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L’octroi de ce permis de construire apparaît bien précipité : à ce jour, la ZAC (zone d’aménagement concertée) autorisant l’urbanisation de 280 ha de terres agricoles du Triangle de Gonesse - dont 80 ha pour le projet Auchan - est toujours frappée d’annulation. L’appel déposé par le gouvernement devant le tribunal administratif de Cergy ne sera jugé qu’en 2019. 


Malgré cette annulation, le groupe Auchan et son partenaire chinois Wanda poursuivent leur fuite en avant. L’absurdité du projet EuropaCity et de la zone de bureaux qui l’accompagne, apparaît pourtant de manière de plus en plus évidente, après les effets catastrophiques de la canicule de l’été 2018, qui a particulièrement touché le nord de l'agglomération parisienne, dont la pénurie d’espaces naturels génère des îlots de chaleur insupportables pour les habitants. 


Les partisans de la construction d’une gare en plein champ se réjouissent de la signature du permis de construire, alors que celle-ci serait très peu fréquentée par les Val d’Oisiens, y compris les Gonessiens, qui continueront à utiliser le RER D à proximité. 


Plutôt que d’investir un milliard d’euros de fonds publics - le coût d’un détour de 5 kilomètres, la construction d’une gare d’interconnexion et d’un échangeur autoroutier - pour la desserte d’un projet privé de plus en plus contesté, le CPTG soutient le « Plan de Mobilisation » pour les transports d’Ile-de-France, qui comporte notamment le tram-train «Ligne 11 express » devant relier Sartrouville (78) à Noisy-le-Sec (93) en passant par Argenteuil (110 400 habitants), mise en service seulement entre Epinay-sur-Seine et Le Bourget, et qui connaît déjà un vif succès. 


Pourtant certains élus du Val d’Oise s’entêtent à soutenir l’urbanisation du Triangle de Gonesse, en affirmant qu’il faut implanter de nouveaux emplois sur le bassin de Roissy pour faire baisser le chômage. « Le gouvernement continue de dérouler le tapis rouge à EuropaCity, en annonçant que cela va profiter aux habitants…mais à Gonesse, la croissance des emplois n’a pas eu d’effet sur les chiffres du chômage : sur les 3236 emplois créés de 1999 à 2013, seulement 126 Gonessiens ont été concernés, soit 3,9% du total ! », constate Jacqueline Lorthiois, économiste membre du CPTG qui ajoute « d’ailleurs implanter des activités ne suffit pas : il faut qu’elle fournisse des postes dans les filières de qualification et de compétence de la main-d’œuvre locale. Or, EuropaCity annonce 80 métiers, alors que Pôle Emploi en répertorie 10 000. Donc ce qu’Auchan propose, c’est moins de 1% de l’éventail des possibilités ! » 


Les experts du tourisme dubitatifs sur l’attractivité d’un projet basé sur une piste de ski artificielle et un parc aquatique climatisé) et les associations de commerçants, soulignent que les emplois de leurs filières d’activités sont déjà en tension sur le territoire. 
Pour toutes ces raisons le CPTG demande l’abandon du projet de construction de la gare d’interconnexion. « Il s’agit d’un projet inutile, extrêmement coûteux en argent public. C’est une véritable fuite en avant dans l’artificialisation des sols qui constitue notre patrimoine le plus précieux », affirme Bernard Loup.