didier mignot

A peine plus d’un an après l’élection municipale, nous sommes appelés à élire un nouveau maire alors que pour les Blanc-Mesnilois-es, rien ne pouvait le laisser présager il y a seulement encore quelques semaines.

Certes le coup vient de loin et tout est parfaitement calculé de la part de M Meignen. L’échec de la droite à l’élection départementale dans notre département n’est qu’un élément de la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui.

Rappelons que M. Meignen, à quelques voix près, n’avait pas été élu sénateur lors de l’élection sénatoriale de 2017, ce qui lui aurait valu de démissionner de son mandat de maire à ce moment. Cela en dit long sur son attachement à notre ville et à son mandat de maire qu’il aurait donc dû, obligatoirement de par la loi, délaisser seulement 3 ans après sa première élection comme premier magistrat de notre ville. Ce qui arrive n’est donc pas fortuit et ne relève pas, sur le fond, d’un simple concours de circonstances, à savoir la démission du sénateur Dallier qui est tout sauf une surprise, comme il le dit lui même dans la presse.

Bref, dans cette affaire, les ambitions personnelles l’emportent au-delà de toutes autres considérations, singulièrement sur celles liées à l’intérêt général.

Ajoutons que cette fois-ci, la loi ne vous oblige pas, M Meignen, à devenir sénateur et vous auriez parfaitement pu décliner cette possibilité et laisser la place à un suivant de liste.

Tout cela a donc été anticipé et minutieusement préparé avant les élections municipales de 2020.

Mais comme vous le dîtes vous-même, vous choisissez d’occuper ce mandat « prestigieux ». Vous faites donc de l’engagement politique et des mandats électifs une affaire de prestige. Nous avons pour notre part, une conception totalement inverse et ce, quels que soit les mandats exercés.

Mais nul doute que le prestige personnel va être parfaitement compatible avec la politique et les votes antisociaux et rétrogrades de vos amis de la droite sénatoriale et c’est bien cela le plus grave. Vous qui répétez à l’envi « ne pas faire de politique », ce sont des votes éminemment politiques que vous aurez pourtant à faire au sénat.

Ce qui va se passer aujourd’hui au Blanc-Mesnil est évidemment parfaitement réglementaire et légal. Mais il en est en politique comme pour le reste : il y a l’esprit et la lettre.

Et si nous ne pouvons contester la lettre, il en va tout autrement de l’esprit.

Notre société, nos sociétés, du mondial au local, connaissent des crises qui a bien des égards placent l’humanité et son avenir à la croisée des chemins. Il y a bien sûr la pandémie actuelle qui vient aggraver considérablement une crise économique mondiale chronique. Il y a aussi une crise écologique et l’urgence climatique dont les effets sont partout toujours plus visibles et dramatiques.

Enfin il y a une crise politique, institutionnelle, démocratique à laquelle nous devons prêter la plus grande attention sous peine de voir notre société emprunter les pires dérives en entretenant les amalgames les plus douteux sur fond de racisme, d’islamophobie et d’antisémitisme.

Cette situation politique se traduit notamment par une abstention massive, s’aggravant de scrutin en scrutin, qui doit interpeller l’ensemble des responsables et élus politiques que nous sommes.

Nous l’avons déjà dit il y a un an ici même. Notre conseil municipal ne représente que 36 % des électeurs inscrits. Notre légitimité démocratique est donc très contestable et nous impose d’exercer notre mandat avec beaucoup de lucidité et d’humilité.

Cela nous impose aussi de respecter les engagements pris, de se consacrer pleinement au mandat que nous ont confié les électrices et les électeurs et de ne pas trahir leur confiance.

C’est malheureusement ce que vous ne faites pas en démissionnant du mandat de maire. Ce faisant, vous ajoutez un élément à la défiance des habitants pour la vie publique et citoyenne.

Alors que vous avez mené l’essentiel de la dernière campagne des municipales autour du thème « j’aime mon maire, je le garde » vous discréditez votre propre parole, mais au-delà de ce seul aspect, vous décrédibiliser la parole publique de responsable et d’élu politique que votre mandat de maire vous confère, mandat encore majoritairement apprécié et reconnu par les français.

Bref, vous faites tout ce qu’il ne faut surtout pas faire, à fortiori dans cette période trouble et incertaine dans laquelle nous sommes.

De plus, avec vous, on inaugure la notion de mandat par intérim puisque vous nous annoncez que c’est pour une période de 2 ans, alors, encore une fois , que rien ne vous y oblige.

Du coup, une question que nous vous posons ce soir : Pouvez-vous nous affirmer que vous ne serez pas candidat à l’élection sénatoriale de 2023 ?

Enfin, vous avez motivé votre acceptation à devenir sénateur en évoquant votre mandat de conseiller régional et les subventions du conseil régional prétendument obtenues par vous pour notre ville. Par delà le fait que la véracité de cette affirmation est plus que contestable, sauf à dire que Mme Pécresse distribue les subventions à ses amis politiques, toutes comparaisons avec la Sénat est nulle et non avenue car le Sénat, qui n’est pas une collectivité locale, ne vote et ne distribue aucune subvention.

 Chers collègues,

Dans quelques instants, notre conseil va procéder à l’élection d’un nouveau maire. Nous n’allons pas participer à cette élection, pour ne pas cautionner ce qui s’apparente à une manœuvre politicienne et à vos petits arrangements entre amis, même s’il n’est pas certain que tous les membres de votre majorité apprécient pleinement ce qu’ils vont avoir à faire aujourd’hui.

C’est pourquoi nous appelons à la démission du conseil municipal afin de reconvoquer une élection municipale pour une transparence de la vie publique locale aux yeux des blanc-mesnilois-es.

Il est évidemment peu probable que cette demande aboutisse mais dans ce cas, il est clair pour nous que M Ranquet doit être maire à part entière, ce qui implique qu’il anime les conseils municipaux et qu’il réponde lui même aux questions que nous ne manquerons pas de lui poser. Que M. Ranquet devienne le directeur de publication du journal municipal et qu’il en signe les éditoriaux, que sa photo figure sur les panneaux administratifs en lieu et place de la votre, qu’il participe au conseil des maires du territoire « Paris Terres d’envol », qu’il siège à la métropole du Grand Paris, qu’il reçoive les blanc-mesnilois en audience pour ne citer que quelques exemples des tâches qui vont lui incomber.

Le pire serait que le nouveau maire soit un maire fantoche. Il ne peut y avoir deux maires dans une ville. Votre intérêt personnel et votre prestige ne peuvent pas contribuer à affaiblir davantage la confiance, déjà bien mise à mal, que les habitants ont dans leurs élus, à fortiori quand il s’agit du maire. C’est une fonction qui a besoin de visibilité et de clarté pour les habitants.

Nous ne participerons pas au vote et aux autres délibérations qui s’y rattachent, hormis la désignation des membres des commissions et instances pour lesquels nous sommes concernés et en renouvelant à l’identique l’existant délibéré il y a un an. Nous allons néanmoins écouter avec attention l’intervention de M. Ranquet qui va sans doute nous dire comment il envisage de conduire la gestion de notre ville. Merci de votre attention