Le précédent gouvernement s'était fait une spécialité de la dénonciation des « profiteurs » du système social, « les assistés » et autres « fraudeurs » qui vivraient aux crochets des autres. Outre la vision totalement déformée de ces phénomènes, il en est un bien plus conséquent d'un point vue monétaire et pourtant largement passé sous silence par les pouvoirs publics: le non-recours aux droits sociaux par leurs bénéficiaires potentiels. Un observatoire de celui-ci a été constitué à Grenoble par divers chercheurs, qui proposent ici une présentation très pédagogique de la question.

Divers aspects sont passés en revue, du RSA au logement, en passant par la santé, l'énergie, l'indemnisation du chômage, l'emploi saisonnier ou les transports, avec chaque fois des évaluations monétaires, mais aussi et surtout une présentation des enjeux. Car ces analyses convergent vers une même conclusion: plus qu'une économie à court terme pour les budgets concernés, le non recours représente un cout social exorbitant qui met en danger l'ensemble du tissu social à moyen terme. Igor Martinache (Alternatives Économiques janvier 2013)

Coll. Cahiers libres, La Découvertes 2012; 210 pages 15€