Nous sommes à la veille de la pose de la première pierre du centre commercial ayant pour enseigne leader « Leclerc » qui sera accompagné par 46 autres boutiques.

Il parait nécessaire de placer ce projet en perspective. Lors du dernier conseil municipal, nous avons eu un débat d’une extrême qualité sur le « Grand Paris ». Il a été intéressant de noter l’intervention de Daniel Feurtet qui a indiqué que notre commune devait être, contrairement à ce qui avait été sa position dans le passé, très offensive pour obtenir le maximum de retombées positives pour la population Blanc-Mesnilois Bel aveu sur le grand nombre d’occasions manquées, pour des raisons exclusivement idéologiques, voire politiciennes.

Sur le dossier de la revitalisation de la zone industrielle de la molette, ces positionnements passéistes ont fait perdre à notre commune des décennies de développement économique et d’emploi.

Depuis quelques années, par l’intermédiaire d’un porteur d’affaires basé à Reims, notre municipalité accepte de voir se mettre en place sur notre territoire, des enseignes de la grande distribution, Auchan hier, aujourd’hui Leclerc, alors que ce concept apparaît au terme de son processus et que notre commune est entourée de vaste espace de grande distribution, Parinor, Rosny 2 et l’anachronique projet Aéroville à Roissy.

Il faut aussi rappeler que la chambre de commerces et d’industries n’a pas donné son aval au projet de l’avenue Charles Floquet.

Pour le justifier, il est mis en avant la création de 500 emplois. On nous donne en exemple les emplois créer par la halle d’Auchan avenue Descartes. Mais on oublie de dire que cette ouverture a entraîné la fermeture d’un Franprix, de Netto, résultat une perte équivalente d’emploi, sans compter les répercussions négatives sur l’ensemble du centre commercial des Tilleuls.

Toutes les analyses le soulignent, la création d’un emploi dans la grande distribution entraîne la disparition de 2 emplois dans l’environnement territorial immédiat.

Bref, nous ne pouvons qu’être inquiet pour le Monoprix, le Franprix et nous savons que ce type de centre commercial comportera, par nature, un ou plusieurs opticiens, une pharmacie, une librairie, plusieurs boutiques de vêtements, une ou deux bijouteries. Ces éléments mettent en évidence une déstabilisation à court terme des commerces de proximité, du centre ville, qui vient d’être, là aussi, avec beaucoup de retard densifié.

Donc une décision à contre temps, qui aura malheureusement des conséquences sur l’avenir du centre ville. Nous ne pouvons que le regretter, d’autant que pour revitaliser ce quartier de notre commune d’autres choix étaient possibles, tels ceux comparables au carré des aviateurs, dont l’apport en emplois sur notre ville est un véritable plus.

Dans ce temps de crise, résultat de la financiarisation à l’excès d’activité au détriment de l’économie productive, de l’emploi et du pouvoir d’achat, favoriser le développement de la grande distribution, devient une contribution au développement de l’économie de casino et de la spéculation financière que l’on combat par ailleurs.

En effet, la force de la grande distribution se construit sur le fait que le salarié/producteur/consommateur paie comptant ses achats et que la grande distribution paie à trois mois. Ainsi l’essentiel de ses profits s’accumule grâce à la spéculation financière que permet le différentiel de temps entre le moment ou le consommateur paie et celui ou le producteur est payé. Sans oublier ce que permet la position dominante des centrales d’achats en terme de marge. Voir cette question récurrente entre les agriculteurs et celles-ci.

Comment ne pas évoquer, la question du partage de valeur ajoutée, alors que nous voyons une nouvelle fois les droits acquits par les salariés remis en cause, en ce moment la retraite à 60 ans à taux plein.

Dans ce cadre, prenons l’exemple du commerce. La croissance est mesurée par l’augmentation des quantités vendues. Les gains de productivité, sont assimilés la croissance des quantités vendues par heure de travail. Avec de telles conventions, le commerce le plus productif est celui qui utilise le moins possible de personnel, pour vendre. Le remplacement du commerce de proximité par la grande distribution à faible niveau de service, permet au capital de s’approprier la plus grande partie des gains de productivité.

Face a cela nous devons mettre en œuvre des choix qui s’inscrivent dans les valeurs de la gauche conforment à notre volonté de développement durable, qui doivent être la base de l’agenda 21 local dont on débat actuellement.

Pour des raisons sociales, écologiques, esthétiques, nous devons mener des politiques favorisant la proximité commerciale, sur la base de réseaux de petits établissements de types coopératifs et liés à des producteurs de proximité.Il ne s’agit pas, ici, de nostalgie, mais d’impulser une modernité douce, à l’opposé de l’hyper modernité et son cortége de dommages collatéraux.

Bien entendu, une telle perspective nécessiterai alors nettement plus d’emplois a durée du travail identique, pour vendre le même volume de biens. Dans cet objectif la dimension humaine et sociale dans la distribution progresserait. Le travail y aurait vraisemblablement un tout autre sens que dans les usines à vendre et d’autre part les impacts écologiques négatifs seraient fortement réduits, à commencer par la diminution des transports motorisés induits.

S’engager dans cette stratégie, c’est permettre un autre partage de la valeur ajoutée par la création d’emploi, en sortant des schémas macro-économiques. Le fonctionnement d’un commerce de proximité dense et de qualité revitalisant les quartiers et les centres villes, pourrait générer entre 15 et 20% d’emplois en plus dans ce secteur d’activité. Voilà une proposition qui aurait toute sa place dans un projet pour construire une alternative de transformation sociale et écologique.

Dans ce moment de chaos économique et social, nous ne pourrons pas modifier durablement la situation de l’ensemble des salariés, en restant avec des choix qui accompagneraient les régressions en cours, ce qui reviendraient à avaliser les politiques néo libérales en atténuant, à la marge, leurs conséquences.

Ce n’est pas un hasard si le gouvernement actuel, veut limiter les libertés communales, départementales et régionales, il veut par là empêcher des choix qui pourraient remettre durablement en cause sa politique et qui pourraient être de nature à donner aux citoyens les capacités de se mobiliser.

C’est pourquoi tous les choix municipaux doivent à la fois porter des améliorations concrètes des conditions de vie et travail et être des outils permettant la mise en œuvre d’une alternative de transformation sociale et écologique.

La pose de cette première pierre est en contradiction avec cette perspective. Espérons qu’elle permettra de poursuivre un débat qui a débuté à gauche, ici, en 2004. L’intervention du maire précédent le 27 mai 2010, souligne une inflexion notable, la poursuite du débat sur le Grand Paris, sur l’intercommunalité et les choix qui en découleront nous indiqueront si un véritable tournant social, économique, écologique, de gauche se met en perspective pour faire entrer notre ville dans le XXI° siècle.

Nous sommes disponibles.