l'appel des 100

 soirée organisée conjointement le 3 février par les collectifs Appel des 100-Alternative 2017, Les jours heureux, Pouvoir citoyen en marche et Utopia a réussi à mettre dans la même salle, Yannick Jadot le candidat d’EELV, Benoit Hamon celui du PS, Charlotte Marchandise candidate issue de « la primaire.org », Pierre Laurent le secrétaire national du PCF, Clémentine Autain d’Ensemble et Eric Coquerel responsable du PG et représentant la France Insoumise. 
L’espoir. C’était indéniablement le mot clef de la soirée organisée conjointement le 3 février par les collectifs Appel des 100-Alternative 2017, Les jours heureux, Pouvoir citoyen en marche et Utopia. Des collectifs qui depuis plusieurs mois travaillent à faire s’exprimer les convergences entre les différentes formations de « gauche critiques et écologistes » et des mouvements citoyens qui voient leur ténacité en passe d’être récompensée.
Ils ont d’ores et déjà réussi à mettre dans la même salle, Yannick Jadot le candidat d’EELV, Benoit Hamon celui du PS, Charlotte Marchandise candidate issue de « la primaire.org », Pierre Laurent le secrétaire national du PCF, Clémentine Autain d’Ensemble et Eric Coquerel responsable du PG et représentant la France Insoumise. L’objectif les faire débattre, entre-eux mais également avec les citoyens, sur ce qu’il est possible de faire ensemble et comment y arriver. Les animateurs de l’Appel des 100 ont d’ailleurs prémâché le travail, en quelque sorte, puisqu’ils ont cherché dans les programmes des différents candidats et des partis qui les soutiennent les points ou propositions convergentes autour de cinq grandes priorités : les questions sociales, les questions économiques et écologiques, les questions démocratiques et de défense des droits, l’Europe et les questions internationales. De cette analyse de textes, ils ont tirés 53 propositions susceptibles de faire consensus. Pour faire bon poids, les candidats et leurs représentants ont pu également entendre des interventions d’acteurs et d’actrices des luttes syndicales, associatives, citoyennes sur des questions touchant à la santé, au féminisme, à la défense des services publics, à l’uberisation de la société ou encore à la baisse du temps de travail.
 
Dans la salle les interventions, les apostrophes en direction des candidats et des partis vont toutes dans le même sens. Pour la première fois depuis de long mois l’espoir est de retour. L’engouement autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, la victoire de Benoît Hamon à la primaire socialiste confirment  « la rupture » de l’électorat de gauche avec le quinquennat. Ajoutez à cela le « dégagisme » et les déboires du candidat de droite, « un alignement de planètes » pour reprendre l’expression d’une intervenante qui peut permettre d’éviter la catastrophe annoncée d’un second tour droite/extrême droite et de législatives d’où disparaîtrait la voix de la gauche. "Rien ne serait plus catastrophique qu'une gauche d'alternative divisée qui assèche le potentiel de changement" estime ainsi Jean-Marc Canon, responsable de la CGT service public.  Car pour une bonne partie de la salle, il est possible « de faire gagner les idées que nous portons » à condition de dépasser le "narcissisme des différences".
"Immense responsabilité", « un moment historique », "obligation de résultats", c'est peu de dire que les candidats sont sous pression. Et tous reconnaissent la légitimité de cette aspiration. Reste cependant la question du comment faire ? Sur cet enjeu aussi les idées ne manquent pas : nouvelles primaires par internet, tirage au sort, assemblées citoyennes locales..."Enfermez vous dans une salle pendant 72 heures et sortez avec un accord comme au Portugal", lance même Gérard Filoche. Pas si simple pourtant. Si pour Yannick Jadot il serait "irresponsable de ne pas essayer de dépasser les egos pour parler projet", "irresponsable de ne pas nous donner une chance". Si Pierre Laurent appelle à "poursuivre et élargir le débat de projet" et affirme que les communistes seront parties prenantes de "tout ce qui peut être fait pour avancer" aussi bien au plan national que local, il n'en demeure pas moins que des contradictions existent bel et bien. Contradictions à la fois sur les propositions avancées par les uns et les autres et sur la cohérence et la nature de la démarche de rassemblement. Pour tous, les premières celles sur le projet peuvent être dépassées notamment si les citoyens "débordent" les discussions d'organisations et se mêlent du débat. Eric Coquerel pointe celles qui, selon lui, existent sur le rassemblement particulièrement autour de la nécessité de faire la "clarté" faute de quoi tout rassemblement sera perçu comme une magouille d'appareil et donc sanctionnée. Pour lui "présidentielle et législatives sont inséparables et si l'on veut aller jusqu'au bout cela implique de remettre à plat les investitures aux législatives". "Il ne peut y avoir de majorité qui recycle ceux qui ont fait le quinquennat" estime-t-il pointant directement les candidatures de Myriam El Khomri et de Manuel Valls."Chaque fois que l'on a posé des préalables à l'unité, elle a échoué", répond Guillaume Balas, eurodéputé hamoniste. Et de se faire très clair à propos de la réunion sur les investitures socialistes qui devait se tenir le lendemain même: "virer les députés qui ont soutenu le quinquennat est impossible". Alors est-ce à dire que rien ne se fera? Pas sûr. Guillaume Balas laisse deux portes ouvertes."La question n'est pas de nous imposer des préalables, lance-t-il. Mais de nous aider à faire grandir un mouvement dans la société pour nous pousser à la roue".  Et d'ajouter qu'il y a effectivement "besoin d'une discussion sans préalable avec Jean-Luc Mélenchon". Comme le souligne Pierre Laurent, sur cette questions comme sur les autres "il n'existe pas de raccourcis", "le vrai défi est de construire ce mouvement qui nous oblige". Il reste ne reste pas beaucoup de temps pour y parvenir et transformer cette élection de tous les dangers en celle de tous les espoirs.