conseil municipal, du 28 juin 2018, nous avons constaté, sans surprise, que Meignen et sa majorité de droite extrême ont fait allégeance au gouvernement Macron, en refusant de soutenir le voeu que les élus de gauche avaient soumis au vote. Ainsi, par ce vote Meignen et sa majorité de droite extrême marquent leur volonté de se débarrasser des quartiers populaires.

voeu H 93

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29 juin 2018

L'ARTICLE L.1611-4 DU CGCT N'EST PAS UNE OPTION. LA MUNICIPALITE DE DROITE EXTRÊME DOIT L'APPLIQUER ET LE RESPECTER!

 

cocarde

Vous trouverez, ci dessous, l'intervention que j'ai faite, pour les élus de gauche,lors du conseil municipal du 28 juin, à propos de l'attribution d'une subvention exceptionnelle de 50 000€ au club ESBM JUDO.

« Nous avons, déjà demandé, conformément à l'article L 1611-4 du Code Général des Collectivité Territoriale (CGCT), la transmission au conseil municipal des documents, les budgets certifiés et les comptes de l'exercice écoulé, ainsi que tous les documents faisant connaître les résultats de leur activité.

Vous, nous avez renvoyé vers l'ESBM-JUDO, nous l'avons fait le 27 avril 2018.

Sans surprise nous n'avons pas eu de réponse.

Cette année l'ESBM-JUDO recevra 58 000€ + 50 000€ =108 000€

Nous vous rappelons, que la demande du respect de l'article L 1661-4 du CGCT est aussi une demande de la Chambre Régionale des Comptes d'Île de France, inscrite à la page 85 de son rapport d'octobre 2018.

Je vous vais lire l'article L 1611-4 du CGCT afin que cela soit acté dans le Compte-rendu du Conseil Municipal du 28 juin 2018.

L.1611-4 du CGCT ;

Toute association, œuvre ou entreprise ayant reçu une subvention peut-être soumise au contrôle des délégués de la collectivité qui l'a attribuée.

Tous groupements, associations, œuvres ou entreprises privées qui ont reçu dans l'année en cours une ou plusieurs subventions sont tenues de fournir à l'autorité qui a mandaté la subvention une copie certifiée de leur budget et leur compte de l'exercice écoulé, ainsi que tous les documents faisant connaître les résultats de leurs activités.

Il est interdit à tout groupement ou à toute association, œuvre ou entreprise ayant reçu une subvention d'en employer tout ou partie en subvention à d'autres associations, œuvres ou entreprise privées, sauf, lorsque cela est expressément prévu dans la convention conclue entre la collectivité et l'organisme subventionné.

Rappel du Code Pénal article 432-16 ;

Sanctionne les agents ou les élus qui pas défaut de contrôle rend possible une utilisation non conforme à la loi des subventions attribuées.

Comme vous le voyez l'application de l'article L 1611-4 du CGCT n'est pas une option. La municipalité du Blanc-Mesnil doit le mettre en œuvre, afin, que le conseil municipal puisse contrôlé l'utilisation des subventions qu'il distribue.

Jusqu'à maintenant, nous vous avons alerté faute d'application de l'Article 1611-4 du CGCT. Dorénavant, nous demanderons à la justice administrative de dire le droit.

Comme cette subvention exceptionnelle n'est pas accordée conformément à l'article 1611-4 du CGCT, nous nous abstiendrons. »

Comme, vous le constatez cette intervention est un simple rappel à loi, elle s'inscrit dans la continuité de la demande de la Chambre Régionale des Comptes d'Île de France. Elle a curieusement suscité que des réponses enveloppant de ténèbres la volonté affichée et assumée de ne pas respecter la législation et le CGCT, de la part de la municipalité de droite extrême. Dans le même temps, il été dit que le service municipal était en possession de ces documents, dans ce cadre pourquoi, un tel acharnement à vouloir empêcher l'ensemble du conseil municipal à exercer son légitime droit de contrôle sur la bonne utilisation des subventions qu'il attribue.

Sans que nous soyons suspicieux, à priori, une telle crispation du maire de droite extrême et de sa sœur, sur cette demande légale et donc légitime, ne peut que conduire à l'inquiètude.

POURQUOI UN TEL ACHARNEMENT A LA LIMITE DE L'HYSTERIE DE VOULOIR EMPÊCHER UNE TOTALE TRANSPARENCE SUR CE DOSSIER .

La réponse se trouve peut-être, dans ce que nous avons appris, cette année, la sortie annuelle de l'ensemble des enfants judokas de l'ESBM-Judo aurait été annulée faute de moyens financiers alors que le club n'a jamais obtenu autant de subvention de la ville.

Par ailleurs, qu'un adjoint-au maire soit un membre dirigeant de ce club ce qui est parfaitement légal, n'est pas sain et ne peut qu'interroger sur l'autonomie et la liberté réelle de cette association vis à vis de la municipalité de droite extrême.

La transparence est la garantie du respect de la loi de 1901 et surtout de la pérennité de cette association, dont ne voulons pas qu'elle connaisse pas le même sort que le club de judo de Levallois.

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28 juin 2018

LA MAJORITE MUNCIIPALE DE DROITE EXTREME CONTINUE DE SE FISSURER SOUS LES COUPS DE MEIGNEN!

 

cocarde

Communiqué du groupe « Blanc-Mesnil au cœur »

du conseil municipal du Blanc-Mesnil

 

Suite à sa démission, un adjoint au maire va être démis de sa délégation lors du conseil municipal de ce 28 juin. Après les retraits de délégation de M. AMRANE et JULIE, c’est M. DRINE qui fait les frais de l’autocratie de M. MEIGNEN. 3 adjoints en 4 ans ! Considérant qu’il s’agit de problèmes internes à cette majorité bancale et déchirée et dont nous n’avons pas tous les tenants et aboutissants, notre groupe ne participera pas aux différents votes liés à cette destitution.

Néanmoins, les causes visibles de cette crise politique dans la majorité municipale ne peuvent être ignorées. C’est la non condamnation par le maire des propos racistes du conseiller départemental, Vijay MONANY, par ailleurs directeur de cabinet du maire qui sont à l’origine de la sanction. Condamnation que nous n’avons eu de cesse de demander à M. MEIGNEN qui l’a obstinément refusée.

Une goutte d’eau qui a fait déborder le vase déjà trop plein, et depuis longtemps, des discriminations de tous ordres et des sympathies avec des thèses idéologiques dangereuses de la part du maire et de son équipe municipale.

Par-delà les turbulences de cette situation, ces faits confirment l’analyse que nous faisons des pratiques de M. MEIGNEN tant sur la forme que sur le fond de sa politique et de ses actes de gestion depuis 2014 : Antisociaux, antidémocratiques, ne supportant pas la contradiction, méprisant à l’égard de tout ce qui n’est pas son « fan club ».

Du bétonnage de la ville à la destruction des politiques sociales, de l’absence de démocratie locale à l’abandon des quartiers populaires, de la privatisation des services municipaux à la casse des solidarités, de l’ultra communication flatteuse en totale contradiction avec la réalité du terrain à l’affaiblissement du tissu associatif, M. MEIGNEN abîme notre ville, son histoire et surtout son avenir.

Il est grand temps que la démocratie, la citoyenneté et l’intérêt général reprennent pied au Blanc-Mesnil. Nous appelons celles et ceux qui souhaitent un autre avenir pour notre commune à se rassembler, dans leurs diversités, pour construire le Blanc-Mesnil solidaire, moderne, démocratique ou chacun et chacune aura sa place.

Nous sommes disponibles pour travailler à rendre le Blanc-Mesnil aux Blanc-Mesnilois-es.

 

Le Blanc-Mesnil le 28 juin 2018

Les élu-e-s du groupe « Blanc-Mesnil au cœur »

 

 

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27 juin 2018

VOUS TROUVEREZ,ICI, EN AVANT PREMIERE LES NOMS DES VOIES QUI SERONT DANS LE PERIMETRE DES 4 NOUVELLES ZONES BLEUES

tatrarin de tarascon

Demain, vous trouverez le n°87 du « soi-disant journal municipal » dans vos boites aux lettres. Un dossier sera consacré au problème du stationnement dans notre ville. Vous pourrez y lire des décisions qui seront soumises aux délibérations du conseil municipal qui se réunira le jeudi 28 juin à 18h45.

Pourquoi, nous soulignons ce fait, uniquement afin que chacun d'entre vous puisse constater le mépris du maire de droite extrême vis à vis des instances délibératives que vous avez élues.

Ce dossier important nécessite,pour être efficace, une large concertation avec l'ensemble de la population.Il est présenté à celle-ci sans débat préalable et en mettant le conseil municipal devant le fait accompli. Devant un tel mépris, un tel cynisme nous ne pouvons que comprendre la crise qui se développe au sein de la majorité municipale de droite extrême qui verra demain l'exclusion où la démission d'un troisième adjoint au maire depuis avril 2014. Bref, l'autoritarisme,du maire droite extrême devient de plus en plus insupportable y compris au sein sa majorité.

Donc, le stationnement est devenu, depuis 4 ans, un problème insupportable pour la très grande majorité des Blanc-Mesnilois. D'autant plus insupportable, que béton mesnil qui ruisselle partout accroît sur notre commune de manière exponentielle le nombre de véhicules et aggrave les conditions de vie de tous.

Avant avril 2014, une zone bleue existait dans le centre ville, elle est tombée en désuétude à cause du laxisme de la majorité municipale de droite extrême. Comme a son habitude, elle va dénoncer, la municipalité de gauche, pour faire croire qu'elle a inventé le fil à couper le beurre.

Demain, elle va par l'intermédiaire « du soi-disant journal municipal » vous présentez la création de 4 nouvelles zones bleues.

Folio du Blanc-Mesnil vous les présente en avant première :

ZONE 1 : secteur gare :

avenue Gambetta entre la rue Pierre Sémard et la rue Gutemberg ; rue Gutemberg;avenue Yves Cariou ; avenue Pierre Assailly;rue Bernard Palissy ; avenue André Kervazo ; rue Pierre Sémard entre l'avenue Gambetta et rue Bernard Palissy, rue Ampère.

ZONE 2 : centre ville :

avenue Henri Barbusse ; avenue de la République entre l'avenue Henri Barbusse et l'avenue Jacques Demolin ; Avenue Jacques Demolin ;avenue d'Aulnay entre avenue de la Paix et l'avenus Jacques Demolin ; avenue de la Paix, avenue de l'Espérance, rue Marcel Deboffe;rue Paul Legarrois ; avenue Pierre et Marie Curie ; avenue Baptiste Hurel entre la Place Henri Duquenne et l'avenue Jacques Demolin ;rue Albert Thomas ; avnue Jean Catelas ; rue de la Concorde, avenue Cartigny ; rue transversale ; avenue Romain Rolland entre la place Henri Duquenne et la rue Jacques Demolin;avenue du gouverneur Félix Eboué ; le parking de la rue de la Paix.

ZONE 3: secteur sud :

Avenue de Bruxelles ; rue Pierre Sémard entre l'avenue de Bruxelles et l'avenue PV Couturier;rue de Londres ; Avenue de Bel Abbés entre l'avenue de Bruxelles et l'avenue Edouard Lucy ; rue de Berne ; avenue de Liège, avenue Edouard Lucy entre l'avenue e Liège et la rue Pierre Sémard ; l'avenue PV Couturier entre la rue Pierre Sémard et l'venue de Liège.

ZONE 4 : secteur nord :

Rue Groulard, Impasse l'Abbé Niort ; avenue de la défense du Bourget;avenue Marcel Legrand;Avenue de Châlons;avenue Maurice Gallais ; rue Roger Vellut;avenue Léon Martin;avenue Montchanin;avenue Michelet;avenue Plisson;rue Pierre Quémeneur rue France Bloch Sérazin;rue Saint Exupéry;avenue Ruhlière ; rue Diderot;avenue Alphonse Devaux, rue du pilote Raveu ; rue Gilbert Dru;avenue de la veuve Malherre, rue Louis Blériot,avnue Camélinat;avenue des Martyrs de la Déportation ; avenue Normandie Niemen, avenue Garros, avenue Védrines.

Ces 4 zones bleues seront expérimentales, pour une période de 3 mois, du 1° octobre 2018 au 31 décembre 2018.

Le temps maximal autorisé à stationner gratuitement dans ces zones est de 01 heure 30, dans la période de 9 h à 21 h du lundi au samedi. (dixit la note soumise au conseil municipal du 28 luin 2018)

Pour les résidents de ces secteurs, le temps de stationnement est ainsi illimité. Pour cela il faudra se procurer une vignette auprès de la Police Municipale. Le nombre de vignette est limité à 2 par parcelle.

Folio du Blanc-Mesnil ne manquera pas de commenter cette expérimentation dans les jours qui viennent.

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MASSACRE À LA BÉTONNEUSE

massacre au béton pavillon

Tract1

Tract2

Tract3

Tract4

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