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Notre dernier article, photos à l'appui, sur le centre commercial Plein Air, apparaît avoir été un révélateur. Depuis le début nous disons que cette opération est essentiellement une affaire de spéculation sur l'immobilier commercial. Les informations que nous avons en notre possession valident cette analyse.

Une opération sans très grand risque pour les opérateurs, une affaire qui profite du foncier public et des investissements publics pour la remise en état de la voirie et de l'assainissement.

Dès le début les hommes d'affaires connaissaient parfaitement la situation du marché de l'immobilier commercial, et maitrisaient l'environnement concurrentiel, O'Parinor, Rosny 2, Drancy Avenir. Ils savaient que la consommation des ménages est en baisse et le faible niveau du pouvoir d'achat de nos concitoyens. Ils avaient décidé que dès le projet inauguré, après avoir pris le maximum d'argent sur la location et la commercialisation des surfaces à des franchisés, des succursales et des indépendants, qu'il leur faudrait très rapidement vendre pour prendre le maximum de cash. C'était fait en novembre 2011. Tout était ficelé dès juin 2011, comme l'exprime l'augmentation de capital de l'entreprise Frey.

Pourquoi une telle précipitation, ils ne voulaient pas assumer les conséquences de leur choix. Ils savaient qu'elles seraient extrêmement difficiles à gérer. Autant faire porter le chapeau à Cushman et Wakefield et peut-être épargner les élus locaux qui les ont accompagné dans cette opération dont le caractère spéculatif apparaît de plus en plus évident.

Les victimes allaient être celles et ceux qui avaient investi dans cette aventure toutes leurs économies. Aujourd'hui nous sommes en mesure de vous informer que les huissiers rodent, et que les retards de loyers sont déjà conséquents..

Bien sur la situation n'est pas identique pour tous, indépendant, franchisé ou succursale. En moyenne les loyers sont de 450€ le mètre carré, pour apprécier il faut multiplier par 30, 40, 50, 100 mètres carrés. Le bail est en moyenne de six ans, il faut rajouter, bien entendu, les charges. L'aménagement de la boutique est à la charge du commerçant, s'ajoute à cela, pour les franchisés, le paiement d'une commission à la franchise.

Nous avons appris que l'entreprise Frey avait fait fort au moment de la commercialisation et avait promis 3 millions de visiteurs par an. Le bruit circule qu'au bout de 5 mois il y aurait eu 1millions de visiteurs(7000 personnes par jour), chiffre que personne ne peut vérifier, mais qui souligne que l'objectif ne sera pas atteint, puisque une simple règle de trois nous montre que pour 12 mois cela ferait 2,4 millions de visiteurs à condition d'avoir 200000 visiteurs en juillet et en aout. Nous avons donc un chiffe propagandiste, invérifiable, mais, malgré tout, inférieur aux estimations. D'ailleurs chacun peut le vérifier en faisant le tour du centre commercial.

Donc nous avons des femmes et des hommes qui ont investi, pour aménager leur boutique, pour s'engager dans une franchise, qui sont coincés par un bail de six ans, qui paient un loyer et des charges qui ont été estimés sur un chiffre de visiteurs annuels pour le moins fantaisiste. Pour beaucoup d'entre eux la situation est déjà au bord de la rupture, nous avons entendu que certains faisaient parfois 20€ de chiffre d'affaire par jour. Dans ces conditions, il apparaît évident qu'ils ne pourront pas assumer les engagements pris, le risque de tout perdre est très fort, entrainant avec eux les quelques emplois qu'ils avaient crées. Pour les spéculateurs de l'immobilier commercial, pas de problème, ils récupèrent une boutique aménagée, des stocks et pourront continuer de rechercher de nouveaux locataires (pigeons).

Une nouvelle fois, les dupes et les spoliés sont les plus faibles qui dans ce projet auront perdu leurs économies, et qui se retrouveront devant un monceau de dettes et pour plusieurs années.

Cette situation est inacceptable, elle est contraire aux valeurs de la gauche, pour notre part nous exigeons toute la clarté sur cette opération, nous demandons un audit de la situation de chaque boutique, nous demandons la transparence sur l'ensemble des opérations financières, administratives et commerciales qui ont conduit à la mise en œuvre de centre commercial plein Air. Nous n'attendrons pas qu'un commerçant se suicide comme à Domus, pour mener une campagne d'information sur cette situation. Nous allons écrire à monsieur Thomas Tabarin et à monsieur le maire pour obtenir toutes les clarifications nécessaires d'autant que ce projet a reçu des aides publiques.