29 juin 2009
REDECOUPAGE ELECTORAL DANS LE 93: QUAND ON BLINDE UNE CIRCONSCRIPTION, C'EST TOUJOURS UNE MAUVAISE NOUVELLE POUR LA DEMOCRATIE
Le 28 mai 2009, le conseil municipal du Blanc-Mesnil vote un vœu proposé par Le Blanc-Mesnil C'est Vous, Le Blanc-Mesnil Pour Vous, pour donner son avis sur le redécoupage des circonscriptions législatives du 93 concocté par Alain Marleix .
« .....le conseil municipal du Blanc-Mesnil:
Condamne ce déni de démocratie et les organisations politiques qui prêteraient leur appui pour protéger exclusivement leurs intérêts partisans..... »
Ce vœu a été voté par les élus du PCF ( y compris madame MG BUFFET ) , du PS, des VERTS, de LO et du Le Blanc-Mesnil C'est Vous, Le Blanc-Mesnil Pour Vous.
En Seine-Saint-Denis le redécoupage et la déstructuration des circonscriptions législatives se font exclusivement sur le dos des députés socialistes. La circonscription du député PS DANIEL GOLDBERG est sacrifiée et rayée de la carte.
A l'évidence, et pour assurer une majorité quasi automatique à la droite, pour mieux servir les intérêts du Medef, les petits arrangements entre amis dans ce charcutage électoral renforcent uniquement l'UMP et le PCF au détriment de la social-démocratie.
Cette situation est conforme à la teneur des interventions qui ont été faites lors de la dernière réunion du conseil national du PCF où le PS semble bien être devenu la cible prioritaire des responsables fédéraux et nationaux du PCF.
La réunion du 28 aout 2008 entre mesdames ALLIOT-MARIE et BUFFET aura donc été exclusivement utile aux intérêts partisans condamnés le 28 mai 2009 par le conseil municipal du Blanc-Mesnil. Car en ce qui concerne le renforcement des moyens policiers, tellement nécessaire aux habitants du Blanc-Mesnil pour assurer leur sécurité, nous n' avons à ce jour aucun résultat .
Lors des prochaines élections législatives, notre circonscription électorale sera formée des villes suivantes: Le Blanc-Mesnil, Dugny, La Courneuve, Stains.
Nous aurons en 2012 la particularité d'avoir probablement deux députés sortants.
Il va de soi que nous devons dès maintenant nous préparer à rassembler tous ceux et toutes celles qui sont attachés aux valeurs de gauche pour donner à notre et nouvelle circonscription un député authentiquement de gauche: DANIEL GOLDBERG.
LES ANTENNES RELAIS : AU BLANC-MESNIL L'ADJOINT AU MAIRE ECOLO DORT SUR SES LAURIERS
Depuis plusieurs semaines, les amicales de locataires de la cité des Tilleuls, de la résidence Notre-Dame se mobilisent contre le développement d' implantation des antennes relais de la téléphonie mobile et les nuisances sanitaires dont-elles sont porteuses. Notre santé vaut mieux que leurs profits.
Au Blanc-Mesnil elles sont majoritairement et essentiellement implantées dans les quartiers populaires: les Tilleuls, les 4 tours, la résidence Notre-Dame,la cité Pasteur. Ces implantations rapportent gros aux bailleurs sociaux. Les bénéfices qu'ils en tirent ne sont pas déduits des charges locatives. Ainsi les locataires paient deux fois, par leur santé et par les charges locatives.
Folio du Blanc-Mesnil relaie cette mobilisation, le groupe Le Blanc-Mesnil C'est Vous, Le Blanc-Mesnil Pour Vous intervient au conseil municipal pour exiger:
que plus aucune autorisation d'implantation d'antenne relais ne soit autoriser sans l'avis des amicales des locataires et des conseils de ville et de voisinages concernés et que le niveau d'exposition des antennes relais ne dépasse pas 0,6V/m.
Cette intervention a permis un débat de qualité, le 25 juin 2009, entre le maire et Alain Ramos. Lors de ce conseil municipal notre demande d'adhésion aux villes qui agissent pour imposer la norme de 0,6V/m a été annoncée. Ce résultat confirme le rôle important pour défendre les intérêts des blanc-mesnilois du groupe d'opposition de gauche « Le Blanc-Mesnil C'est Vous, Le Blanc-Mesnil pour Vous.
Ce débat, mené grâce à la gauche blanc-mesniloise, semble avoir indisposé et dérangé dans son sommeil un adjoint au maire qui dormait sur ses lauriers, dont le prix sur la méthode, acquis grâce à l'ensemble de la municipalité du mandat 2001/2008, ne flattait que son narcissisme et n'avait malheureusement rien changé au taux d'exposition des blanc-mesnilois et aux effets néfastes pour la santé des antennes relais.
La bataille pour le développement durable, pour la concrétisation de l'agenda 21 exige, de solliciter et d'appuyer les mobilisations des citoyens et plus particulièrement de ceux qui souffrent du développement des inégalités. Faut-il rappeler que notre département al Seine-Saint-Denis est l'un des plus touchés par le cancer.
Changer la qualité de la vie des habitants du Blanc-Mesnil est exigeante. Elle demande entre autre d'écouter et d'entendre les revendications de la population, y compris lorsqu'elles sont relayées à 0,6V/m par l'opposition de gauche au conseil municipal.
La question des antennes relais de la téléphonie mobile fera l'objet d'un autre débat lors du conseil municipal du mois de septembre 2009.
Folio du Blanc-Mesnil se félicite d'avoir contribué à la prise en compte par le conseil municipal de la question des nuisances sanitaires, provenant du taux d'exposition des antennes relais qui en France ne respectent pas les normes européennes.
Répondre à Gauche
DISCOURS DE FRANCOIS HOLLANDE
LORIENT – 27 JUIN 2009
Je retrouve avec plaisir Lorient. Non par goût, l'âge venant, de la nostalgie. Pas d'avantage pour une cure de jouvence.
Certes, il y a toujours des lignes à faire bouger, des réponses à imaginer. Mais c'est l'amitié d'abord qui me conduit de nouveau en Bretagne. C'est à Brest que je fus élu Premier secrétaire, et c'est Jean-Yves qui préside la Région, après une campagne - celle de 2004- qui reste l'une des plus belles que j'eus à conduire. Le contexte a changé, notre niveau de
responsabilité aussi.
La vie nous bouscule. Les temps sont devenus difficiles. La droite domine l'Europe, en France elle est installée jusqu'en 2012. Cela fera 10 ans. La gauche peine à trouver la formule qui lui ferait retrouver la confiance des peuples, au moment même où partout le capitalisme est dans la tourmente et le libéralisme dans l’échec. Nous sommes là pour chercher et offrir des solutions aux Français.
Ils subissent, en effet, la plus grave crise économique de l'après-guerre. Cette crise va être longue. Une année de récession. Deux années de stagnation. En économie, c’est court mais dans la vie de tous les jours, c’est interminable. Cette crise va être profonde. La production industrielle revenue à son niveau d'il y a 15 ans, les déficits vont atteindre des niveaux historiques, le chômage continuera à croître jusqu'en 2012 avec au delà la suppression d'au moins 1 million d'emplois.Cette crise va être injuste. Elle va aggraver la précarité notamment celle des jeunes, contenir les salaires, déprécier les patrimoines des ménages, tout en permettant à ceux qui disposent de liquidités de saisir les opportunités de bonnes affaires.
La France va donc sortir de cette tourmente avec une économie affaiblie, un appareil productif dégradé, un taux d'activité diminué, une dette publique record, des inégalités renforcées. Cela ne se fera pas sans tensions, sans conflits. Et le calme apparent d'aujourd'hui, au moment où la crise souffle avec le plus d'intensité, ne doit pas rassurer. À force, le sentiment de ne plus rien avoir à perdre va coaguler des mécontentements et des peurs jusque-là retenues.
Réfléchir à la France d'après la crise ne dispense pas d'agir dès à présent. Partout des plans de sauvetage des banques ont été, dans la hâte, mis en œuvre par les États comme par les banques centrales, non sans résultats. Partout des plans de relance ont été décidés. Leur ampleur, leur contenu comme leur intensité varient selon les pays. Ils finiront par produire leurs effets. Mais nous connaissons leurs limites : défaut de coordination dans le temps comme dans l'espace, protectionnisme déguisé, lenteur dans leur exécution, impact considérable sur les comptes publics... au point d'entraver pour longtemps la liberté de manœuvre des États.
Que faire de plus pour accélérer la reprise ?
• Baisser les taux d'intérêt : ils sont à des niveaux historiquement bas.
• Annoncer un programme de grands travaux : l'Europe pourrait le faire. Elle s'y refuse. Et une telle politique exige du temps. Il n'y en a plus.
• Ajouter de la dette publique par un grand emprunt pour frapper les esprits et donner le nom d’un président à la postérité : l'opération de communication est à double tranchant. Elle mobilise l'épargne de précaution, mais cache d'un voile transparent le gouffre du déficit.
Alors, que reste-t-il à faire d'efficace et de sérieux ?
Revenons à l’origine de la crise. Ce sont les errements du système financier qui ont conduit les banques à rationner les prêts aux particuliers comme aux entreprises. D'où l'effondrement du marché immobilier le repli de l'investissement. Avec ses conséquences sur la croissance, l'emploi et le pouvoir d'achat.
Alors, pour accélérer la reprise, il convient donc de réalimenter le crédit, réorganiser et réguler les marchés financiers. Bref, restaurer la confiance en mobilisant l’épargne en faveur de l’investissement. Et c'est là que je veux revenir sur l'emprunt. En période de crise, le taux d'épargne s'élève mécaniquement, la crainte du futur alimentant la prudence. Et, dans le même temps, les entreprises ont plus de mal à se financer auprès des banques ou des marchés. Aussi, ce n'est pas d'un emprunt d’Etat dont l'économie a besoin - et j'allais dire quelles que soient les dépenses qu'il servira à couvrir - mais d'une épargne affectée à l'investissement productif. La bonne procédure n'est pas de créer une dette publique supplémentaire.
La bonne idée serait donc de lancer un emprunt garanti par l’Etat et dont le produit servirait à financer à long terme et à faible coût les projets d’investissement des entreprises. Ce serait plus efficace, plus rapide, plus structurel et sans conséquences sur les finances publiques. Quant à l'accompagnement social, il devient une nécessité économique puisque seul le maintien de la consommation permet de soutenir encore l'activité. Le risque, c'est une chute provoquée par la montée du chômage.
Aussi, faut-il pour une durée d'un an considérer le contrat de transition professionnelle comme le statut de tout licencié économique et couvrir cette charge par la suppression des exonérations de cotisations sociales sur les heures supplémentaires. La pensée de crise se traduit souvent la crise de la pensée. Les libéraux sont devenus des régulateurs; les contempteurs du modèle français ses plus zélés adorateurs. Les orthodoxes du marché parfait, les promoteurs d'un État prodige.
Ces conversions ne doivent pas faire illusion. C'est l'État d'urgence qui a suscité l'urgence de l'État. Quand le capitalisme financier n'a plus d'argent, rien de mieux que l'État comme prêteur en dernier ressort. Il n'y a là aucun acte de contrition. Pas davantage la découverte de la sagesse ou l'accès à une ascèse précieuse. C'est le principe de nécessité qui a fait loi. Et si, en haut lieu, on affirme que rien ne sera plus comme avant, en fait tout change pour que rien ne change.
Les socialistes sont interpellés par le choc. Oui, ils peuvent se flatter d'avoir été les premiers à mettre en garde le monde sur les risques liés à la libéralisation des marchés, au retrait de l'Etat, aux privatisations et aux déréglementations. Mais ils sont regardés comme les ayant toléré quand ils ne les ont pas accompagnés.
Aussi, la défaite du 7 juin aux élections européennes n'est-elle pas si paradoxale qu'il y paraît. Je rappelle que dans 16 des 27 pays européens, la social-démocratie a subi des défaites (hors Grèce et Malte), notamment en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Italie et en France, là où précisément les modèles étaient les plus divers : social-démocrate,travailliste, démocratie et socialiste.
Je vois trois raisons dans ces déconvenues :
1/ - Une rigidité conceptuelle. Qu’elle soit moderne ou traditionnelle, elle reste figée sur un modèle qui est celui né dans l’après-guerre sous forme de droits, de garanties, de prestations... Et la mondialisation qu’elle a acceptée courageusement l’a mise en permanence sur la défensive, faute d’avoir su l’organiser et la dominer. Aussi, donne-t-elle toujours l’impression de s’excuser. Soit d’être trop peureuse face à la mutation économique. Soit d’être trop poreuse face à la prétention des marchés… Bref, elle donne le sentiment d’être toujours en retard par rapport à l’accélération du monde alors que ses principes n’ont rien perdu de leur actualité.
2/- Une incapacité à formuler une doctrine commune. Au-delà des spécificités nationales, le socialisme peine à s’identifier à des références, des exemples, voire un modèle. Les sociaux-démocrates, qui avaient été les premiers à concevoir les politiques de développement durable au milieu des années 90, ont manqué de volonté pour les traduire aussi bien dans leur pensée que dans leurs actes. Et n’en ont pas fait un renouvellement de leur doctrine. Les droites n’ont pas cette difficulté : elles s’adaptent. Elles sont idéologiques, puisqu’elles se confondent avec le réel. Leur idéologie, c’est le système lui-même regardé comme inéluctable, irréversible, immuable.
3/- L’effacement du projet européen. L’Europe n’était pas une idée des socialistes. Mais, les socialistes l’avaient investie d’une mission presque mystique : unir les peuples autour de valeurs communes et conférer à leur union une force, capable de porter des politiques communautaires conjuguant production et protection. L’élargissement conjugué à la mondialisation ont ramené cette ambition à un marché dans un espace démocratique. C’est déjà beaucoup, mais ce n’est plus le projet fédérateur que les socialistes avaient porté. D’où le désenchantement des catégories populaires chaque fois qu’elles sont consultées sur le sujet.
Les droites peuvent vivre sans l’idéal européen. Elles ont obtenu de l’Europe ce qu’elles voulaient, y compris le droit au chauvinisme. Les gauches en revanche se retrouvent à porter des objectifs pour l’Europe que, désormais, sa taille, son organisation et son budget n’autorisent plus. D’où l’urgence de relancer le projet européen.
Ainsi, la crise a donné à la droite une avance momentanée. Son avantage réside dans sa plasticité. Elle n’est sévère qu’à l’égard des plus faibles. Elle s’autorise donc tout : le crédit, les déficits et même le laxisme. Pour elle, l’Etat n’est pas un maître, mais un valet. Quant à la politique, elle est une affaire de chefs. La démocratie, une affaire d’opinion et les institutions, une affaire personnelle.
L’enjeu, ce sont les classes populaires. Convenons qu’elles se sont détachées de la gauche, avec le sentiment de n’être plus représentées, défendues et tout simplement comprises dans leurs difficultés. Elles cherchent l’adversaire et le trouvent, hélas, tout près d’elles. Elles sont passées de la lutte des classes à la lutte contre le déclassement. Elles se sont mises de côté.
Cependant, ces catégories comme l’ensemble de la population attendent des solutions. Elles demandent à la politique de leur offrir un avenir mais avec une exigence de crédibilité à la mesure de la lucidité qui est désormais la leur.
Aussi, la question fondamentale posée à la gauche est-elle de sa pensée. Il n’y a pas de conquête politique durable si elle n’est pas précédée d’une victoire dans la bataille des idées. Certes, les conditions de l’affrontement ont changé. La société s’est apaisée. Des sujets de conflits font peu à peu consensus. Je ne m’en plains pas. Mais, il y a aussi la tentative d’effacer les clivages, de voler les mots, de capter les noms, de dérober l’Histoire, de jouer avec les émotions pour rendre tout équivalent, pour unifier les problèmes et donc les solutions, pour étouffer le conflit, saturer l’espace médiatique, personnaliser la politique dans un dialogue singulier entre le «moi» du bas et le «moi» du haut. Pour faire de la Présidence un job. Et de la démocratie une assemblée de consommateurs ou d’actionnaires.
Il faut donc revenir au cœur même de la Démocratie, c’est-à-dire à l’affirmation des choix et à la délibération pour les départager. Le mouvement des idées obéit à des cycles étroitement liés à ceux de l’économie mondiale.
La social-démocratie a été la grande idéologie de l’après-guerre : elle avait trouvé la recette dans les pays développés pour conjuguer croissance forte, État providence et démocratisation de l’Education. Ce furent les 30 glorieuses dont une part du succès s’était construite sur la destruction des richesses du reste du monde. Celle-ci se vengera avec l’explosion du prix des matières premières, et notamment du pétrole.
Le libéralisme, au début des années 80, prit le relais. L’effondrement du communisme à l’Est et l’épuisement du pacte de solidarité à l’Ouest lui offrirent le monde entier comme terrain d’expérience. Les marchés furent investis, non seulement du pouvoir de fixer la valeur de tout, mais de donner une légitimité à l’argent, une vertu au-dessus même de la démocratie. Ce furent les 30 flambeuses qui brûlèrent toutes les digues, tous les interdits qui, jusque-là, avaient codifié la bienséance économique, sociale et politique : ces années viennent de s’achever dans le fracas de la spéculation qui a consisté à donner une valeur à ce qui n’en avait plus.
La crise ouvre un nouveau temps, un nouveau cycle, où tout doit être rebattu, repensé, revisité.
C’est un défi pour la Gauche ; Son renouvellement indispensable passe par la fidélité à son propre récit. Le socialisme se confond avec l’accomplissement des valeurs de la République. Il ouvre donc 2 perspectives fondamentales : le progrès et l’égalité. C’est-à-dire la capacité de faire avancer l’humanité et le droit égal donné à chacun de réussir sa vie. Il s’inscrit dans un double mouvement : l’émancipation personnelle et le projet collectif.
L’individualisation et le dépassement. La reconnaissance de la primauté de l’intérêt général comme un moyen donné à chacun de réaliser librement son destin. À la condition de définir le progrès et l’égalité par rapport aux enjeux d’aujourd’hui.
Le progrès n’est plus la production et la consommation, mesuré par des agrégats économiques dont on sait qu’il n’intègre pas les prélèvements sur la nature dont on sait qu’ils ne se traduisent qu’imparfaitement dans la réalité. Il ne se confond pas non plus avec l’accumulation de technologies qui peuvent se traduire par des aliénations ou des asservissements.
Le progrès aujourd’hui c’est de vivre mieux, plus longtemps et avec toutes les connaissances possibles. Sans altérer les possibilités des générations successives. C’est toute la logique des nouveaux indicateurs. Le progrès est donc le contrat que la Nation passe avec elle-même pour assurer un développement futur.
L’égalité, elle est toujours l’étoile polaire de la gauche –comme le disait le philosophe italien Babbio- mais elle ne peut être réduite à une distribution dont le coût est jugé exorbitant pour ses participants et insuffisant pour ses bénéficiaires. Pas davantage à une égalité des chances dont on sait qu’elles ne sont pas les mêmes au départ et encore moins à l’arrivée. Elle ne peut se confondre avec la lutte contre les discriminations qui n’en sont que l’une des illustrations. Là encore, c’est bien plus que par des services publics, des prestations, une fiscalité –par ailleurs nécessaire - que l’objectif doit être atteint, mais par l’accompagnement de chacun dans sa trajectoire personnelle en lui offrant toute sa vie durant les moyens de sa promotion, de sa participation au projet collectif, de son émancipation (Amartya Sen). C’est l’égalité des capacités ou l’égalité devant l’avenir.
C’est ce double message qui fonde pour les socialistes la Nation. Face à un marché qui segmente, disloque et met en concurrence, la Nation, la République unifie sans uniformiser. Elle plonge dans les mémoires multiples et parfois blessées pour créer un lien, une cohésion, une harmonie, une communauté de réussite.
Je vous propose de retrouver un projet collectif.
C’est avec cette double clé, le progrès et l’égalité, que nous pourrons reprendre en compte le collectif, sans froisser l’aspiration individuelle. C’est ce qui donne de la force au contrat que chaque génération ajoute – comme disait Léon Bourgeois- au legs de l’âge précédent. La crise fournit aujourd’hui l’occasion d’une nouvelle étape de notre construction nationale. Comme il a été possible de nouer un contrat de l’après-guerre, nous devons écrire avec nos concitoyens le contrat de l’après crise. Il doit promouvoir la Démocratie de la réussite. C’est-à-dire une réussite commune et partagée. Et dont la Démocratie est à la fois l’instrument et l’aboutissement.
Je propose trois choix fondamentaux
1/- Le choix de la compétitivité.
La France sortira de la crise plus affaiblie qu’elle n’y était entrée. Le risque est de conjuguer sur une longue période chômage élevé, déséquilibre commercial extérieur et salaires bas. La solution, c’est de réarmer la production française : politique industrielle, croissance verte, nouvelles technologies, effort de recherche.
2/- Le choix de la solidarité.
L’après crise sera le temps de l’ajustement budgétaire et fiscal, compte tenu des déficits publics gigantesques qui sont en train de se creuser. La gauche devra faire preuve de courage pour faire ses arbitrages entre les dépenses et les impôts. Oui, je le dis, il faudra relever certains prélèvements, reprendre des avantages accordés aux plus favorisés et alléger la charge qui pèse sur ceux qui contribuent à la croissance. L’allongement de la vie obligera, quoi qu’il arrive, à une autre organisation du temps de travail et à un élargissement du financement.
3/ - Le choix de l’écologie.
L’après crise verra le retour d’un pétrole cher. La conférence de Copenhague en décembre prochain renforcera les obligations en matière de lutte contre le réchauffement. C’est donc toute notre organisation de transports, notre habitat et nos modes de consommation qui devront être revus. Il faudra être prêt à aller beaucoup plus loin dans la diversification énergétique et dans le recyclage des déchets.
Nous avons 10 ans pour changer et nous devrons consacrer 1% au moins du PIB. En 2012, c’est sur la réponse à ces choix qui décideront nos concitoyens.
Ne faisons pas mine de les découvrir à la veille de l’échéance. Ne construisons pas un projet pour aujourd’hui avec les mots d’hier, mais pour demain avec la vision d’après-demain. Ne faisons pas comme si nous pourrons disposer de recettes exceptionnelles : la croissance sera faible et la droite aura vidé toutes les caisses dont elle aura eu la garde. Elles ne sont plus vides. Elles sont sans fond. Ne laissons pas penser que nous pourrons tout faire, tout additionner, tout conjuguer.
Notre électorat sait que ce n’est pas vrai. Il n’attend pas de nous un catalogue d’intentions, une énumération de mesures, un programme, fut-il bâti à partir d’une démarche participative. Mais de propositions limitées en nombre mais pas en intensité.
Le contrat de l’après crise doit aller à l’essentiel. Il porte une perspective : la démocratie de la réussite. Il s’articule autour de 3 pactes avec le pays.
1. Un pacte productif : La France a besoin de ses entreprises. C’est la condition de sa place dans la mondialisation et de la résorption du chômage. Mais, les entreprises ont besoin de leurs salariés. C’est la condition de leur productivité et de leurs performances. Voilà le pacte : l’Etat s’engage à faciliter l’accès au crédit, en fixant des obligations aux banques, en créant des produits d’épargne affectés à l’investissement productif, en garantissant certains prêts. L’Etat favorise, en liaison avec les Régions, des pôles de compétitivité avec une défiscalisation de l’effort de recherche des entreprises qui s’y consacrent. L’Etat abaisse significativement l’impôt sur les sociétés sur les bénéfices réinvestis et relève le taux pour les profits distribués. En contrepartie, les entreprises négocient avec les partenaires sociaux des accords sur la formation, la rémunération et l’emploi des jeunes comme des seniors. L’ensemble des allègements de cotisations sociales (30 milliards d’euros) est revu par rapport à ces trois objectifs. Aujourd’hui, un pacte productif est un pacte écologique. C’est une nouvelle croissance qu’il faut faire émerger avec la diversification énergétique, l’isolation, les nouveaux modes de transport. La Caisse des dépôts doit être refondée pour devenir la caisse du développement durable et tous ses produits d’épargne dédiés au financement écologique. La France dispose –encore pour combien de temps- de la présence d’un secteur public (EDF, AREVA, SNCF, Poste…). Il doit être mis au service de cette mutation.
2. Un pacte éducatif : Notre pays n’a d’avenir que s’il fait le choix de faire de la France l’une des nations la mieux formée du monde. Or, nous souffrons de deux handicaps :
a. La France compte un taux élevé de jeunes en échec (20% sortent sans diplôme).
b. Elle ne parvient pas à fournir des élites assez nombreuses pour répondre aux besoins de la nouvelle donne économique. Elle n’est ni juste ni efficace. Ce n’est pas qu’une affaire de moyens. C’est aussi son organisation et son système d’orientation et sa tolérance aux inégalités. Plusieurs propositions :
• La généralisation du service public de la petite enfance et des maternelles ;
• La fourniture d’un tronc commun élevé ;
• La valorisation de l’enseignement technique et professionnel et la priorité aux formations industrielles ;
• L’hybridation entre grandes écoles et universités ;
• L’orientation des étudiants
• L’attribution d’un chèque éducation sur toute la vie à tous ceux qui sont sortis précocement de la formation initiale.
3. Un pacte redistributif.
Il n’est déjà pas aisé de réduire les inégalités en période de prospérité. C’est encore plus difficile en temps de crise mais encore plus nécessaire. Face à l’ampleur des déficits la question qui se pose immanquablement est de savoir qui va payer. Ainsi le compromis à trouver se situe au point d’équilibre entre la solidarité à assurer à tous et le niveau de prélèvement qu’une société accepte de consentir. C’est pour moi tout l’enjeu de la réforme fiscale. Elle doit être aussi simple que juste et efficace. Elle doit aller au delà de la remise en cause des réduction d’impôt accordées aux plus favorisé depuis 7 ans et être fondée sur trois principes :
- Tous les revenus doivent être soumis au prélèvement progressif national, local et social. L’indivisibilité du revenu va de pair avec la progressivité de l’impôt.
- La richesse produite par les entreprises doit être l’assiette de leur contribution, la base aussi bien pour le financement local que pour le financement social.
- Le prélèvement sur la nature doit faire l’objet d’une compensation fiscale. L’impôt doit aussi servir à prévenir les dommages causés par les activités humines ; il doit à ce titre contribuer à maintenir intact le patrimoine dont nous héritons ; c’est le sens de la taxe Carbonne aussi bien sur la consommation des ménages et des entreprises qui polluent le plus.
Mais la redistribution, ce n’est pas seulement l’impôt. C’est aussi la répartition des revenus. En 20 ans, les écarts se sont creusés considérablement les hautes rémunérations se sont envolées quand le salaire moyen a stagné. Une société a le devoir de déterminer une hiérarchie soutenable entre les dirigeants et les salariés les plus modestes. De même, les stock-options, retraites chapeau et les golden parachutes devraient être purement et simplement supprimés.
Le contrat de l’après crise vise donc a réarmer l’économie française, à la spécialiser sur la valorisation du capital humain et
la préservation du capital naturel. C’est autour de ce contrat que doit d’abord se rassembler la Gauche.
L’élection présidentielle de 2007 a crée une nouvelle donne politique. La droite est désormais unie dans un seul parti dominé, écrasé par un seul chef et sans concurrence sérieuse sur ses flancs ; l’extrême droite a été absorbée – au moins son électorat et le centre - nouveau en tous cas – satellisé. L’ancien cherchant encore son identité ; le pouvoir est minoritaire mais il est en position de force. En face, les oppositions sans doute majoritaires sont dispersées. Sans moteur, faute d’alliance, sans énergie, faute de projet la pluralité élargit son espace mais lui ôte la crédibilité. Comment faire ?
Evitons les fausses solutions. A la différence de la droite, la gauche n’est pas fongible dans un seul parti. Et le PS pourrait décider de se dépasser – tâche par ailleurs nécessaires – ouvrir largement les bras il n’étreindrait que le vide. De même, le choix d’un candidat commun de la gauche ne peut être un préalable mais éventuellement un aboutissement.
Alors la seule méthode qui vaille consiste à s’adresser à toutes les familles politiques décidées à gouverner avec nous et de travailler à l’élaboration d’une fédération autour d’un projet commun. Cette démarche doit trouver un premier acte dans la préparation des élections régionales. Elle est sans condition sauf l’accord sur les idées. Elle respecte les stratégies autonomes au premier tour même si l’union dès cette étape lui donnerait plus de force. Elle ne préjuge de rien sur les candidatures aux prochains scrutins. Elle crée une clarté sur l’offre politique présentée aux citoyens et une cohérence sur l’équipe supposée la porter. Elle fédère la gauche autour d’un projet en laissant à chacune de ses familles son identité. Mais deux choses sont sures :
- Un PS faible et c’est l’ensemble de la gauche qui souffre. Les élections européennes en ont été la démonstration. C’est le médiocre score du PS qui a donné à Nicolas Sarkozy sa victoire, quand bien même les Verts pavoisaient et le reste de la gauche était d’une compétition résiduelle.
- Un PS seul et c’est l’alternance qui se trouve empêchée car le changement a besoin d’une assise solide et d’un assentiment large de la population. Les bases électorales du PS sont à la fois étroites et fragiles. Il a besoin d’alliés à condition qu’il partage la même exigence de crédibilité et de responsabilité. Les défis sont trop lourds, les contraintes trop fortes pour ne pas concevoir un rassemblement large et cohérent. Il ne se construit pas en quelques jours et encore moins entre les deux tours d’une élection décisive. Il réclame une sincérité dans les engagements et un dépassement dans les formes et les pensées politiques. La Gauche y est elle prête ? A nous de la convaincre. C’est au PS de le faire.
site internet : www.repondreagauche.fr
26 juin 2009
LA CRISE : SOLUTION INTERDITE de PIERRE LARROUTUROU
C'est l'histoire d'un scandale. C'est l'histoire d'une crise que l'on aurait pu éviter si nos dirigeants avaient écouté les économistes qui, comme Pierre Larrouturou, tiraient la sonnette d'alarme. C'est l'histoire d'un monde qui s'enfonce dans le chaos, parce que ses dirigeants semblent incapables de comprendre les causes profondes de la crise et sont incapables de s'attaquer aux racines du mal. De façon claire et argumentée, Pierre Larrouturou rend accessible à tous une analyse nouvelle des déséquilibres causés par 30 ans de politiques néo-libérales. Mais il ne se contente pas de dénoncer les erreurs passées: il explique de façon très concrète comment, en agissant avec force sur sept leviers, on peut sortir de la crise. On peut créer 2 millions d'emplois et on ne le fait pas.
Voilà le scandale.
En refermant le livre, chacun se dira qu'il est, à nouveau possible d'espérer. Mais il y a urgence à débattre. Urgence à agir.
Biographie de l'auteur
Né 1964, Pierre Larrouturou est ingénieur agronome et économiste. Ancien délégué national chargé de l'Europe au PS, il s'est fait connaître pour ses propositions en faveur de la semaine de 4 jours et milite pour l'adoption d'un vrai Traité de l'Europe sociale.
Il vient avec l'appui de plus 1300 militants du PS de lancer une action pour qu'au PS s'engage dans les meilleurs délais un débat ayant pour base le contenu de ce livre. FOLIO DU BLANC-MESNIL soutien cette initiative.
Editeur: DESCLEE de BROUWER.
Disponible actuellement à la Fnac d'Aulnay Parinor
25 juin 2009
Soirée débat : Pesticides : quel impact sur notre alimentation et notre santé ?
INVITATION
Ségolène Royal vous invite
à l'Université populaire participative
Pesticides : quel impact sur notre alimentation et notre santé ?
Un débat aura lieu après la projection du documentaire
Nos enfants nous accuseront de Jean-Paul Jaud
Le lundi 6 juillet 2009
de 20h30 à 22h30
au Théâtre Dejazet
41, boulevard du Temple - 75003 Paris - M° République
Vous êtes toujours plus nombreux à participer à nos universités populaires participatives et je tiens à vous en remercier chaleureusement. Ce succès, c'est d'abord le vôtre.
Il témoigne d'une inépuisable soif de comprendre les enjeux du monde et de notre ardente volonté d'espérer. Grâce à nos universités, nous jetons pas à pas les fondations d'un nouveau modèle de société, plus lucide, plus juste, plus fraternel.
Vous avez été nombreux à nous demander l'organisation d'une nouvelle université, avant le repos bien mérité des vacances.
J'ai donc le plaisir de vous inviter à une soirée de réflexion exceptionnelle, autour de l'impact des pesticides sur notre alimentation et notre santé.
Le documentaire Nos enfants nous accuseront, de Jean-Paul Jaud, sera diffusé en première partie, à 20h30.
Vous pouvez regarder la bande-annonce en cliquant sur ce lien http://nosenfantsnousaccuseront-lefilm.com/bande-annonce.html
La projection sera suivie d'un débat avec des spécialistes de ces questions.
Rejoignez-vous nombreux pour réfléchir à ce sujet fondamental pour notre avenir.
Amitiés,
Ségolène Royal
24 juin 2009
APRES LE DRAME AU BLANC-MESNIL : DEFINIR ENSEMBLE UNE POLITIQUE DE GAUCHE A HAUTEUR DES ENJEUX.
Dès dimanche soir,face à l'ampleur du drame qui vient de frapper notre ville,le groupe Le Blanc-Mesnil C'est Vous, Le Blanc-Mesnil Pour Vous demandait à Monsieur le Maire, une réunion de l'ensemble des présidents des groupes de gauche représentés au Conseil Municipal.
Au moment ou nous mettons en ligne cet article, nous n'avons toujours pas reçu de réponse à notre demande.
Que demandions-nous?
1°-exiger l'affectation immédiate des 40 fonctionnaires de la police nationale qui nous ont été enlevé en septembre 2002.
2°-dépasser les oppositions et décider de créer une police municipale, souhaitée par 57% des suffrages exprimés en mars 2008.
3°-avoir une très sérieuse explication avec les bailleurs sur leur responsabilité particulière dans la situation.
4°-remettre à plat la politique en direction de la jeunesse et des Maisons Pour Tous.
A ce jour et comme pendant les évènements d'octobre/novembre 2005, les élus,tous les élus des blanc-mesnilois n'ont pas été réunis, pas consultés, alors que la gravité de la crise en porte l'exigence. Certes, nous allons avoir un conseil municipal le 25 juin 2005, mais il est à craindre une utilisation stricte de son règlement intérieur, pour éviter le débat et la construction commune de décisions à hauteur des enjeux.
Cette appréciation découle de la lecture attentive du communiqué du groupe communiste du 23 juin 2009 à 18h11. Nous constatons d'abord, et sans surprise que le élus PS, Verts, LO de la majorité n'ont pas été réunis et fort probablement qu'ils seront appelés à approuver jeudi soir, au Bureau Municipal, des choix élaborés sans eux. En effet le maire et lui seul a travaillé avec les services municipaux, faisant fi ainsi des apports que la diversité politique de sa majorité aurait pu lui apporter.
Par ailleurs, cette réunion du lundi 22 juin 2009 à 14h, en dit long sur la réalité de la politique de cette équipe, puisque le communiqué parle de prendre « les premières mesures ».
Comment « des premières mesures », pourtant ici chacun connait l'ampleur des problèmes et plus particulièrement ceux concernant la sécurité des personnes. Faut-il rappeler la première visite du maire en juin 2008 square Kotas, les agressions en mars 2009 contre des enseignants, les vols à l'arracher quasi-systématiques à la sortie de la poste des Tilleuls évoqués en avril 2009 au comité de ville et de voisinage du quartier, sans oublier le climat délétère de ces dernières semaines dans ce même quartier.
Depuis un an nous percevions tous les signaux d'alarme, il est regrettable qu'il faille un drame de ce niveau pour prendre « les premières mesures ».
Comme en 2005, la municipalité ne veut pas rassembler, pour construire une véritable politique de gauche. Elle se replie sur son noyau dur, pour faire le dos rond, en espérant que la vague se retire et que l'oubli fasse le reste. Malheureusement l'immobilisme politique, le refus d'entendre le message des blanc-mesnilois qui, scrutin après scrutin, expriment avec raison leur ras le bol d'une gestion qui tourne le dos à leur aspiration profonde de progrès, de solidarité, de sécurité, font le lit de la droite qui pourtant porte une très lourde responsabilité dans la situation en cours.
Pour changer la vie, les conditions de vie ici, il faut faire vivre la démocratie, la démocratie ce n'est pas se faire valider tous les 6 ans, la démocratie c'est surtout la capacité d'entendre et de rendre acteur les citoyens, de respecter les élus qui sont la représentation du suffrage universel, c'est d'être capable de remettre en cause ses pratiques lorsqu'à l'évidence elles apparaissent aller à l'encontre de l'intérêt général.
En 2004, les communistes n'ont pas entendu le message des urnes lors des régionales, ni les propositions exprimées par le groupe socialiste, en 2005 les leçons locales des évènements n'ont pas été tirées. En ce moment il semble bien qu'une nouvelle fois les éléments constitutifs et les conséquences du drame du 21 juin 2009 ne conduiront pas à la recherche et à la mise en œuvre d'une politique novatrice utile pour l'avenir de tous.
En clair, les messages de gauche ne sont pas entendus ou dans le meilleur des cas, l'on récupère les mots et les concepts pour les vider de leur sens. Cette politique de l'apparence nous conduit dans le mur et ce sont les 52 000 blanc-mesnilois qui en paieront le prix lourd.
Parce que nous souhaitons avant toute chose changer la vie des blanc-mesnilois, nous confirmons ici notre demande de réunir dans l'urgence et avant le conseil municipal les présidents des groupes de gauche. Nous demandons aussi et avant la fin du mois de juin 2009 la réunion dans leur quartier respectif de l'ensemble des comités de ville et de voisinage, pour écouter et entendre nos concitoyens pour connaître leurs avis sur le drame qui vient de frapper notre ville et leurs propositions pour changer la donne.
22 juin 2009
LE BLANC-MESNIL : UN DRAME PREVISIBLE
Nous ne sommes pas surpris, par le drame et la gravité de celui-ci. Tout cela arrive après une lente et continue montée de la violence, ces dernières semaines, dans le quartier nord du Blanc-Mesnil. Agressions, vols à l'arracher contre des enseignants fin mars, racket quasi systématique devant la poste, tensions avec les forces de l'ordre la semaine passée, sans omettre quelques coups de feu contre des bâtiments.
Rien ne justifie la violence, les attaques contre les personnes et toutes les formes de délinquance, dont l'économie souterraine. La justice doit passer. Le premier des droits de l'homme et du citoyen, est le droit à la sécurité. Celui-ci est une des valeurs de la République, incontournable pour le bien vivre ensemble.*
Il n'en reste pas moins évident que l'environnement économique et social ne peut pas être extrait de cette situation intolérable et inacceptable.
Les éléments constitutifs du déclenchement des événements d'octobre/novembre 2005 restent et aucune évolution de fond n'est à l'œuvre pour modifier les conditions de vie dans ces quartiers. Pire les inégalités depuis cette date se sont aggravées. 1 millions de citoyens supplémentaires vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Ils sont aujourd'hui 8 millions à vivre avec moins de 850 € par mois et 10% d'entre-eux sont salariés.
Ces cités, ce quartier, concentrent cette population. C'est dans ces quartiers qu'ICADE spécule en vendant son patrimoine à des bailleurs dont les objectifs ne semblent pas être l'amélioration des conditions de vie et de logements des populations concernées. C'est la poste qui méprise les usagers, le manque de créches collectives, la fermeture d'un centre de santé de la Croix Rouge sur ce territoire de la ville qui accueille plus de 20% de la population blanc-mesniloise.
Voilà le résultat d'une politique qui, au nom de l'argent-roi, sacrifie et déstabilise les services publics et tout particulièrement l'école de la République et réduit les effectifs de police.
Notre président depuis 2002 est comptable de la sécurité, depuis cette date pas moins de 23 lois sur cette question dont aucune n'a eu droit aux décrets d'application et aux moyens nécessaires à leur mise en œuvre et il paraît qu'une nouvelle doit voir le jour. Débauche de communication et seulement cela.
Qu'elle est la réalité sur notre commune: septembre 2002 suppression de 40 postes de fonctionnaires de la police nationale et de la police de proximité. Sous la gauche notre ville comptait 1 policier pour 335 habitants, aujourd'hui avec Sarkozy 1 policier pour 472 habitants, sans commentaire.
Pour être précis le drame de cette fin de semaine s'est déroulé à moins de 100 mètres d'une antenne de police de proximité qui a été fermée en septembre 2002 par Sarkozy. Il y a les discours et il y a les faits en matière de sécurité, ici, les faits soulignent l'échec de la politique de l'actuel président de la République qui s'aggrave avec les conséquences de sa politique d'accroissement des inégalités. Comme vous le voyez la mort, les violences, le développement des bandes, de la délinquance y compris de la délinquance financière ne doivent rien au hasard. Il y a bien corrélation entre choix politiques et dégradations de la réalité vécue et subie par les populations les plus précarisées.
Si à l'évidence, chacun est responsable de son libre arbitre, certains, parce que la société, l'État ont fait un type de choix, ceux-ci entrainent certain dans une manière de vivre régressive et ou pour exister, ou être reconnu, la violence apparaît être la seule issue. Dans cette situation comment ne pas faire notre cette citation de Victor Hugo dans les Misérables : « l'homme a un tyran l'ignorance (...)Ouvrez une école et vous fermerez une prison ». Aujourd'hui la droite supprime des Rased et des postes d'enseignants.
En un mot la question de la violence dans les banlieues est bien une question politique, car sachez bien que cette situation blanc-mesniloise est malheureusement commune à beaucoup d'autres villes.
A l'évidence nous ne pouvons pas rester uniquement dans une posture de dénonciation il nous faut proposer. Depuis 30 ans la part des salaires dans le PIB régresse pour améliorer la part des profits et des dividendes d'une minorité, qui non contente de spéculer, développe des déficits qui ont conduit à une crise économique et sociale sans précédant.
Donc, premier objectif aujourd'hui, pour améliorer les conditions de vie dans les quartiers populaires c'est l'augmentation des salaires et du pouvoir d'achat. Le second passe par la défense et le développement de l'école de la République. Le troisième passe par l'amélioration de l'accès au logement. Le quatrième exige l'affectation immédiate de 40 fonctionnaires de police au commissariat de notre commune dont-il est privé depuis septembre 2002.
Mais il est tout aussi nécessaire que notre municipalité prenne des mesures à hauteur de la situation actuelle. Les blanc-mesnilois ont, à 57% des suffrages exprimés, en mars 2008, exigé la mise en place d'une police municipale. La municipalité doit répondre et le plus rapidement possible à cette exigence du suffrage universel.
En mars 2008, la liste de gauche Le Blanc-Mesnil C'est Vous, Le Blanc-Mesnil Pour Vous, faisait une série de propositions capables de modifier durablement et positivement la situation et imposer un rapport de force favorable à la politique de la droite locale et nationale.
« Mettre en place une aide au financement du permis de conduire en échanges d'heures de solidarité effectuées auprès du service municipal ou d'une association.
Mettre en place un « city hall » aux Tilleuls, lieu de convivialité, d'échange, de rencontres, de loisirs ouvert de 12h à 1 h du matin animé par les éducateurs spécialisés, en partenariat avec le GRAJAR.
Créer un conseil local des juniors pour les 11-16 ans
Redéfinir les missions et les objectifs du Conseil Local des Jeunes en partenariat avec ses membres élus.
Améliorer le contrat municipal étudiant.
Favoriser les liens inter-générationnels.
Instituer une cérémonie symbolique pour les jeunes qui accède à la majorité afin qu'ils prennent conscience de leurs droits et leurs devoirs de citoyens.
Accompagner les jeunes dans leurs démarches administratives pour accéder à l'autonomie ( logement, santé, emploi...)
Revoir la gestion des personnels d'animation, leur offrir des formations appropriées en vue de leur professionnalisation. Construire un vrai projet de service.
Créer un « pass junior » pour faciliter l'accès gratuit aux loisirs, aux sports et à la culture en échange d'heures solidarité ou d'entraide effectuées auprès du service municipal ou d'une association. Ce projet s'inscrit dans une démarche citoyenne.
Favoriser la création d'associations d'anciens élèves des lycées et des collèges du Blanc-Mesnil.
Créer une police municipale
Généraliser les correspondants de nuit en redéfinissant les missions et mettant en place des formations adaptées.
Développer les actions de préventions en augmentant le nombre d'éducateurs spécialisés dans les quartiers. »
Il est urgent que la municipalité à gauche prenne l'ampleur de la gravité de la situation, pour changer effectivement les conditions de vie des blanc-mesnilois.
Depuis 2 semaines maintenant, sur ce blog, nous appelons à la mise en œuvre d'États Généraux citoyens pour refonder une politique de gauche pour la ville du Blanc- Mesnil. Les résultats des élections européennes en portaient l'exigence, le drame que notre ville vient de subir en confirme la nécessité et l'urgence.
La municipalité à gauche sera-t-elle capable de surmonter ses aprioris idéologiques pour enfin prendre les initiatives nécessaires pour changer la vie dans notre commune.
19 juin 2009
PROPOSITIONS POUR LA REUSSITE SCOLAIRE : POUR REFONDER UNE POLITIQUE DE GAUCHE POUR LA VILLE DU BLANC-MESNIL
La réussite scolaire passe par la réduction des inégalités. 8 millions de citoyens vivent en dessous du seuil de pauvreté, c'est à dire avec moins de 850 € par mois, 10% d'entre-eux sont salariés.
Il ne s'agit pas de constater, une fois de plus, que les enfants pauvres réussissent moins bien que les enfants riches. Il s'agit surtout d'éclairer, s'il y a une relation de cause à effet. Des analyses nous donnent des éléments de réponse : « si l'on prend un enfant pauvre et un enfant riche au hasard, la probabilité que l'enfant pauvre soit en retard en troisième et l'enfant riche à l'heure est 7,5 fois plus élevée que la probabilité inverse. » De même sur les conditions de logement : « si l'on prend un enfant vivant dans un logement surpeuplé et un enfant dans un autre logement, la probabilité que le premier soit en retard en troisième et l'autre à l'heure est 2,6 fois plus élevée que la probabilité inverse. »
Certes, il faut reconstruire l'école de la République, mais toute réforme qui ne s'accompagnerait pas d'une augmentation du pouvoir d'achat, des salaires, d'une amélioration des conditions d'accès, de vie dans les logements, n'atteindrait pas son objectif.
Il n'en reste pas moins urgent de mettre fin à la déstabilisation de l'école de la République. Pour cela il faut : arrêter la suppression des effectifs d'enseignants, renforcer les moyens des RASED, rendre obligatoire la scolarité dès 3 ans pour pérenniser l'école maternelle.
Au niveau municipal, les paroles et les actes doivent être en concordance, nous sommes loin du compte. Le compte administratif 2008 de la ville le souligne. Pour les fournitures scolaires 139 185 € prévus et seulement 133 105,17 € utilisés pour les 6 600 élèves. Pour les dépenses d'investissement sur les 377 décisions reportées 31% concernaient les écoles, 318 575,32 € d'économie soit 12% du montant des reports 2008.
Notre ville consacre 20 € par élève pour les fournitures , Noisy-le Grand 50 €. Nous vous rappelons que notre liste proposait une dotation de 50 € par élève dès la rentrée 08/09 pour atteindre 100 € en 12/13.
Nos réponses sont : augmenter le pouvoir d'achat, les salaires, améliorer les conditions de vie, d'accès au logement, défendre, développer l'école de la République, mettre en œuvre au Blanc-Mesnil une politique de gauche, pour donner aux enseignants les moyens de transmettre les savoirs dans de bonnes conditions et permettre aux enfants de maitriser leur devenir.
Les élections européennes ont été aussi ici un puissant avertissement à toute la gauche. Les blanc-mesnilois ne supportent plus, et ils ont raison, le décalage de plus en plus grand entre les discours et les actes. Il est urgent que se développe des États Généraux citoyens pour refonder une politique de gauche pour la ville du Blanc-Mesnil.
18 juin 2009
A PROPOS DE LA VENTE DU PATRIMOINE D'ICADE : LES CONTRADICTIONS DES ELUS COMMUNISTES.
A propos du combat que développe les députés communistes concernant la vente du patrimoine d'ICADE, il me paraît utile de vous faire connaître un mémoire qui a été écrit par la municipalité communiste du Blanc-Mesnil et voté par la conseillère municipale MG.BUFFET.
« Objet: Garantie d'emprunts concernant l'acquisition de 1139 logements ICADE par la société LOGICIL ( groupe CMH ).
La SA d'HLM LOGICIL, appartenant au groupe CMH, s'est portée acquéreur des 1 139 logements mis en vente par ICADE Patrimoine, situés aux Tilleuls: promesse de vente a été signée le 23 juillet 2008. Ce parc est, de ce fait, amené à être comptabilisé dans les logements sociaux de la commune. L'agrément de conventionnement PLS par l'État devrait intervenir avant la vente prévue au plus tard, début décembre 2008.
......C'est pourquoi, l'agrément PLS permettra de garantir la diversité de l'offre de logements sur ce site, en tenant compte du fait qu'une partie de ce patrimoine est déjà un parc social de fait.......
Au titre de ce futur parc de logements sociaux, la SA d'HLM LOGICIL sollicite une garantie de la Ville à hauteur de 50% des emprunts qui seront contractés auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations afin de réaliser cette opération.......
La SA d'HLM LOGICIL a donné par écrit son accord pour que la ville puisse bénéficier d'un droit de réservation de 20% des logements, soit 227 logements( bien que la garantie correspondante ait été réduite à 50% des montants empruntés pour l'opération)......
En conséquence, il vous est proposé:
D'ACCORDER la garantie communale d'emprunt sollicitée par la SA d'HLM LOGICIL..... »
Au travers de cette proposition de décision, la municipalité communiste et MG BUFFET permettaient à ICADE Patrimoine de mettre en œuvre ses choix stratégiques. Curieusement aujourd'hui, les élus communistes, dont MG BUFFET, mènent un combat contre un choix qu'ils ont permis en garantissant les emprunts favorisant cette opération.
Faire tout et son contraire est devenu la ligne de conduite des élus communistes. Au plan local pour assurer la poursuite de leur politique clientèliste, ils appuient les décisions ultra-libérales de la politique de la ministre C.Boutin et à l'Assemblée Nationale, pour tenter de nous faire croire qu'ils sont à Gauche, ils disent le contraire de ce qu'ils font localement.
Pour masquer leurs turpitudes politiciennes, ils manipulent les locataires des Tilleuls. Avant les conditions de vie et de logement étaient très difficiles dans ce quartier, depuis le changement de bailleur la situation s'est très largement dégradée. Maintenant, pour avoir des interlocuteurs, il faut passer par des plates- formes d'appel, résultat, il faut des semaines pour obtenir des réparations de plomberie ou pour avoir accès de nouveau au réseau de la télévision.
A tout cela s'ajoute une dégradation de l'hygiène et de la sécurité.
Les élections européennes au Blanc-Mesnil ont été un avertissement puissant pour toute la gauche. Les blanc-mesnilois, en effet, supportent de moins en moins le décalage entre les discours et les actes et ils ont raison. Le temps est venu que se développe des États Généraux citoyens , pour refonder une politique de gauche pour la ville du Blanc-Mesnil.
M. Delanoë appelle le PS à "un sursaut"
Le maire (PS) de Paris, Bertrand Delanoë assure, dans un entretien au "Monde", qu'il n'a "fait de croix sur rien du tout" et, tout en mettant en garde contre des dérives qui "rappellent celles de la SFIO", il appelle le Parti socialiste à "un sursaut" après la sévère défaite enregistrée aux élections européennes (16,48 % des voix).
Les raisons de l'échec électoral. M. Delanoë estime que "les électeurs n’ont plus le sentiment d’être notre principale préoccupation". "Ce processus lourd rappelle les dérives de la SFIO : des phénomènes de clientélisme en interne, des votes pas forcément clairs, une paresse intellectuelle", déclare-t-il. "Aujourd'hui, ce qui domine dans l'opinion et altère tout autre message, c'est que nous avons perdu le sens du désintéressement et de la victoire collective".
M. Delanoë appelle à "un sursaut" :"Notre tâche prioritaire est de construire une orientation politique de gauche, réformiste, européenne, écologiste. Il est temps de recréer un mouvement à ancrage populaire, moderne, réinventant sa relation aux citoyens et s'assumant comme une gauche de gouvernement".
L'action de Martine Aubry. M. Delanoë se dit prêt à aider Martine Aubry, la première secrétaire du PS. Sans condition. "Je suis loyal et collectif, mais j'ai aussi des convictions, explique-t-il. J'ai donc l'intention d'être libre dans mes convictions et totalement collectif dans mon engagement".
Le maire de Paris considère qu'il est "normal de ne pas trouver la solution en 48 heures quand on doit se ressaisir après des années d'affaiblissement".
Les ambitions personnelles. Interrogé sur ses ambitions personnelles au sein du parti, M. Delanoë, qui avait été candidat à la direction du PS au Congrès de Reims, assure agir "en fonction de ce qu'[il] croi[t] utile et efficace" et dit vouloir "servir [son] pays par les valeurs de la gauche".
"Cela peut se faire sans a priori sur les postes", déclare-t-il.
L'instauration de primaires. Le débat qui s'est engagé au PS sur l'instauration de primaires en vue des élections présidentielles de 2012 ne lui paraît "ni prématuré, ni négatif". "Mais les primaires ne résument pas à elles seules la rénovation indispensable de nos pratiques, par exemple, sur le cumul des mandats, y compris dans le temps", souligne-t-il.
La stratégie d'alliances. M. Delanoë met par ailleurs en avant le fait que "le PS doit redevenir un facteur de clarté et d'honnêteté". Il redit ainsi son hostilité à une alliance avec le MoDem de François Bayrou.
"Il est inacceptable de s'allier avec une formation qui pratique des accords à géométrie variable, avec la gauche à un endroit, avec la droite à un autre, avance-t-il. C'est cela qui crée la confusion et installe, dans l'esprit de l'électeur, le sentiment de "bricolages" politiciens. Au contraire, il faut lui proposer une offre bien différenciée".
