trappes

Un gamin, un enfant a été tué par balle, à Trappes. Nous exprimons à sa famille, à ses amis et à l'ensemble des habitants de cette commune, notre soutien et notre solidarité face à cette disparition inacceptable et douloureuse. Nous souhaitons que la justice et la police de la République fassent le difficile travail qui est le leur pour que la justice passe.Nous soutenons les initiatives citoyennes de Saint-Ouen.

Nous exprimons notre dégoût devant les minables tentatives de récupérations politiciennes d'une droite aux abois qui ne sait plus où elle habite et qui est prête à toutes les ignominies, pour faire croire qu'elle a des propositions concrètes à faire au pays, alors qu'elle n'a que pour tout projet d'attiser les haines pour créer les peurs tellement nécessaires pour faire accepter toutes les régressions possibles pour remettre en cause le contrat républicain, enfant des Lumières.

Pour nous les difficultés que rencontrent les habitants des banlieues des grandes agglomérations urbaines, sont le résultat des régressions sociales qui se perpétuent depuis plus de 30 ans ayant pour conséquence l'accroissement sans précédent des populations pauvres, plus de 8,5 millions de citoyens en France qui vivent sous le seuil de pauvreté, c'est à dire avec moins de 900€ par mois. C'est la prégnance d'un chômage de masse plus de 5 millions de nos concitoyens le subissent, et s'ajoute à cette importance du nombre de salariés frappés par ce drame, l'accroissement du chômage de longue durée. Nous ne pouvons pas aborder ces drames et ces morts violentes sans dresser le contexte dans lequel ils se déroulent. Sans oublier de noter le nombre encore très important d'élèves qui sortent du système éducatif sans qualification et sans diplôme.

Le taux de chômage a passé la barre des 10% au niveau national, dans les villes comme Trappes ce taux est deux fois, voir deux fois et demi plus important. Dans les quartiers populaires il atteint de plus en plus souvent les 40% de la population active.D'ailleurs l'Observatoire National des Zones Urbaines le confirme dans son dernier rapport sur les inégalités, toutes les inégalités ne cessent de s’accroître entre les quartiers populaires et les autres quartiers.

Une fois ce cadre posé, il faut nécessairement aborder la question comment se fait-il, alors que toutes les conditions d'une explosion sociale étant réunies, elle ne se produise pas. Pour cela nous ne pouvons plus éviter la question de l'économie souterraine.

Il y a le travail au noir, qui est largement mis en œuvre par le patronat dans la branche du bâtiment. Le patronat de ce secteur exploite ainsi la masse des salariés au chômage et plus particulièrement ceux qui sont dans cette situation depuis très longtemps et dans le même temps il fraude la Sécurité Sociale. Ne jamais oublier que la fraude patronale tous secteurs confondus s'élève à 20 milliards d'euros pas an.

Mais il y a un autre secteur de l'économie souterraine qui est un acteur non négligeable qui permet un contrôle «social» sur une partie importante de la population, elle a un nom le banditisme qui prospère sur la vente de produits illicites des drogues de toutes natures. Cette économie souterraine représente un marché équivalent au chiffre d'affaire de la vente de voiture en France, c'est à dire plus de 50 milliards d'euros par an.

Cette économie souterraine c'est l'ultralibéralisme dans toute sa violence, il n'y a de pas règle, seule la force prime. Les rapports de force s'expriment par les calibres 7,62 ou 9mm comme à Trappes.

Le marché illicite de drogues, comme l'ultralibéralisme a besoin d'ordre et de tranquillité donc il a des intérêts communs avec cette idéologie. Il doit éviter toute explosion sociale qui nuirai à son développement et à sa pérennité. Il a aussi besoin d'avoir une base qui pour survivre doit dépendre exclusivement de lui, d'où la mise en place d'une structure hiérarchisée, dealers, surveillants des points de vente et les nourrices. Et surtout ne pas croire qu'il ressemble à l'imaginaire que nous montre les séries télévisées, par exemple une nourrice, peut-être une ou un retraité qui trouve là le moyen d'assurer le paiement de son loyer. Mais cette économie souterraine casse les valeurs, en effet un gamin de 13 ou 14 ans en surveillant un point de dealer peut gagner en quelques heures plus ou autant que son père travaillant 35 heures par semaine qui peut croire que cela ne sera pas sans conséquences sur les comportements familiaux, ou chacun sait que la vente illégale met à mal le travail salarié et ou chacun sait que le produit de cette vente illégale contribue d'une manière importante au vivre un peu mieux des familles où le travail salarié n'assure plus le nécessaire.

Le fonctionnement de l'économie souterraine et son fonctionnement où les petites mains n'ont aucun droit, où il n'y a aucune charge d'aucune sorte où la concurrence est totalement libre et sans entrave c'est le rêve ultime de l'ultralibéralisme. Il y a donc une alliance de fait entre le banditisme vendeurs illicites de drogues et les tenants de l'ultralibéralisme. Le refus de la légalisation de vente du cannabis,n'est pas une question morale, au contraire c'est totalement immorale. L 'économie ultralibérale, pour conduire sa politique d'austérité a besoin de maintenir cette économie parallèle qui est pour elle rien de moins qu'une soupape de tranquillité.

L'économie parallèle mafieuse est un des moyens d'éviter la création d'un rapport de force favorable aux salariés, elle permet au plus précarisés de se maintenir la tête juste hors de l'eau, elle évite que la question sociale fasse débat au cœur des quartiers populaires qu'elle contrôle de fait. L'économie souterraine s'imposant par sa violence de fait, l'ordre établi le sien se doit d'être protégé et les sociétés qui sont régies par la notion d'ordre se trouvent alors des intérêts communs avec les organisations politiques qui ont des valeurs conservatrices, pour préserver pour elle et avec elle l'ordre établi. Bref, le banditisme ne se conjugue pas avec les valeurs de liberté et de progrès de la gauche. Historiquement, le banditisme a toujours accompagné les dictateurs fascistes, Hitler, Mussolini... A Paris, les gangsters, pendant l'occupation étaient les supplétifs de la Gestapo et torturaient les résistants rue Lauriston.

D'ailleurs lors des élections récentes, dans quelques villes, il a été vu des caïds locaux accompagner, leurs «clients» vers les bureaux de vote en leur tenant la main pour faire le choix de l'ordre contre celui du progrès.

Nous ne pensons pas, que plus de lois répressives, soient la réponse adaptée aux méfaits que provoque l'économie souterraine de type mafieuse, car aujourd'hui le cadre judiciaire,policier et discale a tous les moyens nécessaires pour lutter contre le banditisme organisé. La seule question qui vaille, pourquoi n'est-il pas actionné.

La vrai réponse au malheur et au désarroi des quartiers populaires ne se trouvent pas dans l’empilage de mesures plus répressives les unes que les autres, mais dans une réponse politique pour mettre fin à l'accroissement des inégalités sociales, économiques, éducatives et culturelles dont sont porteuses les politiques régressives mise en œuvre pour favoriser l’enrichissement des plus riches.

La question est de savoir si les familles avec deux enfants qui doivent avoir pour vivre presque correctement au moins de 3284€ par mois auront toutes ce minimum pour vivre dignement. Malheureusement nous ne pouvons qu'en douter, puisque actuellement 18,8 millions de salariés non cadre ont pour salaire moyen 1542€ brut par mois. La question est bien de relancer la demande pour créer la croissance nécessaire à la création d'emploi, oui il y a urgence à augmenter sérieusement le pouvoir d'achat des salaires et des retraites.

A n'en pas douter, l'existence de cette économie souterraine de type mafieux rencontre les intérêts bien compris des tenants de la politique ultralibérale, car elle impose un contrôle sociale, bien utile pour éviter que la pauvreté que provoque les politiques d'austérité conduisent à des mobilisations sociales, pour changer l'ordre des choses.

Les tenants de l'ordre morale s'opposent par exemple à la légalisation du cannabis, mais en réalité leur choix n'a rien à voir avec la morale, leur opposition est d'ordre politicien, car ils ne souhaitent pas que ce choix, les prive d'un moyen d'assujettir les faibles.

Voilà, qui mérite un débat public.