escargot

L’Écho du Triangle du mercredi 6 octobre 2021

Marches des Terres
des samedi 9 et dimanche 10 octobre 2021

 

Au sommaire de ce numéro :

  •     Rejoignez les Marches des Terres les 9 et 10 octobre 2021
  •     Autorisation environnementale de la ligne 17 Nord : le jugement se fait attendre
  •     Revue de presse
  •     Ailleurs ils luttent aussi : la rénovation-extension de la gare du Nord déraille ; la justice décide l’arrêt des travaux de la piscine d’Aubervilliers ; à Vittel contre Nestlé Waters
 

Rejoignez les Marches des Terres
des samedi 9 et dimanche 10 octobre 2021

STOP AU BÉTON
SAUVONS LES TERRES

Selon vos envies, votre forme physique, votre disponibilité, marchez sur tout ou partie d’un des parcours des quatre Marches qui convergent à Paris les 9 et 10 octobre.

Tous et toutes le dimanche 10 octobre à partir de 12 heures Place de l’Hôtel de Ville à Paris pour se rendre à Matignon pour sauver les terres fertiles.

Terre et alimentation sont indissociables. Pour terminer la marche (et faire de belles photos), chacune et chacun apporte des légumes de saison bien visibles. Nous les brandirons très haut durant la Marche du dimanche après-midi et lors des prises de parole prévues à l’arrivée à Matignon.

Pour consulter les itinéraires et les horaires, le site des Marches www.les-marches-des-terres.com  est régulièrement mis à jour. (par exemple, le trajet depuis Gonesse : https://les-marches-des-terres.com/trajets.html/#gonesse)

Nous comptons sur vous !

 

Autorisation environnementale de la ligne 17 Nord, toujours en attente du jugement !

L’autorisation environnementale de la ligne 17 Nord du Grand Paris Express doit faire l’objet d’un « sursis à statuer », selon les conclusions présentées le 9 septembre 2021 par la rapporteure publique auprès de la Cour administrative d’appel de Paris, qui examinait le recours déposé par plusieurs associations citoyennes, dont le Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG) et France Nature Environnement IDF (FNE), opposés à la destruction des terres agricoles au nord de Paris.

Le jugement devait être publié le 30 septembre. Ce ne fut pas les cas. Nous l’attendons toujours. Voir le communiqué de presse ici : https://ouiauxterresdegonesse.fr/wp-content/uploads/2021/09/20210914-CP-.pdf 

C’est dans ce contexte que le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal est venu à Gonesse le 1er octobre visiter le chantier de la gare, cinq mois après la visite du Premier ministre Jean Castex. Refusant de prendre en compte l’abandon d’EuropaCity et du Terminal 4 de l’aéroport de Roissy qui rend impossible la rentabilité de la ligne 17 Nord, Gabriel Attal a rassuré les élus sur le maintien de la construction de la gare du Triangle de Gonesse et de cette ligne. Ce gouvernement parle de zéro artificialisation des sols mais cherche désespérément à justifier l’urbanisation du Triangle de Gonesse. Il reste sourd à la demande des habitant.e.s pour l’amélioration des transports du quotidien, les RER D et B, la prolongation du tramway T5 jusqu’à Villiers-le-Bel, la poursuite du tram-train T11 (ligne est-ouest en zone dense) et les bus de proximité. 

Nous ne sommes pas au bout des procédures juridiques (recours contre le permis de construire de la gare, contre la modification du PLU, contre la création de la ZAC) mais, après l’abandon d’EuropaCity, c’est une décision politique qui devrait être prise en faveur d’une autre politique d’aménagement de ce territoire au service des habitant.e.s. et non de la fierté de quelques élus d’avoir une gare du Grand Paris dans le Val d’Oise : une gare égarée dans les champs, qui conduit au pôle de Roissy en récession, frappé par la crise du transport aérien ! 

 

Revue de presse

Visite du porte-parole du gouvernement G. Attal à Gonesse le 1er octobre

L’article "« Cette gare se fera et la ligne 17 également», promet Gabriel Attal en visite sur le Triangle de Gonesse" de Marie Persidat publié le 1er octobre par Le Parisien retient que le gouvernement minimise l’effet de la décision de la cour administrative d’appel de Paris qui aurait dû être publiée en septembre : "« Même si une suspension était prononcée, ce ne serait que pour des raisons de forme et pas de fond, cela occasionnerait donc juste un peu de retard, a assuré Gabriel Attal après avoir rencontré les élus locaux. Je réaffirme la volonté de l’État d’avancer. »"

Les habitants des zones rurales françaises, qui ont vu fermer ces dernières années leurs lignes de train déficitaires et n’ont (presque) plus que la voiture pour se déplacer, auront sûrement du mal à accepter les déclarations du porte-parole au sujet des transports, puisque Gonesse est déjà desservi par les lignes de RER D (et par le RER B concernant Paris Nord 2 situé en grande partie sur le territoire communal de Gonesse, mais très éloigné de la ville) , par la ligne de bus à haut niveau de service 20 qui relie les deux RER, et par le bus 22 qui permet de circuler sur la plateforme aéroportuaire de Roissy en 30mn. S’y ajoute aussi le transport à la demande Fileo. Au point de vue routier, le Triangle est longé par l’autoroute A1, l’axe le plus fréquenté d’Europe. Cette abondance d’offres de transports n’empêche pas Gabriel Attal de prétendre : « Nous sommes sur un chantier de gare qui va désenclaver un territoire. »

Enfin, alors que G. Attal était en « visite sur le thème de l’écologie », on ne peut qu’être étonné de lire que d’après lui « le nouveau projet porté par le gouvernement, après l’abandon d’EuropaCity, est « raisonnable, nous prévoyons notamment de conserver 400 ha de surface en agriculture raisonnée. (…) ». Non seulement bétonner 110 ha d’excellentes terres agricoles de la plaine de France pour faire des projets bidons serait un vrai gâchis, mais l’agriculture raisonnée n’a rien d’écologique comme l’ont montré de nombreuses analyses.

=> En résumé, G. Attal est venu à Gonesse prononcer des éléments de langage hors-sols, comme le faisait Auchan du temps d’EuropaCity. La triste nouveauté est que le gouvernement se permet de commenter une décision de justice avant qu’elle ne soit rendue, le pouvoir exécutif ne respectant pas la séparation avec le pouvoir judiciaire.

VOnews a aussi publié le 1er octobre deux reportages (vidéo) sur cette visite, « Gonesse : malgré les recours, le gouvernement soutient la création de la gare » et « L’administration de l’État qui s’installera à Gonesse sera connue en fin d’année ».

 

Ailleurs ils luttent aussi

Ceetrus fait dérailler la rénovation-extension de la Gare du Nord

Ceetrus, la filiale immobilière du groupe Auchan qui portait le démesuré projet EuropaCity, vient de subir une autre défaite de taille avec l’abandon de son projet de rénovation-extension de la Gare du Nord que lui avait commandé la SNCF.
Cette implosion est due à "d'énormes dérapages du projet, tant en termes de coûts que de délais, comme l'a révélé mardi le site « Mobilettre » qui évoque un « naufrage industriel du maître d'ouvrage [StatioNord, détenue majoritairement par Ceetrus] »" (Les Echos, 21.09.2021).
Mais la lutte des opposants à une Gare du Nord invivable n’est pas terminée, puisque le gouvernement a “« demandé à la SNCF de préparer un projet beaucoup plus réduit, dans une dimension de l'ordre de 50 millions d'euros, pour faire des aménagements et répondre aux enjeux de 2023 et 2024 » - la Coupe du monde de rugby et les JO -, a relevé mercredi matin le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari. »" (AFP, 22.09.2021).

Les défenseurs des Jardins des Vertus obtiennent en justice l’arrêt des travaux de la piscine d’Aubervilliers

« La cour administrative d’appel de Paris a suspendu, lundi 20 septembre, le permis de construire d’une piscine à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) destinée à servir de bassin d’entraînement pour les [JO 2024] et qui implique la destruction de jardins ouvriers. (…) Il existe des « doutes sérieux sur la légalité » de ce permis, déposé de façon irrégulière par Karine Franclet, la maire UDI d’Aubervilliers, et qui a été délivré sans respecter certaines règles en matière d’urbanisme, notamment la compensation des arbres abattus, précise la décision. » (AFP, 20.09.2021). Comme l’explique l’AFP, « Trois jardiniers et deux associations de défense de l’environnement [MNLE 93 et Environnement 93] sont à l’initiative de cette procédure d’urgence, alors que les parcelles concernées par les travaux ont déjà été détruites. »

Dans l’article bien documenté « JO 2024 : le sort des jardins d’Aubervilliers fera-t-il couler la piscine ? » publié le 21.09.2021 par Mediapart, la journaliste Jade Lindgaard explique que « la suspension temporaire des travaux risque de devenir définitive – en tout cas, pour l’usage olympique du centre nautique.  ». Elle constate que « Les institutions et leurs dirigeant·e·s ignorent la forte demande de démocratie et de justice qui s’exprime dans la lutte pour les jardins d’Aubervilliers. Comme à Bondy (Seine-Saint-Denis), où des familles se battent pour que leurs maisons ne finissent pas sous les gravats du Grand Paris. Comme dans le quartier Pleyel de Saint-Denis, où des parents demandent qu’un échangeur autoroutier ne se construise pas à côté d’un groupe scolaire. Comme sur l’aire des vents du parc de la Courneuve, que des collectifs veulent protéger contre la construction du village des médias des JO. Comme sur le triangle de Gonesse, menacé par une gare du Grand Paris. Ou sur le plateau de Saclay (Essonne), où des terres agricoles sont mangées par l’extension d’un pôle scientifique. Ou il y a dix ans dans le bocage de Notre-Dame-des-Landes. »

Les opposants réclament la « remise à plat du projet » (Reporterre, 22.09.2021). Ils ont ouvert une cagnotte en ligne pour recueillir des dons qui serviront à financer les recours en justice contre le plan local d'urbanisme intercommunal et le permis de construire de la piscine : https://www.papayoux.com/fr/cagnotte/collectif-de-defense-des-jardins-ouvriers-d-aubervilliers

Ballade à la JAD

À Vittel contre Nestlé Waters

Vous avez sans doute déjà eu l’occasion de lire un article sur la lutte d’habitants des Vosges contre la surexploitation des eaux de Vittel par Nestlé ; Reporterre, pour ne citer que lui, en a déjà publié plusieurs. Le Collectif Eau 88 porte cette lutte.

La rédaction de L’Écho du Triangle vous recommande de regarder mardi 19 octobre 2021 la soirée Thema d’Arte qui diffusera le documentaire  « À sec - La grande soif des multinationales »: « À l’heure où les ressources hydriques s’amenuisent en Europe, les multinationales de l’eau en bouteille n’entendent pas renoncer à leurs prérogatives. Enquête en France et en Allemagne où les conflits d’intérêts paralysent les espoirs de réglementation ».

Le documentaire parlera notamment des cas de :
- Volvic : « Dans la région auvergnate de Volvic, l’État a accordé à la multinationale Danone de nouveaux droits de prélèvement, alors même que le niveau des réserves d'eau atteignait un niveau alarmant. Plusieurs sources historiques sont désormais taries, laissant sinistré le secteur autrefois florissant de la pisciculture ;
- Vittel : « À Vittel, dans les Vosges, Nestlé Waters – premier employeur de la région – contrôle le territoire dont il surexploite sciemment l’aquifère. La firme suisse se trouve désormais embourbée dans une affaire de prise illégale d’intérêts doublée d’un scandale de pollution des sols. » 

Plus de détails sur https://www.arte.tv/fr/videos/099777-000-A/a-sec-la-grande-soif-des-multinationales/

 

2021 : 10e anniversaire de la lutte 
pour sauver les terres du Triangle de Gonesse !

En attendant de pouvoir fêter dignement cet anniversaire, le CPTG vous rappelle qu’il a besoin aussi de votre soutien moral et financier par votre adhésion ou ré-adhésion et/ou don.

Alors, merci de penser à ADHÉRER, RÉ-ADHÉRERFAIRE UN DON