Honneur, à Philippe Haong Mong, ingénieur territorial du Blanc-Mesnil, qui a préféré la mort, un dimanche d'octobre 2014, parce qu'il ne supportait plus que ses valeurs au service de l'intérêt général et des services publics soient piétinées.

 

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Notre pays, vit un de ses moments particuliers de son histoire. Depuis plus de 30 ans nous subissons une politique néo libérale qui détruit le contrat social de la République, dont la construction a toujours été le résultat des luttes ouvrières, 1848, 1871, 1936, 1945, 1968. La classe ouvrière a eu toujours face à elle ceux qui s'appropriaient les richesses qu'elle produisait.

Trop souvent, les forces de l''ordre ont été utilisées, par l'Etat de droit, pour protéger les intérêts d'une minorité de profiteurs et de prédateurs. Hier comme aujourd'hui, l'Etat de droit, pour se justifier évoque notre beau pays la France. Mais, que constatons-nous :

-Carlos Ghosn qui ne paie pas ses impôts en France, ni au Japon d'ailleurs.

-Les quelques 3000 plus grosses  fortunes  utilisent le joli concept d'optimisation fiscale pour faudrer le fisc, de la France, de 100 milliards d'euros par an.

L'Etat de droit stigmatise la violence, mais que fait-il face aux mauvaises conditions de travail qui tuent plus 500 salariés par an, par accidents du travail, comme ce salarié de 68 ans mort à Versailles, ou ce jeune homme de 19 ans mort à Auxerre.

Les luttes sociales ont toujours eu pour origine le développement des inégalités et le refus de la bourgeoisie, des financiers de partager les richesses produites par le salariat.

Alors et cela n'est pas un scoop, je suis et je serai toujours avec ceux qui luttent pour améliorer leurs conditions de vie et de travail, mes héroïnes et mes héros ce sont les salariés.

Leur héroïsme n'est pas visible, il n'est pas ostentatoire. Il se rencontre, dans les immeubles du 5 et 7 allée Apollinaire qui vont être détruit dans la cité Floréal, pour permettre à la Cogédim de servir de gras dividendes à ses actionnaires, en ayant pour conséquence l'expulsion de 64 familles.

Ces héroïnes, ces héros de tous les jours, on les croise, dans les petits matins blêmes qui courent pour déposer le bébé à la crèche ou l'élève au péri-scolaire de l'école du quartier. Ils rencontrent le chauffeur de bus et celui du RER qui se sont levés à l'aube pour assurer la qualité du service public des transports qui subit tant de coups de l'Etat de droit.

C'est la caissière de la grande distribution, aux horaires aberrant et aux multiples coupures journalières, qui augmentent sont temps absence de la maison et se conjuguent avec la précarité de l'emploi et un salaire au SMIC. Elle rencontre l'ancien salarié de Citroén Aulnay, qui pour éviter le chômage fait toujours les jours le trajet Blanc-Mesnil Poissy, pour un salaire mensuel inférieur au salaire moyen national.

Mes héroïnes, mes héros, elles sont infirmières, aides soignantes, médecins du Samu aux bords du burn out qui nous soignent, nous soulagent, nous aident et qui en même temps luttent pour sauver l'hôpital public ou empêcher la fermeture des maternités au Blanc, à Créil.... Elles sont, aussi, aides ménagères au service de retraités pour leur assurer une qualité de vie à leur domicile, malheureusement, elles sont en voie de disparition au Blanc-Mesnil, elles ne sont plus que 13 pour 8400 retraités et les dossiers APA ne pourront plus être instruits dans notre commune, puisqu'il n'y a plus d'asistante sociale.

Pas d'école de la République, sans institutrice, sans instituteur, sans Atsem, sans principal de collège, sans principale adjointe, sans professeure, sans eux pas de transmission des savoirs, des valeurs du vivre ensemble de la République, Pas d'école de la République sans les parents d'élève qui participent à la valorisation de l'Education Nationale, j'aime beaucoup cette principale adjointe républicaine qui protège ses élèves contre des violences inadmissibles et ces parents qui sont présents pour soutenir les élèves qui veulent un futur désirable en luttant contre les inégalités scolaires et territoriales.

Les retraités, d'aujourd'hui, sont ceux qui ont travaillé très dur pendant « les 30 glorieuses, par leur travail, par leur engagement, ils ont reconstruit le pays sinistré par 6 ans de guerre et mis en place la Sécurité Sociale. Ils sont maintenant maltraités, le pouvoir d'achat de leur pension est essoré, par l'Etat de droit, hausse de la CSG. Dans notre ville, le niveau moyen des pensions de 1000€ par mois, voilà comment après souvent 44 années de travail, l'Etat de droit les considère, permettez moi d'affirmer que cette violence de la précarité des retraités est particulièrement inadmissible.

Mes héroïnes et mes héros ce sont : la secrétaire, l'homme d'entretien, la caissière, ouvrier de l'industrie automobile, la couturière, l'ajusteur, l'hôtesse d'accueil de l'aéroport, le chauffeur de bus, l'infirmière, le médecin des urgences, l'aide soignante, le cantonnier, l'aide-ménagère, l'instituteur, la professeure, le principal de collège, la principale adjointe, la fonctionnaire de la commune, l'aiguilleur de la SNCF, mes héros ce sont ces 64 familles qui vont être expulsées de la cité Floréal

Fils d'un chaudronnier et d'une ouvrière du cartonnage, je suis un enfant de la classe ouvrière, j'ai partagé toutes leurs joies, toutes leurs détresses, tous leurs combats pour améliorer leurs conditions de vie personnelles et collectives. Leurs combats, celui des habitants du Blanc-Mesnil pour le progrès social sont toujours les miens. Aujourd'hui, comme hier, je participe aux actions collectives pour défendre le contrat social de la République et pour construire une alternative de transformation sociale et écologique.

Je suis fier et heureux d'avoir toujours été du coté de ceux qui sont matraqués au sens propre comme au sens figuré et qui ont réussi à préserver le contrat social de la République.

Il est dommage que certain trahisse leur classe et leur origine, pour se contenter du confort douillet qu'offre le choix d'être devenu le chien de garde de la bourgeoisie et de la finance mondialisée et en se  satisfaisant de voir la violence s'abattre sur un enfant de 11 ans.

Les Blanc-Mesnilois ont construit leur histoire. La violence patronale, ils la connaissent ils la subissent tous les jours, brimades, harcèlements, précarité, bas salaire. Il serait bien étonnant qu'ils apprécient celles et ceux qui la glorifient.