31 mars 2009
Entretien avec Frédéric Fappani : "Les jeunes n'ont appris ni à s'aimer ni à aimer"
Spécialiste des sciences de l'éducation, Frédéric Fappani travaille
auprès d'adolescents dans un quartier populaire de Paris. Il y retrouve
le même malaise qu'en banlieue et craint que celui-ci ne gagne bientôt
les classes moyennes.
Formé aux sciences de l'éducation et aux approches analytiques, Frédéric
Fappani, 40 ans, travaille depuis dix-sept ans dans les quartiers. Il
est désormais cadre au sein d'une oeuvre de protection de l'enfance.
Les études montrent que les 15-26 ans ne croient plus à l'avenir. Est-ce une réalité dans ce secteur du 19e arrondissement où vous travaillez avec eux ?
L'intensité du malaise que je rencontre aujourd'hui à Paris est celle que je constatais il y a quelques années à Garges et Sarcelles (Val-d'Oise). On a là une sorte de banlieurisation de Paris, pas seulement liée à des déplacements de population. Cela se manifeste dans beaucoup d'attitudes, de pratiques, de vêtements. Ainsi, chez les garçons, la casquette. Certains la portent parce qu'ils sont juifs - et mettent leur kippa dessous -, d'autres, musulmans, devant être couverts. Mais c'est aussi une revendication d'appartenance à une certaine catégorie de population et, sans que cela soit toujours conscient, la perpétuation de la tradition française de l'ouvrier à casquette.
Leur malaise profond, c'est la perte de la capacité à donner du sens à leur vie. Les adultes ne leur apprennent plus ni à s'aimer ni à aimer. Bien souvent parce qu'eux-mêmes ne savent plus ce que le moment de l'adolescence contient de potentialités et n'envisagent les adolescents que comme l'ombre d'eux-mêmes. Alors, certains jeunes font le choix de l'ombre. Tout commence dans la famille, ensuite vient l'école. Nous qui sommes investis dans des missions de service public, nous avons trop fait passer au premier plan l'instruction et les valeurs républicaines, comme s'il s'agissait de baguettes magiques. Non qu'il faille renoncer à ces valeurs. Mais on ne peut pas prendre en charge la souffrance d'un adolescent - matérielle et morale - si l'on n'a pas cherché un sens à sa propre existence.
Certes, cela ne règle pas tout, car la crise du sens est liée au modèle sociétal, mais cela permet de donner quelques réponses. Surtout à un moment où les difficultés s'aggravent. Crise financière, identitaire, d'autorité... Ce ne sont pas des objets socio-médiatiques à la mode. C'est la réalité.
"L'ascenseur social" est-il en panne ?
Il fonctionne encore un peu, mais dysfonctionne beaucoup trop. Je ne parle pas seulement des jeunes sortant du système scolaire sans aucun diplôme - ils sont nombreux, surtout chez les garçons -, mais de ceux qui ont des formations de plusieurs années après le bac et ne trouvent aucun emploi. En outre, même avec des diplômes, certains ne possèdent plus les références qui devraient être communes. Ils en ont une conscience plus ou moins grande. Certains trouvent injuste d'en avoir été privés. Les adolescents des quartiers populaires parlent du droit à la différence, mais ce que nous entendons surtout, c'est qu'ils voudraient rejoindre cette manière commune de commercer avec l'autre afin d'accéder à l'emploi, à la formation... ou simplement à une boîte de nuit.
Y-a-t-il vraiment augmentation des suicides et des conduites de mise en danger de soi ?
Oui, car le malheur est grand. Les tentatives de suicide sont plus fréquentes chez les filles et les suicides plus nombreux chez les garçons. Les conduites à risques sont de plus en plus importantes, et pas seulement par goût du danger propre à l'adolescence. De plus en plus de jeunes prennent des risques pour un profit, par exemple pour une voiture, parce qu'ils n'ont pas accès aux biens de consommation, alors que leurs diplômes devraient le leur permettre. Il y a dix ans, ces jeunes-là n'auraient jamais pris le risque de voler une voiture. L'envie de se sentir vivant malgré tout peut constituer un cocktail explosif, poussant parfois à la destruction de soi : sexualité dangereuse, bagarres, addictions - jeux vidéo, Internet, drogues... La consommation de crack, très destructeur, augmente fortement. Il se démocratise, devient une drogue de pauvres. Là on est au fin fond de la misère.
Tout cela conduit à des violences entre communautés.
Ici, des individus s'affrontent, oui, mais je ne vois pas véritablement de violences intercommunautaires. Il n'y a pas dans le 19e de juxtaposition de communautés fermées sur elles-mêmes, les gens se croisent et se rencontrent. Mais ce quartier populaire accueille aussi des primo-arrivants en France, et là, les communautés sont visibles... Cela fait parfois fantasmer l'opinion publique et les médias.
Pourtant, une partie de cette jeunesse résiste à la tentation de s'exploser ou d'exploser ce qui l'entoure. Dans les quartiers populaires aussi, on lit, on s'investit dans des activités créatives. Une sorte d'héroïsme au quotidien.
Pourtant les jeunes font peur : les bandes, la drogue qui mène à l'impossibilité de travailler, les agressions...
Ces jeunes sont relégués. Je dirais qu'ils sont exclus du Banquet, avec une majuscule, par allusion au Banquet de Platon - se rassembler pour manger, mais aussi partager les nourritures intellectuelles. Mais qui parmi les adultes connaît encore Le Banquet de Platon et l'a investi de sens pour sa vie, qui s'intéresse à sa culture ? Les jeunes sont exclus par deux fois du Banquet : de l'accès à la nourriture, au logement, au bien-être, à la formation, au travail ; d'un développement de soi, et même de l'amour, car les adultes semblent leur indiquer que seule compte la possession des biens matériels.
Alors c'est le "no future" ?
Envisager le "no future", c'est le penser et le revendiquer comme tel. Pour certains, ce "no future" est vécu et pas pensé.
Est-on dans une situation d'urgence ?
La situation est très grave et je ne pense pas que les jeunes vont être une priorité dans cette société en mauvais état économique et social. Alors qu'elle le devrait, car ce qui se passe aujourd'hui dans la jeunesse des classes populaires est l'avenir de celle des classes moyennes.
Martin Hirsch, haut-commissaire à la jeunesse, vient d'annoncer qu'il allait présenter une série de mesures "à la hauteur du choc".
Je lui accorde une sincérité de démarche. 1,5 milliard d'euros pour financer l'embauche et le salaire de 100 000 jeunes en contrats en alternance. Dont acte. Les concepts sont là, la hauteur envisagée est là, mais la profondeur ne suit pas. Pour reprendre une phrase de jeunes, je dirais « il a le bras long, mais pas assez large ». Une relance qui ne porterait que sur des aspects financiers ne suffit pas.
Les jeunes viennent-ils d'eux-mêmes dans votre centre du 19e ?
Seule une minorité vient spontanément. Le travail de notre équipe se passe dans la rue à 90 %. Les jeunes viennent ici ensuite. Dans ce secteur du 19e, nous travaillons avec environ 250-300 jeunes à l'année. Les trois quarts sont des 14-18 ans, à la marge, certains ont 8 ou 9 ans, d'autres 25 ans. Il nous faut aller de l'extérieur - la rue et les diverses douleurs - vers l'intérieur - les débouchés : la formation, l'emploi, la prise en charge de la santé mentale et physique, la culture.
Comment vivent-ils les nouveaux interdits, sur la vente du tabac, de l'alcool... ?
Ils ne vivent pas le discours médiatique, mais la réalité, et elle est beaucoup plus dure, au quotidien. L'une de leurs souffrances, qu'ils viennent confier ici, est liée aux contrôles d'identité à répétition. Puisque nous légiférons sur l'identité et son contrôle, ayons aussi la force de légiférer sur notre modèle, sur notre identité commune. Au moins pour dire sur quoi et pourquoi nous nous engageons Cela demanderait presque des états généraux.
Propos recueillis par Josyane Savigneau
L'astéroïde 2008 TC3, traqué sur la Terre comme au ciel
Les fragments d'une météorite détectée avant sa chute ont été retrouvés dans le désert soudanais. Une première
our
la première fois, des fragments de météorite retrouvés au sol ont pu
être attribués avec certitude à un astéroïde, dont la chute sur Terre a
été observée en temps réel. Généralement, on ne voit pas venir ces
bolides. Ils achèvent leur voyage intersidéral dans une lueur de
gloire, fracassés dans la haute atmosphère. Des passionnés en trouvent
les fragments, cailloux calcinés sur les étendues claires des déserts
ou de l'Antarctique. Trente mille météorites ont été ainsi collectées.
Hormis pour une poignée, trahis par leur composition et venus de la
Lune, de Mars ou encore de l'astéroïde Vesta, leur origine reste
inconnue.
Pour 2008 TC3, il en ira peut-être autrement. Les derniers instants de cet astéroïde ont pu être suivis avec précision par les astronomes. Et une partie des débris dispersés dans le désert nubien a été récoltée. Cette aventure scientifique inédite est décrite dans la revue Nature du 26 mars.
Tout a commencé le 6 octobre 2008 vers minuit. Le télescope automatique du mont Lemmon (Arizona) identifie alors un point mouvant dont les coordonnées sont adressées au Minor Planet Center de Cambridge (Massachusetts). Au matin, branle-bas de combat : l'astéroïde, baptisé 2008 TC3, doit entrer en collision avec la Terre. Avec ses quelques mètres de diamètre, il ne représente pas une réelle menace, plutôt une chance unique d'observer un tel phénomène en direct.
Mais il faut faire vite : moins de dix-neuf heures après sa détection, il doit se désintégrer dans l'atmosphère, au-dessus du désert de Nubie, au Soudan, indiquent les premiers calculs, rapidement confirmés par une batterie d'observations. Peu avant l'impact, 2008 TC3 passe dans l'ombre de la Terre : il devient invisible, jusqu'à son entrée dans l'atmosphère. Sa dislocation explosive (un dixième de la puissance de la bombe d'Hiroshima) est détectée par le réseau américain de surveillance des essais atomiques et par des satellites météorologiques. Mais aussi par le pilote d'un vol de la KLM au-dessus du Tchad, par le chef de gare d'une ligne soudanaise et par des villageois revenant de la prière.
"DE TELLES CONDITIONS, ON EN RÊVE !"
Fin de l'histoire ? C'est là qu'entre en scène Peter Jenniskens, de l'Institut de recherche d'intelligence extraterrestre (SETI) de Mountain View (Californie). Il se rend au Soudan et monte avec son confrère Muawia Hamid Shaddad (université de Khartoum) une expédition dans le désert nubien. Aidés de dizaines d'étudiants et guidés par les calculs de trajectoire, ils ont retrouvé quelque 280 fragments représentant plusieurs kilogrammes de la météorite, baptisée Almahata Sitta.
"De telles conditions, on en rêve !", commente Bruno Fectay, chasseur français de météorites, qui arpente le Sahara pour les collecter. La principale surprise a été la nature même de la roche, très poreuse, classée parmi les uréilites, fort rares. "On n'en avait jamais vu une comme cela, indique Jérémie Vaubaillon, de l'Observatoire de Paris, cosignataire de l'article de Nature. D'habitude, ce genre de matériaux aurait tendance à être associé avec des comètes." Jean-Alix Barrat, géochimiste à l'université de Bretagne occidentale, salue la découverte : "C'est la première fois qu'on peut faire le lien entre une chute d'objet et une classe d'astéroïdes."
Reste à préciser l'origine de 2008 TC3. S'agit-il d'un fragment de 1998 HU2, un géocroiseur de 2,6 kilomètres de diamètre ? "Les deux objets présentent des similarités dans leur évolution orbitale, indique Jérémie Vaubaillon. Mais il est trop tôt pour établir un lien certain entre eux." 2008 TC3 conserve une part de mystère.
Hervé Morin
Le Blanc-Mesnil budget 2009 : va-t-il passer le contrôle de légalité ?
Jeudi 26 mars 2009, la majorité du Conseil municipal approuve le projet de budget 2009 proposé par la municipalité PCF, PS, Verts, sur la base d'un mémoire "truqué".
En effet, pour faire croire à une baisse de l'appel à l'emprunt de 10%, le mémoire de présentation a été manipulé. Afin de faire croire à une baisse de l'appel à l'emprunt, les chiffres du budget primitif 2008 ont été changés : 3 millions d'euros ont été ajoutés à l'appel à l'emprunt 2008.
La réalité est la suivante : en 2008, l'appel à l'emprunt était de 6 083 170 €, en 2009, il est de 8 175 000 € soit en augmentation de 34,38% et en masse 2 091 830 € supplémentaires.
Dans ce cadre, il est important de noter que dans son intervention de présentation du budget 2009, le maire n'évoque jamais l'appel à l'emprunt 2009 et curieusement, dans le Parisien du 30 mars 2009, la municipalité PCF, PS, Verts ne conteste pas l'augmentation de 34,38% de l'appel à l'emprunt et ne fait référence qu'à une éventuelle baisse des intérêts.
Par ailleurs, elle évoque le contrôle de légalité, soulignant ainsi l'inquiétude qui est la sienne sur ce dossier.
Aujourd'hui, la seule question qui vaille sur le Conseil municipal du jeudi 26 mars 2009 est de savoir pourquoi la municipalité PCF, PS, Verts a cru devoir masquer la réalité d'une augmentation très importante de l'appel à l'emprunt 2009 ?
La réponse doit se trouver dans l'impossibilité, dans laquelle elle se trouve, de justifier une augmentation des recettes fiscales de 5,88% amputée des résultats de la gestion 2008 qui la réduisent à 2,04%, de jsutifier qu'une augmentation des basses et des taux qui coûteront 9,5% de plus aux contribuables ne permettent pas de développer les investissements et ce, malgré une hausse de l'emprunt de 34,38%.
Cette manipulation, par son existence même, met en exergue la gravité de la situation financière de notre commune. Elle souligne que la municipalité PCF, PS, Verts est prête à toutes les manoeuvres pour cacher la vérité aux Blanc-Mesnilois. Elle montre la catastrophe vers laquelle se dirige notre commune, conséquence des choix politiques qui n'ont rien de gauche.
En manipulant le mémoire du budget 2009, la municipalité PCF, PS, Verts perd le peu de confiance que la population pouvait encore lui accorder. Par ce trucage d'un document officiel, il est évident que dorénavant la suspicion sera systématique.
26 mars 2009
Budget Primitif 2009 : Explication de vote
En deux mois, 170 000 chômeurs supplémentaires, l'ampleur de la crise sociale que nous subissons s'exprime par la dureté de ce constat. A ce rythme là, si le gouvernement s'obstine dans sa stratégie ultra-libérale et néo-conservatrice, nous auront malheureusement un million de demandeurs d'emploi en plus à la fin de l'année.
Le moteur de la crise, c'est le cœur du projet politique de Nicolas Sarkozy, c'est le développement des inégalités. Il l'a d'ailleurs réaffirmé clairement dans son discours de Saint-Quentin pour défendre le bouclier fiscal qui résume si bien ses choix. Un chèque de 365 000€ pour chacun des 765 français les plus riches. 365 000€ c'est 20 ans de salaire d'un travailleur payé au SMIC.
Pour continuer d'enrichir ses amis et sa politique d'accroissement des inégalités, Sarkozy réduit les moyens des collectivités territoriales. En 2009 les compensations de l'État sur les impôts locaux directs sont réduites pour Blanc-Mesnil de 26,74% ce qui représentent 830 802€
La première raison pour laquelle nous nous opposerons au budget primitif 2009 et aux augmentations des taux de la fiscalité locale est dans notre opposition résolue à la politique du Président de la République. En effet augmenter les impôts locaux c'est lui permettre de continuer: de baisser les impôts des plus riches, de déstabiliser les services publics, de poursuivre la diminution des postes dans l'éducation Nationale.
Augmenter la fiscalité locale c'est aggraver les conséquences de la politique de régression sociale et amputer encore un peu plus le pouvoir d'achat des blanc-mesnilois.
Face l'ampleur de la crise, il faut faire des choix politiques capables d'inverser et de mettre un terme aux dérives de l'ultra-libéralisme. La crise en cours marque la fin d'un cycle de 30 ans, il nous faut être capable de construire un projet qui conjuguera progrès social,éducatif,culturel avec un développement économique équitable et durable. Aujourd'hui ne pas voter l'augmentation des taux de la fiscalité locale, c'est choisir de mettre Nicolas Sarkozy et ses soutiens devant leurs contradictions.
Nous voterons contre ce budget primitif 2009, car il souligne les énormes responsabilités qui sont les vôtres dans la situation catastrophique de notre commune.
L'augmentation des taux coutera 9,5% de plus aux contribuables et 5,60% aux entreprises. L'ensemble des recettes de fonctionnement progresse de 5,88%, mais vos résultats de la gestion de 2008 font que votre budget 2009, n'a plus que 2,04% de moyens financiers en plus. Il est vrai que vous avez été généreux avec les promoteurs immobiliers.
Votre gestion plombe les capacités d'investissement qui baissent de 28,36%.
C'est pour masquer cette situation d'une extrême gravité, que vous avez par des petites manœuvres pas très honorables essayer de nous faire croire à un appel à l'emprunt en baisse de 10%, alors qu'en réalité de primitif à primitif il augmente de 34,38%.
Cette petite manœuvre pas très digne, par son existence même, démontre la nocivité de votre gestion. Elle souligne qu'il est grand temps de mettre en œuvre d'autres choix, et une autre politique de gauche pour les habitants de notre commune.
Cette faute politique,réduit à néant votre petit capital de confiance. Dorénavant il vous sera difficile de conduire cette ville, avec la sérénité nécessaire.
Pour conclure nous ne voterons pas ce budget primitif 2009, ni les augmentations des taux de la fiscalité locale pour 3 raisons :
- Nous ne voulons pas permettre au président de la République de poursuivre sa politique d'accroissement des inégalités et nous ne voulons pas aggraver les conséquences de ses choix.
- Nous voulons que cesse la dérive mortifère pour notre commune,produit de vos choix politiques et nous ne voulons pas que vous aggraviez l'amputation du pouvoir d'achat des Blanc-mesnilois.
- Nous ne pouvons pas voter un budget qui a été établi dans conditions éthiques et morales contraires à ce qui fait le sens de notre engagement politique.
Déclaration d'Alain Ramos sur le budget primitif du Blanc-Mesnil
Monsieur le Maire,
Avant que le débat s'engage sur le fond permettez-moi, un commentaire sur la forme. Cette année, vous avez modifié la présentation du mémoire sur le budget primitif. Vous en avez parfaitement le droit et je vous en félicite. Cette présentation nouvelle oblige chaque élu à aller au fond des choses, en étudiant chapitre par chapitre, article par article.
Mais il y a un mais. Vous avez mordu le trait, le mémoire ne correspond pas au document sur lequel nous sommes appelés à nous prononcer.
En effet, le mémoire indique que votre proposition d'appel à l'emprunt sera en diminution de 10% par rapport au primitif 2008 et vous l'avez réaffirmé dans votre intervention.
Or cela est faux.
A la page 20, au chapitre 16 emprunts et dettes assimilées, à l'article 1641 emprunts en euros, que lisons-nous dans la colonne budget primitif précédent 6 083 170,44€ et dans la colonne propositions nouvelles 8 175 000€, 2 091 829,60€ supplémentaires soit un appel à l'emprunt en 2009 en hausse de 34,38%.
Nous sommes loin de la réduction que vous annoncez.
Monsieur le maire , vous avez arrangé un mémoire, pour cacher la réalité de votre politique, pour tromper les élus, pour tromper les blanc-mesnilois.
La réalité de votre budget est la suivante:
augmentation des impôts locaux de 9,5%
baisse des dépenses d'investissements de 28,36%
augmentation de l'appel à l'emprunt de 34,38%
En quelques mots vous ne maitrisez plus l'avenir de notre ville.
Donc ce soir vous avez tenté de nous faire débattre du budget primitif sur la base d'un document truqué, cela est inadmissible, car au travers de la représentation communale vous trompez les blanc-mesnilois, pas étonnant que 57% d'entre eux ne vous aient pas accordé leurs suffrages en mars 2008.
Dans ces conditions il ne peut pas avoir de débat sur ce budget primitif 2009.
Monsieur le Maire, ce mémoire ne peut pas avoir été diffusé sans votre approbation, et je ne peux que m'interroger sur l'ensemble de votre municipalité. Il ne peut y avoir que 2 alternatives, une elle est complice, deux elle est incompétente, le pire c'est que je pense qu'elle est incompétente.
Ce soir il ne peut donc pas avoir de débat sur le budget primitif. Je vous demande donc de suspendre les travaux du conseil municipal et de réunir immédiatement les présidents de groupe pour tirer les conséquences de ce fait inacceptable.
Il est indéniable que ce soir il y a une rupture, depuis 32 ans que je suis élu,je n'ai jamais vu un de vos prédécesseurs se livrer à une telle manœuvre déloyale, vis à vis du conseil municipal et de la population.
Je crois Monsieur le maire que l'honneur vous commande d'en tirer toutes les conséquences,par respect pour la fonction de maire, et que dorénavant ce fait ne vous permettra plus d'animer cette assemblée dans la sérénité nécessaire à son bon fonctionnement.
Comme en 1930, une course de vitesse est engagée contre la crise, par Pierre Larrouturou
Nous sommes en 1930. La crise a éclaté quelques mois plus tôt. Partout le chômage augmente mais rien d'irréversible ne s'est encore produit. Nulle part la crise sociale n'a encore débouché sur la barbarie. En 1930, dans son premier livre, Contribution aux Etats-Unis d'Europe, Pierre Mendès France écrit que, pour éviter le chaos, "une course de vitesse est engagée", et pour gagner cette course de vitesse, Mendès France affirme qu'il faut créer une monnaie unique européenne dotée d'une vraie gestion politique et investir sur le plan social les marges de manoeuvre créées par cette monnaie unique.
Monnaie unique. Gouvernement politique. Projet social. En 1930, un sursaut européen est possible car l'Allemagne est un pays démocratique. Hélas, Mendès n'est pas écouté et, trois ans plus tard, après l'arrivée au pouvoir de Hitler, plus personne ne propose un sursaut européen... En 1930, il était possible d'agir. Trois ans plus tard, il est trop tard.
Aujourd'hui, nous sommes en 1930. La bulle a éclaté. Partout la courbe du chômage s'affole. Nul ne peut plus nier l'extrême gravité de la crise, mais rien d'irréversible ne s'est encore produit. Comme en 1930, la cause profonde de la crise est avant tout sociale : dans tous les pays occidentaux, depuis le début des années 1980, chômage et précarité ont provoqué des déséquilibres sans précédent.
En vingt-cinq ans, en Europe et au Japon, la part des salaires dans le PIB a diminué de 11 %. Aux Etats-Unis, seuls les 5 % des personnes les plus riches ont vu leurs revenus augmenter depuis dix ans. Les autres ont vu leurs revenus stagner ou diminuer. Si la consommation a continué d'augmenter, c'est uniquement parce que l'on a poussé les classes moyennes et les pauvres à s'endetter. A s'endetter de façon insoutenable.
Comme en 1930, une course de vitesse est engagée. Pour trois raisons au moins. Premièrement, la situation sociale en Chine est totalement instable. Tous ceux qui ricanaient, en 2003, quand nous nous inquiétions du niveau de la dette privée aux Etats-Unis, ricanaient aussi quand nous soulignions la fragilité de la croissance chinoise. "Il n'y a aucun risque de récession aux Etats-Unis, affirmaient-ils. Et même si les Etats-Unis ralentissent, la Chine prendra le relais."
Le 2 février, le gouvernement chinois a annoncé que 20 millions de travailleurs migrants ont déjà perdu leur emploi à cause de la crise. En quelques mois seulement, 20 millions de nouveaux chômeurs ! En huit ans, la Chine a doublé son budget militaire et le 3 mars, le gouvernement a encore annoncé une augmentation de 15 % ! Si la situation se dégrade trop fortement, nul ne peut être certain que ce qui s'est passé en Allemagne entre 1933 et 1945 ne va pas se jouer à nouveau en Chine dans les vingt ans qui viennent, avec Taïwan ou le Tibet dans le rôle de l'Alsace-Lorraine.
Une course de vitesse est engagée aussi en Europe. Des milliers de jeunes étaient dans la rue à Athènes en novembre 2008 pour crier leur ras-le-bol du chômage et des petits boulots. En France, les émeutes de Guadeloupe rappellent celles de 2005 et expriment la même attente de dignité et de justice sociale. En Espagne, beaucoup s'inquiètent d'une possible explosion sociale si, comme l'annonce la Commission européenne, le chômage atteint en 2010 19 % de la population...
Tous nos pays sont dans une situation de tension extrême. Et nul ne sait ce que peut donner le ras-le-bol des classes moyennes, des précaires et des pauvres si nos élites sont incapables de construire très vite et de mettre en oeuvre une stratégie de sortie de crise.
Une course de vitesse est engagée pour une troisième raison : il ne faudrait pas que la gravité de la crise sociale nous fasse oublier la gravité de la crise climatique et de la crise alimentaire, que les milliards que l'on donne aux banques soient retirés des plans de lutte contre le dérèglement climatique ou de l'aide au développement.
Au bout de trente ans de fuite en avant, nous n'avons plus droit à l'erreur. Nous avons encore quelques marges de manoeuvre mais elles sont limitées. Que voulons-nous en faire ? Voulons-nous "relancer" un système à bout de souffle, socialement injuste et écologiquement intenable, ou voulons-nous utiliser ce qui nous reste de marges de manoeuvre pour construire une nouvelle société, plus juste et plus durable ? Il faut choisir.
Comme en 1930, nous sommes dans un moment où l'Histoire hésite. Ce moment où nul ne peut plus contester l'extrême gravité de la crise mais où rien d'irréversible ne s'est encore produit. Et comme en 1930, une partie des solutions est à construire au niveau européen.
J'étais à Madrid, le 1er et le 2 décembre 2008, au Congrès des socialistes européens. Tous, nous étions très émus de voir des femmes et des hommes venus des vingt-sept pays d'Europe se lever les uns après les autres pour soutenir le Manifesto rédigé sous la houlette de Poul Rasmussen, le président du Parti socialiste européen. C'était une première dans l'histoire de l'Europe.
Mais il faut aller plus loin. Plus vite. Tous ceux qui ont pris la parole à Madrid l'ont dit : l'adoption du Manifesto n'est qu'un premier pas. Il faut être plus ambitieux et plus concrets si l'on veut gagner la "course de vitesse". Voilà pourquoi, il y a quelques semaines, lors d'un face-à-face organisé à Bruxelles avec Poul Rasmussen, je lui ai proposé que les socialistes européens prennent une initiative historique.
A Bretton Woods, en 1944, on a réuni économistes et dirigeants politiques pendant trois semaines. Trois semaines pour inventer les règles du jeu qui ont permis trente ans de stabilité et de prospérité. De même, j'ai proposé à Poul Rasmussen d'inviter les socialistes et les syndicats des pays d'Europe à se retrouver pendant trois semaines pour approfondir le Manifesto.
Trois semaines de travail pour éviter que la crise échappe à notre contrôle. Trois semaines pour apporter des solutions concrètes à la crise financière et, surtout, construire un nouveau pacte social. Est-ce trop demander ?
Nous devons nous laisser bousculer par la crise. Nous ne pouvons pas attendre que le système s'écroule pour nous donner les moyens (et donc le temps) de nous mettre sérieusement au travail.
Je renouvelle aujourd'hui mon appel : si nous voulons gagner la course de vitesse, si nous voulons gagner les élections européennes pour être en situation de négocier avec les Etats-Unis et la Chine un nouvel équilibre mondial, il est urgent de réunir les socialistes des vingt-sept pays pour muscler notre Manifesto. Poul, Martine, Jose-Luis, Elio et Frank-Walter qu'en pensez-vous ?
Pierre Larrouturou est économiste et ancien délégué national Europe du PS. Il publiera en avril "Crise : la solution interdite" chez Desclée de Brouwer.
25 mars 2009
REDECOUPAGE ELECTORAL, MARIE-GEORGE BUFFET ET NICOLAS SARKOZY
Le double langage de Marie-George BUFFET, est récurrent. Jeudi 19 mars 2009, elle manifeste, avec les organisations syndicales, pour l'augmentation du pouvoir d'achat. Une semaine plus tard lors du conseil municipal du Blanc-Mesnil, elle vote une augmentation des impôts de 9,5%. Son vote amputera de 105€ le pourvoir d'achat des blanc-mesnilois, 1%de ceux qui sont payés au SMIC.
Ce choix, de Marie-George BUFFET, aggravera les conséquences de la politique mise oeuvre par Nicolas Sarkozy et surtout lui permettra de poursuivre sa politique du bouclier fiscal qui protège ses amis et les enrichie, au détriment des 52 000 habitants du Blanc-Blanc-Mesnil.
Il faut décoder le discours le discours de Marie-George BUFFET. Lorsqu'elle parle de défendre les intérêts de la classe ouvrière, il faut comprendre la défense des intérêts de l'appareil communiste.
Dans ce cadre, Nicolas Sarkozy n'est pas un ingrat. Dans le redécoupage des circonscriptions législatives en cours, en remerciement des services rendus, en Seine-Saint-Denis, Sarkozy renforce la situation du PCF, sur le dos du député PS Daniel Golberg.
Le plus triste dans ce dossier, c'est que les élus du groupe socialiste vont aider les communistes en soutenant jeudi 26 mars 2009 les choix de ceux-ci, en votant eux aussi les augmentations d'impôts locaux. Il est vrai que les adjoints au maire socialistes toucheront les 30 deniers de la trahison des intérêts des blanc-mesnilois et de leur manque de solidarité avec un député PS, en se votant une augmentation de 9,2% de leurs indemnités.
24 mars 2009
FOYER MAURICE THOREZ ENFIN UNE EVOLUTION
Le vendredi 20 mars 2009, la direction régionale nord de l'OPIEVOY, Le CCAS, la ville du Blanc-Mesnil ont réunis tous les résidents du foyer et les locataires du bâtiment F.
La direction de l'OPIEVOY, a annoncé la démolition du bâtiment, pour le courant 2011; l'amicale CNL des 4 tours était présente, avec son président Jean-Claude POISSON.
Les 31 résidents du foyer de retraite seront relogés : soit au foyer MARIA VALTAT, ou vers d'autres solutions adaptées. Les frais occasionnés par cette décision seront pris en charge par le CCAS de la ville.
Les 29 locataires OPIEVOY auront des propositions de relogement, et eux aussi verront leurs frais de déménagement pris en charge par l'OPIEVOY.
Un entretien préalable sera fait avec les services sociaux des parties pour évaluer les besoins de chacun.
Destruction; reconstruction la décision devenait très urgente, en effet ce bâtiment de plus de 40 ans, n'avait jamais fait l'objet d'une véritable réhabilitation, et les problèmes de sécurité étaient de plus en plus récurrents.
Cette problématique avait fait l'objet de plusieurs interventions de Jean-Claude POISSON et d'Alain RAMOS auprès du préfet il y a quelques années; malgré cette décision opportune le respect des consignes de sécurité doit faire l'objet d'une attention importante de la part des deux intervenants: l'office d'HLM et la ville. Dans ce cadre le remplacement des extincteurs manquants doit être effectué dans les meilleurs délais.
Au même emplacement un bâtiment de 96 logements sera rebâti du T1 au T4. Bien entendu les parkings correspondants sont prévus, néanmoins sur cette question, comme sur le reste d'ailleurs il faudra être extrêmement vigilant.
Tous les résidents du bâtiment, du foyer Maurice Thorez peuvent compter sur l'amicale CNL des 4 tours, pour se faire aider dans leurs démarches, et pour défendre leurs intérêts.
Par ailleurs cette décision doit être l'occasion pour la ville du Blanc-Mesnil de redéfinir une nouvelle politique pour l'accueil des retraités,cela est d'autant plus nécessaire que ce choix réduit le nombre de places en foyer résidence des seniors. Pour notre part nous ne manquerons de faire des propositions novatrices sur cette très importante question.
23 mars 2009
Pétition sur les heures sup
Une semaine après son lancement, nous sommes déjà plus de 23 000 à avoir signé la pétition "Heures supplémentaires : il faut arrêter les frais" initiée par Alternatives économiques et soutenue par Marianne. Cette pétition a déjà eu un impact non négligeable dans le débat public .
Ce succès est dû, notamment, au relais important que nombre d'entre
vous ont donné à cet appel dans leurs propres réseaux et nous vous en
remercions.
D'ici
une quinzaine de jours, nous adresserons le texte de cette pétition
accompagné des signatures au Président de la République, au Premier
ministre, à la ministre de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi
ainsi qu'aux responsables des principaux partis politiques et des
groupes parlementaires. Tout en en rendant publics les résultats de cet
appel auprès des médias. Nous vous tiendrons bien sûr informés des
réponses qui nous seront faites par ces responsables politiques.
Vous pouvez toujours la signer sur : www.alternatives-economiques.fr/petition
LE BLANC-MESNIL BUDGET 2009 : L'ECOLE ET LA COMMUNE
Le mouvement éducatif en cours souligne la gravité de la crise au sein de l'école de la République. Ce mouvement puissant, déterminé, semaine après semaine, fait reculer les régressions développées, par Sarkozy, Darcos, Pécresse, néanmoins les suppressions de postes restent massives, les Rased sont toujours fragilisés.
Face à cette très grave tentative de déstabilisation de l'école laïque de la République, les communes doivent être un puissant point d'appui pour mettre à mal la marchandisation de l'éducation. En effet, dans le cadre des attributions des communes qui sont les leurs depuis les lois Jules Ferry, elles ont un rôle déterminant. Elles doivent faire de l'éducation primaire la priorité, pour valoriser l'école de République, choix politique essentiel pour créer les conditions d'un rapport de force massif pour créer l'école du XXI° siècle.
Au Blanc-Mesnil, la municipalité(PCF, PS, Les Verts) communique, des calicots en ville pour protester contre les suppressions de postes, nécessaire, mais très insuffisant. La lecture du budget primitif 2009 le souligne. Dans le chapitre 011 charges à caractère général article 6067 Fournitures scolaires en 2008 118 300€ pour 2009 119 500€ soit une augmentation de 1 200€ soit 1% de plus. Les 33 écoles recevront en moyenne 3 621€,soit 36€ de plus.
Augmentation des fournitures scolaires de 1%, alors que l'ensemble des contribuables blanc-mesnilois vont payer 9,5% d'impôts locaux en plus.
Dans le même temps, dans le même chapitre mais à l'article 6251 voyages et déplacements, le budget consacré à cette activité essentielle passe pour 2008 de 33 430€ à 70400€ soit une rallonge de 36 970€ soit une progression de 110%. Les voyages et déplacements représentent 59% du budget consacré aux fournitures scolaires.
Pour faire bon poids la municipalité(PCF, PS, Les Verts)s'accorde une augmentation des ses indemnités de 9,2%.
Pour l'ensemble de la municipalité, les indemnités étaient en 2008 de 26 596€ par mois à partir du 1°avril 2009 elles passeront à 29 063€ soit une augmentation de 2 467€ soit 68% de l'allocation annuelle en fourniture pour chaque école de notre ville. En 2009 les indemnités des élus représenteront une dépense de 341 355€.
Il ne s'agit de contester la nécessité des indemnités des élus. Il s'agit de dire qu'une augmentation de 9,2% de celles-ci au moment ou les mêmes élus augmentent les impôts locaux de 9,5%, c'est pour le moins maladroit. Mais cela démontre surtout une incompréhension totale des conditions de vie et de travail des blanc-mesnilois.
Pour conclure, il nous semble totalement inacceptable dans ce budget d'avoir une ligne fournitures scolaires à 119 500€, alors que l'an passé cette municipalité « à gauche » a fait un cadeau de 130 000€ à un promoteur immobilier local sur la vente d'un terrain. Reconnaissons ensemble que 130 000€ auraient été beaucoup plus utiles aux enfants scolarisés du Blanc-Mesnil. Ce choix de la municipalité en dit long sur son engagement « à gauche ».
Voilà,une raison supplémentaire qui conduira le groupe Le Blanc-Mesnil C'est Vous, Le Blanc-Mesnil Pour Vous à voter contre le budget 2009. Nous espérons que les autres élus sincèrement de gauche au sein du conseil municipal, nous rejoindrons dans ce combat de gauche. Comme vous le voyez d'autres choix, une autre politique de gauche sont possibles au Blanc-Mesnil.
