didier mignot

le discours que j'ai prononcé lors de mes vœux vendredi soir :

"Mesdames et messieurs, chers amis,
Merci d’avoir répondu à mon invitation.

Je vais bien sûr dire un certain nombre de choses, mais la première c’est de vous souhaiter à chacune et chacun d’entre vous, très sincèrement et très chaleureusement, une belle année 2019, en bonne santé, pleine de bonheur de toutes sortes, une année de réussite, d’épanouissement pour vous-mêmes et toutes celles et tous ceux que vous aimez.

2019 va être une année importante, où beaucoup de choses vont se jouer. Je vais évidemment vous parler du Blanc-Mesnil mais beaucoup plus largement, on le sent bien, il y a un climat particulier et « explosif » dans notre pays.
Le climat social, le climat politique, institutionnel, sans entrer dans les détails pour ne pas être trop long, sont inédits.

Les gilets jaunes, les robes noires, les blouses blanches, les stylos rouges et tant d’autres mobilisations citoyennes, avec parfois leurs ambiguïtés, leurs contradictions, leurs qualités et leurs défauts, tout cela arrive et fait suite, quoiqu’on en dise, aux nombreuses mobilisations sociales, syndicales, politiques, qui depuis longtemps, sans forcément avoir été victorieuses, je pense à la loi travail, aux cheminots et à tant d’autres, petites ou grandes mobilisations donc, mais qui ont contribué à entretenir cette flamme d’une France rebelle, combattive et debout contre les injustices et pour la démocratie que l’on voit aujourd’hui.

Alors bien sûr, tout n’est pas idéal. Il y a les violences, évidemment condamnables, mais dont on voit bien, au fur et à mesure des évènements, qui elles servent et qui elles desservent. Les violences des casseurs, les violences policières, et la violence sociale.

Il y a aussi les fascistes, parce qu’il faut appeler un chat un chat, qui frappe à la porte ce qui fait dire à Mme Le Pen et à son poulain Bardella, « on arrive ». Un Bardella, il est utile de le rappeler, bien aimablement accueilli dans notre ville il y a quelques années avec le prêt complaisant par le maire d’une salle municipale. 


Un Bardella qui siège comme moi au conseil régional et qui fait résonner dans l’hémicycle des idées de haine, de xénophobie et de recul social.

Mais il y a aussi cette France qui s’indigne de voir des dizaines de jeunes à genoux les mains sur la tête, gardés par la police, parce qu’ils osent demander l’arrêt de la sélection à l’entrée à l’université.

Il y a ces milliers de gens sur les ronds-points et ailleurs qui réclament leur dû, la justice fiscale, l’augmentation des salaires, des pensions, de pouvoir décider de leur avenir, à l’heure où entre autres scandales, 57,4 milliards d’euros sont redistribués aux actionnaires du « CAC 40-voleurs » comme le dit un slogan vu dans les manifestations.

En disant cela je ne m’éloigne pas du Blanc-Mesnil car tout ce que je viens d’évoquer là, les bonnes choses comme les mauvaises, nous les retrouvons aussi dans notre ville et nous ne devons pas déconnecter Blanc-Mesnil de ces réalités nationales.

Mais c’est bien sûr du Blanc-Mesnil, ma ville de naissance, dont je veux surtout vous parler aujourd’hui et dans les mois qui viennent.

Vous connaissez mon attachement à notre ville dont j’ai été le maire. Un attachement qui nous réunit ce soir dans la diversité de nos opinions et de nos parcours militants, associatifs, citoyens. 


Un attachement qui s’est construit par nos vies quotidiennes, celles de nos enfants, de nos familles, de nos amis.

Un attachement qui vaut bien que l’on se rassemble, que l’on s’unisse parce que malgré les difficultés, avec nos diversités, nous ne renonçons pas au bonheur collectif et à l’épanouissement de chacun et chacune, nous ne nous résignons pas à laisser cette ville aux mains d’affairistes et de joueurs de Monopoly.

Aujourd’hui, notre ville est abîmée. 


Je ne vais pas m’étendre de trop sur le bilan et les dégâts engendrés par la municipalité de droite ces 5 dernières années. Nous vivons les mêmes choses et pour une large part c’est pour cela que vous êtes présents ce soir.


Je vais néanmoins balayer, sans les détailler, quelques sujets même si je ne peux tout dire tant il y en a : Une vie associative mise au pas, la bourse du travail fermée, des services municipaux et des cantines scolaires privatisés, des suppressions de postes dans la fonction publique territoriale, la chasse aux sorcières permanente et généralisée, le service social fermé, le manque de moyens dans les écoles, des enfants stigmatisés, familles de réfugiés chassées, le service enfance maltraité et un dispositif périscolaire vidé de sens, un centre de vacances vendu et un autre à l’abandon, le service d’aide au maintien à domicile des personnes âgées désorganisé, une politique culturelle privatisée et réduite à la consommation de spectacles, une politique sportive répondant par tous les moyens à l’objectif de faire briller, non pas la ville et les sportifs, mais le maire et sa sœur adjointe aux sports, une propreté de la ville défaillante, une des seules librairies du 93 fermée, un maire aux abonnés absents pour les audiences mais très présent dans sa communication et sur les photos, les missions droits des femmes et luttes contre les discriminations fermées, un enfant de 11 ans maltraité par la police municipale qui lui fait bien comprendre qu’il n’est qu’un sale cafard, des centres municipaux de santé en souffrance, le centre de la sécurité sociale qui ferme ses portes sans résistance de la ville, la suppression du conseil local des jeunes, du conseil consultatif des ainés, du conseil local de la vie associative, etc. etc. et je vous prie de m’excuser de ne pas tout dire.


Ah si, quand même, pour le sourire, on a en Fance le pognon de dingue de M. Macron, on a, nous, au Blanc-Mesnil, les édito de dingue de M. Meignen dans le journal de propagande municipale.

Et puis, vous vous en doutez, je vais vous parler de « Béton-Mesnil ».


Pas un jour sans qu’on m’interpelle sur ce sujet.


Le maire ne parle jamais des gens, de leurs difficultés auxquelles il ne prête aucune attention, il est sourd à la souffrance sociale. Il y a de sa part, un peu à l’image du président Macron avec les Français, une forme de mépris à l’égard d’une grande majorité de la population de notre ville. Ce n’est pas pour rien qu’il y a des sympathisants « d’En Marche » dans la municipalité. Une municipalité, j’ouvre une parenthèse, qui a une forte tendance à l’émiettement avec le départ de plusieurs adjoints au maire, sur fond de propos racistes et xénophobes, je referme la parenthèse.

Il ne parle pas des gens car il a un projet clair, radical dont il ne fait plus mystère : il veut changer la population, pour une population plus fortunée. Les autres n’ont qu’à aller souffrir ailleurs.

Et pour le coup, il joint la parole aux actes : 40 projets immobiliers, 20 000 habitants de plus en 10 ans, aucune construction de logements sociaux alors que 8 000 personnes sont dans l’attente, et pire encore puisqu’en catimini, il autorise la destruction de 64 logements HLM de la cité Floréal pour permettre un projet immobilier.

 
M. Meignen est le premier agent immobilier au service des promoteurs. Il est devenu le VRP qui vend la ville à la découpe, brade notre patrimoine commun, le tout sans aucune concertation, aucun débat.

Car quand même, disons-le, dans son programme municipal de 2014, rien ne figure sur toutes ces constructions qui vont pourtant avoir de lourdes conséquences pour Blanc-Mesnil et ses habitants.

Pas plus d’ailleurs, à titre d’exemples parmi d’autres, que ne figuraient le golf et la transformation de la ferme Pasquier en Club house et une académie du sport, académie privée, bien sûr.

Nous avons donc aussi un vrai problème, et non des moindres, de déficit de démocratie dans notre ville.

C’est d’ailleurs un aspect qui revient beaucoup dans les questionnaires que le collectif « Blanc-Mesnil à venir » propose et va continuer de proposer aux habitants. 


Blanc-Mesnil est une ville populaire. Notre ville a besoin que l’on s’investisse pour elle mais pas n’a pas besoin d’investisseurs venant chercher fortune dans l’achat d’appartements.


Blanc-Mesnil a besoin d’humanité, Blanc-Mesnil a besoin d’empathie, Blanc-Mesnil a besoin de chaleur humaine et de fraternité, les Blanc-Mesnilois et Blanc-mesniloises ont besoin d’écoute et de respect.

Certes tout cela n’augmente pas un salaire et ne remplit pas un frigo, mais les liens solidaires, la force du collectif cimentée par des valeurs humanistes peut aussi contribuer à mieux vivre. Et ça, nous savons et nous pouvons le faire au Blanc-Mesnil.

C’est pourquoi, après en avoir discuté avec mes camarades, avec des amis, avec des Blanc-mesnilois-e-s qui nombreux, me posent la question, après avoir créé le collectif citoyen « Blanc-Mesnil à venir » et commencer à travailler à un projet de ville, je propose, car j’y suis décidé, de conduire une liste aux élections municipales de 2020. 


Pour beaucoup, ce n’est pas une surprise mais c’est un engagement lourd qui méritait de prendre un peu de temps.

Ce n’est qu’une proposition et je suis ouvert à tous les scénarios. Cela étant, il faut bien prendre ses responsabilités et déclencher les choses car il y a beaucoup à faire, et sans perdre de temps. 


Car cette liste et ce projet, nous allons les construire ensemble sur des contenus et une éthique. Le projet avant la liste.

 
Des contenus progressistes, humanistes, rassembleurs, sans démagogie, sans clientélisme et des élus qui s’engage par la signature d’une charte éthique de probité que le collectif « Blanc-Mesnil à venir », que je vous invite à rejoindre, aura à rédiger. Pour des élus qui servent leur ville, mais qui ne s’en servent pas.

Le Blanc-Mesnil en effet n’appartient à personne d’autres qu’aux Blanc-Mesniloises et Blanc-Mesnilois, à qui il faut donner, encore une fois sans démagogie, la possibilité d’être associé, de décider, de peser sur les choix.


Ce n’est pas un exercice facile, mais si nous ne faisons pas cela, c’est que nous n’avons rien compris à ce qui se passe dans la société, aux aspirations fortes des gens, parfois avec des contradictions, à être entendus pour ce qu’ils sont, et non ce qu’on voudrait qu’ils soient.

Ce n’est pas un exercice facile, ni spontané. Et personne ne peut prétendre y arriver seul. Mais je crois à l’intelligence collective, et je pense que nous pouvons, ensemble, y arriver.


Vous le savez, je crois toujours à l’apport des forces politiques, à la richesse de la réflexion et de l’action organisée, engagée et militante. Ces forces ont toute leur place dans cette démarche de co-construction. 


Mais la politique, la vie de la cité, n’est pas l’apanage des seuls partis ou mouvements politiques. Cette époque est derrière nous. Une autre forme d’engagement a émergé et existe bel et bien au travers de ce que l’on appelle communément l’engagement citoyen.

Ces deux formes d’engagement pour moi ne s’opposent pas et au contraire peuvent se nourrir mutuellement dès lors qu’elles ont des visions communes et partagées de l’intérêt général, du bien commun et des valeurs d’Humanité.

Notre collectif « Le Blanc-Mesnil à venir » est je crois un bon exemple de ce que nous pouvons réaliser dans nos diversités de parcours et d’engagement.
Des groupes de travail, toujours ouverts, se sont constitués sur différents thèmes de nos vies quotidiennes. Le sport, la culture, l’urbanisme, les retraités, l’éducation, j’en oublie…

Nous avons aussi ce questionnaire que j’évoquais, certes incomplet, imparfait, mais qui est un bon outil pour aller à la rencontre des Blanc-Mesnilois-es, recueillir leurs attentes et leurs souhaits, pour susciter le débat qui fait aujourd’hui tant défaut dans notre ville.

 

Pas un débat à la Macron où l’on nous demande quels services publics il faut fermés. D’ailleurs il serait bien que des débats s’organisent dans la ville à partir d’un ordre du jour fixé par les habitants et non pas par le président de la république…

Mesdames et messieurs, chers amis,

Il y a beaucoup de travail pour faire du Blanc-Mesnil une ville chaleureuse, combative, moderne, solidaire, fraternelle, une ville de services publics accessibles, une ville qui associe les habitants et les habitantes pour décider du présent et de l’avenir.

C’est un grand défi que je vous propose de relever ensemble, et en vous renouvelant mes vœux pour vos vies personnelles, j’y ajoute ces vœux collectifs pour cette importante année 2019."