Blanc-Mesnil au coeur

Communiqué des élu-e-s de « Blanc-Mesnil au coeur »


Pas de chèque en blanc pour les promoteurs immobiliers !


Le conseil municipal du 22 janvier dernier a délibéré sur la préemption par la ville du terrain sur lequel se trouve aujourd’hui le supermarché « les Halles d’Auchan » qui emploie 85 personnes dont près de la moitié sont Blanc-Mesnilois.
Fidèle à ses habitudes, le maire ne s’embarrasse pas des questions de démocratie les plus élémentaires. Ainsi nous avons découvert dans la presse il y a quelques jours, avant tout débat au conseil municipal, que le motif de cette préemption était un très important projet d’aménagement urbain dans lequel figure la construction de 2 000 logements supplémentaires.


Nous sommes préoccupés par cette opération de préemption pour plusieurs raisons.


Tout d’abord l’emploi. A ce jour, aucun engagement sérieux et écrit n’est donné par la municipalité quant au maintien de l’activité commerciale et par conséquent sur le sort réservé aux salariés du site. Lors de la mandature précédente, nous avions beaucoup travaillé à l’embauche dans ce magasin de nombreux Blanc-Mesnilois, notamment d’habitants du grand ensemble des « tilleuls » tout proche. Les salariés ne peuvent se contenter de vagues promesses orales du Maire rapportées par la presse. Grace à la mobilisation des salariés d’Auchan et nos interventions lors de ce conseil, le maire s’est engagé à conserver tous les emplois du site. C’est une première victoire mais qui impose la plus grande vigilance quand on sait ce que valent les engagements du Maire comme sur la cantine gratuite ou le Forum culturel.


Nous exigeons de la municipalité qu’elle reçoive au plus vite les salariés des « Halles d’Auchan » à qui nous exprimons notre plus total soutien et notre entière solidarité. Le mépris du Maire à l’égard de personnes menacées de perdre leurs emplois en dit long sur la volonté politique d’un homme déjà fossoyeur de la Bourse du travail. Ce n’est pas ça être « le Parti des Blanc-Mesnilois » comme le proclamait vos affiches, Mr Meignen !


Après que l’ancienne municipalité ait agi pendant des années pour cela, des quartiers de notre ville font maintenant partie du Nouveau Programme Nationale de Rénovation Urbaine (NPNRU). C’est donc dans ce cadre du NPNRU que la municipalité a l’intention de mener ce grand projet urbain.


Dès lors, et vue la somme importante engagée par la ville pour cette préemption (4 286 400 €), nous nous interrogeons sur plusieurs points. La convention obligatoire (convention ANRU) a-t-elle été signée entre les différents partenaires potentiels de ce projet, au premier rang desquels figure l’Etat ? Les services de l’Etat et les bailleurs sociaux concernés connaissent-ils le projet urbain de manière suffisamment précise en matière de contenu et de coût ? Si oui, mais nous en doutons fortement, à quelle hauteur seront les financements de l’Etat et des bailleurs sociaux pour réaliser ce projet d’envergure ? Quelle est l’ampleur des démolitions programmées ? Le projet garantit-il le relogement sur site des locataires actuels ? Que disent les études de faisabilité si seulement elles existent ?


Il nous semblerait pour le moins hasardeux que notre commune s’engage financièrement à un tel niveau sans avoir quelques garanties officiellement actées dans la convention ANRU. Précisons qu’à ce jour le Plan Local d’Urbanisme (PLU) n’autorise pas la construction de logements sur les parcelles visées par la préemption.


De nombreuses interrogations et incertitudes jalonnent ce dossier essentiel pour l’avenir du Blanc-Mesnil, de ses habitants et du budget communal. Le maire reste très évasif sur son projet, et pour cause, quand on sait les positions anti logement social des Maires de droite. Nous avons donc voté contre et écrit au Préfet pour obtenir des éclaircissements.


Les élu-e-s de « Blanc-Mesnil au coeur », le 22 janvier 2015.