didier mignot 1

« Le vote du budget est un moment important de la vie de notre commune. Remercier les services municipaux qui ont travaillé à son élaboration. Je dirai également dans ce propos notre appréciation de votre compte administratif.
Commencer par exprimer notre désaccord sur la manière dont se déroule l’élaboration de ce budget.
Alors que nous représentons dans cette enceinte seulement 36 % des électrices et électeurs inscrits et votre majorité seulement 20 %, aucune concertation, aucun débat public, ni même de réunion d’information sur votre préparation budgétaire. Alors bien sûr, il y a la crise sanitaire, très grave aujourd’hui, qui limite ces pratiques, mais de toutes façons vous ne les avez jamais mises en place.
Notre faible représentativité des blanc-mesnilois, qu’ils soient d’ailleurs inscrits ou pas sur les listes électorales devrait au contraire nous imposer d’aller au-devant d’eux pour débattre des choix à opérer.
De plus, comme nous vous l’avons déjà demandé et comme cela se fait dans de nombreuses villes du fait des conditions sanitaires, il est souhaitable que les conseils municipaux soient diffusés sur internet en direct, à fortiori ce conseil important où se vote le budget de la ville. Nous vous le redemandons donc une nouvelle fois. Il serait normal que les habitants qui le souhaitent puissent assister à nos débats dans des conditions sanitaires sécures.
Il faut bien sûr à un moment arbitrer, décider mais autant le faire en ayant enrichi sa réflexion des discussions avec les habitants.
Si tel avait été le cas, pas sûr que les blanc-mesnilois-es auraient validé par exemple cette académie du sport et le club house du Golf qui, sauf information contraire, ressemble fort à une privatisation de la ferme Pasquier.
Nous vous reposons donc la question : Qui va gérer cette académie du sport, construite à grand frais avec l’argent des blanc-mesnilois.
Autre question, est-ce qu’une association sportive de golf existe au Blanc-Mesnil ? Qui a exprimé ce besoin ? Nous ne sommes pas défavorable à l’idée d’étendre la diversité des pratiques sportives mais l’opacité qui entoure ces projets dans le parc Jacques Duclos et leur financement a de quoi interroger. Le parcours de golf peut être intéressant mais qui va tenir le club-house ? des agents municipaux comme dans nos gymnases et stades ? Combien d’argent a été investi dans cette opération que vous nous promettez à chaque vote du budget depuis plusieurs années maintenant ?
Alors il est vrai que vous avez investi aussi dans 2 écoles. Vous oubliez de dire dans votre présentation que l'école chevalier de Saint George est programmée depuis très longtemps, et largement financée dans le cadre du programme de rénovation urbaine de l'ANRU. Et il faut du temps pour que ces projets ANRU se concrétisent, vous an savez quelque chose avec le projet des tilleuls.
Mais construire des écoles est une des premières obligations d’une commune et c’était le minimum que de répondre à l’urgence démographique que vous avez-vous-même provoquée par la bétonisation outrancière de la ville et l’arrivée massive d’habitants nouveaux.
On peut d’ailleurs s’interroger sur la taille de ces écoles primaires, notamment l’une d’entre elles qui comportera plus d’élèves qu’un collège. Pas sûr que cela soit idéal pour les conditions éducatives. Vous qui n’avez de cesse de nous vantez votre conception « village » de l’urbanisme, on ne peut pas dire qu’une école primaire de plus de 800 élèves soit celle d’un village.
Il est clair que vous souhaitez accorder beaucoup plus d’importance à votre campus trilingue privé.
Collège et lycée publics dont il est nécessaire également d’anticiper la construction, toujours pour répondre à votre fièvre immobilière et même si ce n’est pas de la compétence de la ville mais à tout le moins en réservant des terrains pour leurs implantations. Or votre budget prévoit 6,5 millions de recettes pour cessions de terrains. Quelle va être la destination de ces terrains ? à qui les vendez-vous ?
De même vous vantez l’école chevalier de Saint-Georges comme école de l’excellence musicale. Très bien. Et nous ne pouvons que nous réjouir que les enfants de ce quartier aient accès à l’enseignement musical. Où en est votre projet de conservatoire de musique que tous les enfants et adultes de toute la ville peuvent fréquenter ?
Nous vous proposons d’engager dès maintenant une concertation et des études pour la construction d’un nouveau conservatoire de musique et de danse.
Il y a bien sûr, comme dans tout budget, des choses positives qu’il faut relever. Comme la réfection de voiries ou la végétalisation des cours d’école et tout un ensemble de choses inhérentes à la vie d’une commune.
Mais si l’on considère votre compte administratif de 2020, nous constatons qu’une fois encore votre exécution budgétaire n’est pas satisfaisante. Nous vous disons cela avec esprit de responsabilité car nous avons bien conscience que cette année 2020, et aussi 2021, sont des années très particulières du fait du caractère inédit, inattendu et difficile de la crise Covid.
Et on aurait pu entendre les difficultés, les insuffisances dues à cette crise. Tout le monde relève ces difficultés et expliquent pourquoi tel ou tel choix, tel ou tel projet n’a pas pu être mené à bien. C’est le cas dans de très nombreuses collectivités locales.
Mais vous, vous êtes toujours le meilleur. Certes la crise est là, mais vous êtes tellement fort que malgré cela, vous faites encore mieux que d’habitude. Votre autosatisfaction sur votre gestion de la ville en serait presque risible tant elle est en décalage avec la réalité vécue par de très nombreux blanc-mesnilois.
Au Blanc-Mesnil tout va bien. Pas de précarité, pas de chômage, pas de pauvres, pas de risques d’expulsions locatives, pas de familles de ces premiers de corvée qui n’ont d’autres choix que de s’exposer à l’épidémie, pas de souffrances psychologiques chez les enfants et les étudiants, pas de besoins de vaccinations de masse pour nos ainés, pas de problèmes pour les petits commerçants, et j’en passe.
Et pour vous en convaincre vous-même, vous continuez la cavalerie budgétaire, comme en atteste le compte final du budget 2020, pour gonfler vos dépenses d’investissement de manière à alimenter votre communication. Il y avait en 2019 11 millions de crédits d’investissements annulés et en 2020, il y en certes que 4, 5 millions d’annulés mais il persiste 8,7 millions de restes à réaliser dont on aimerait avoir le détail. C’est une demande que nous vous faisons.
Au final quand même, vous pouvez vous glorifiez d’un volume d’investissement, frais financiers et les 11 millions de l’année précédente inclus, de 77 millions pour une réalité moins glorieuse que ne l’évoque votre communication de dépenses réelles de 52 millions, soit 25 millions de moins, 16 millions si on tient compte des restes à réaliser.
Tout cela n’est pas très sérieux mais surtout cela occulte la réalité difficile vécue par les blanc-mesnilois-ses.
Et une réalité que vous continuez de ne pas vouloir considérer. Sur les crédits d’un million alloués au centre communal d’action sociale vous en avez annulé 375 000 euros. Comment expliquer que 37 % du budget de l’aide sociale soit annulé en 2020 alors que des enfants dans notre ville ne mangent pas à leur faim, que les associations de solidarité croulent sous les demandes d’aide, que des familles n’ont plus aucun revenu. Nous vous demandons de réinjecter au plus vite ces sommes dans des politiques de solidarité, comme par exemple, la gratuité de la cantine, même transitoire, pour les familles en difficulté comme nous vous l’avons déjà demandé et comme vous l’aviez promis, mais ça c’était vos promesses d’avant.
Il existe donc des marges de manœuvre pour la solidarité que vous n’exploitez pas, et c’est d’autant plus vrai que pour ce qui concerne la restauration scolaire, vous avez, du fait de la fermeture des cantines, moins payé de prestations au SIVURESC.
Autre élément à considérer, c’est les délégations de service public et les contrats passés avec des entreprises extérieures que vous avez été contraint de payer alors que les services n’ont pas été rendu, toujours à cause la crise sanitaire.
Cela n’aurait pas été le cas si ces prestations étaient restées en service public municipal. Je redis ici, que le théâtre, fermé quasiment toute l’année 2020, du fait du contrat qui nous lie à son gestionnaire privé, a coûté au blanc-mesnilois-es 1,2 million d’euros en 2020 et ce sera idem en 21.
Mais votre obsession à détruire le service public municipal l’emporte sur le reste et alors que tout appelle à le renforcer, vous vous félicitez de réduire le budget du personnel, affaiblissant d’autant ce même service public et les conditions de travail des agents municipaux.
Dans un autre domaine, vous avez dit aux blanc-mesnilois que vous alliez lever le pied en matière de constructions d’immeubles. Tout indique aujourd’hui que ce n’est pas vrai et les projets immobiliers continuent de pousser un peu partout dans la ville.
Des immeubles dont, pour beaucoup, les caractéristiques environnementales ne sont pas à la hauteur des enjeux climatiques.
Et vous vous obstinez, avec le projet immobilier de la gare RER, à nuire au développement durable en sacrifiant un parking de gare et une centaine de logements sociaux de la cité Sémard au profit d’un promoteur immobilier qui pourrait vous dresser une statut tant vous avez été accueillant pour ses nombreux projets au Blanc-Mesnil.
Mais l’obstination est une de vos qualités quand on constate l’acharnement dont vous faites preuve pour tenter de tuer le Blanc-Mesnil Sport Judo qui voit sa subvention passer de 25 600 € à 10 000 €, alors que pour tous les autres clubs, la subvention est inchangée.
La vie associative et sportive connait de graves difficultés du fait de son inactivité forcée. Le judo, comme les autres, il faut les soutenir, pas les enfoncer.
Enfin sur les grands équilibres budgétaires, vous comparez chaque année vos dépenses d'investissement à celle que j'effectuais lors de l'avant dernier mandat. Mais le budget était de 130 millions alors qu'il est aujourd'hui de 180 millions. Et cette augmentation provient en large partie de la vente du patrimoine communal.
Toujours sur ces grands équilibres, mais je vous l’avais dit lors du débat d’orientation budgétaire du mois dernier, les collectivités locales paient le prix fort de politiques nationales, notamment en terme de fiscalité qui épargnent les grands groupes financiers et font payer aux communes, et donc aux habitants, la gabegie d’argent public versé à ces mêmes grands groupes dont les profits explosent à la bourse. Des choix nationaux qui sont ceux de vos amis politiques.
Concernant l’endettement de la ville, vous êtes à des niveaux qui sont ceux de toutes les villes de notre taille et qui sont normaux. Après avoir tant dit sur ce sujet de la dette, vous revenez aux réalités et cela devrait vous inciter à faire preuve de plus de modestie.
Mais comme on dit, ce n’est pas la modestie qui vous étouffe.
Bref, ce budget est fait de choix très contestables et que nous n’approuvons pas.. Nous allons sans surprise voter contre. »