FOLIO DU BLANC-MESNIL

Analyse politique et vie locale Blog réalisé par Alain RAMOS, conseiller municipal du Blanc-Mesnil

30 janvier 2009

"Il faut que Nicolas Sarkozy sorte de son esprit de guérilla !"

Interview de Vincent Peillon sur RTL

Vincent Peillon était hier matin (23/1/2009) l'invité de Jean-Michel Aphatie (RTL). Voici une synthèse des propos qu'il a tenus.

Les uns après les autres, les chiffres tombent, et, alors que plus personne aujourd'hui ne croit aux vertus d'un premier plan de relance français trop faible, trop déséquilibré, trop anachronique, la morosité cède le pas à l'angoisse.

Face à la crise, tout le pays devrait travailler de concert, se relever les manches, mais nous avons en France un pouvoir crispé, autiste, qui cherche l'affrontement. L'économie plonge dans la récession, le déficit explose au-delà de 5%, on annonce 170 000 destructions d'emploi pour le premier semestre, mais ce n'est pas encore assez pour que le Président de la République sorte de cet esprit de guérilla que l'on a encore pu constater dernièrement face aux juges d'instruction ou concernant les média de service public, le droit d'amendement et le travail du dimanche.

Nous devons de toute urgence sortir notre pays de l'ornière, mais à aucun moment, Nicolas Sarkozy n'a cherché à engager un dialogue avec l'opposition qui a pourtant soumis ses propositions au débat il y a de ça quelques jours. À aucun moment, il n'a invité à sa table les syndicats - qui pourtant gèrent l'assurance-chômage - ou encore les collectivités locales - lesquelles, majoritairement de gauche, sont responsables de 70% de l'investissement public en France.

Nicolas Sarkozy a assez divisé. Il faut désormais qu'il réunisse sérieusement l'opposition, les élus locaux et l'ensemble des partenaires sociaux dans une logique de concertation d’abord, de décision puis d’action ensuite. Plutôt que de pratiquer une ouverture peu glorieuse et essentiellement politicienne, Nicolas Sarkozy doit, s’il a en tête l’intérêt du pays, lancer rapidement une grande négociation et construire une mobilisation nationale efficace et solidaire pour la relance. Les vertus de négociateur qu’il revendique au niveau international, il doit maintenant les faire valoir en France. Il ne s'agit en rien d'appeler à la formation d'un gouvernement d'union nationale, mais mobiliser tout le monde, de discuter, d'écouter, pour être plus efficace le temps venu de l'action.

Car, jusque-là, la réalité de la politique de Nicolas Sarkozy, c'est un échec qu'on ne peut pas se permettre en 2009.

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29 janvier 2009

Lettres d'amérique de Ségolène Royal 5

Chères amies, chers amis,

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Mon voyage en Amérique s'est achevé aujourd'hui. Une nouvelle ère a débuté, le changement est en marche. Barack Obama a pris une décision symbolique, la première : comme il l'avait promis, la prison de Guantanamo sera fermée d'ici un an. L'Amérique est fière à nouveau, fière du visage qu'elle offre au monde.
En quittant Washington, en dialoguant à l'aéroport avec des Américains, je sens une confiance nouvelle, dénuée d'arrogance. Je mesure la force tranquille que donne la volonté de renouer avec un destin collectif. Un pays divisé est un pays affaibli, nerveux, aux aguets, perméable aux tentations violentes. Un pays uni est fort, capable de surmonter les épreuves sans chercher à en imposer aux autres.
Les réunions de travail que j'ai eues mercredi m'ont confirmé la volonté de changement et de résultats des nouvelles équipes en place. Au Sénat, je me suis entretenu avec Amy Klobuchar, une jeune sénatrice du Minnesota, étoile montante du Parti démocrate et spécialiste des questions environnementales. Signe encourageant, elle souhaite qu'à Copenhague l'année prochaine, un accord soit enfin signé par tous les grands pays émetteurs de gaz à effet de serre, au premier rang desquels les Etats-Unis et la Chine. 
Elle s'est montrée par ailleurs confiante sur les chances de bonne entente et de coopération entre la Maison blanche et le Sénat, tout accord international de cette envergure devant être ratifié par la "
Chambre des Etats". Le fait que Barack Obama et Joe Biden en soient issus (pour la première fois depuis l'époque Kennedy/Johnson) explique cet optimisme.
Nous avons évoqué les réticences de l'industrie automobile américaine à changer ses habitudes. La demande  a évolué, les familles durement touchées par la crise préfèrent désormais des voitures plus économes en carburant. Mais l'offre américaine n'a pas su s'adapter,  avec pour conséquence la crise majeure que traversent des géants comme General Motors.
Pour toutes les entreprises automobiles qui cherchent à modifier leurs gammes de voitures en faveur de plus petites cylindrées, Amy Klobuchar propose de mettre en place, à titre transitoire, des compensations financières. Idée pertinente  à étudier  : la relance de l'économie et l'avènement d'un nouveau modèle de développement respectueux de l'environnement sont plus que jamais liés.

Au Congrès, j'ai eu également une réunion avec James Oberstar, président de la Commission des Transports à la Chambre des Représentants. Personnage très chaleureux, James Oberstar est par ailleurs francophile. Il m'a remis en détail la partie "investissement" du plan de relance, Etat par Etat, dépense par dépense.
Le montant global du plan Obama est de 800 milliards de dollars sur deux ans, soit 3% du PIB chaque année. Le stimulus sur l'économie américaine est considérable, grâce notamment à un crédit d'impôt de 1000 dollars par an qui touchera 150 millions d'Américains. 85 milliards de dollars concernent les seuls investissements en infrastructures, avec un volet environnemental important :

  • 30,25 milliards pour les autoroutes et les ponts (l'engorgement du trafic conduisant à une hausse très importante de la quantité d'essence consommée) ;
  • 12 pour les transports en commun ;
  • 5 pour les voies ferroviaires ;
  • 5,25 pour l'aviation ;
  • 14,275 pour les infrastructures vertes (assainissement de l'eau par exemple) ;
  • 7 pour l'ingénierie des corps d'armée américaine ;
  • 10 milliards pour les constructions fédérales ;
  • 400 millions consacrés à l'administration du développement économique ;
  • 734 millions pour les gardes-côtes ;
  • 55 millions pour l'administration maritime ;
  • 45 millions pour le Saint-Laurent.

C'est donc un programme de modernisation sans précédent depuis le New Deal de Roosevelt en 1932 qui sera adopté dans les prochains jours. Peut-être pourra-t-il servir à acheter les TGV qui font si cruellement défaut aux Etats-Unis ! James Obestar soulignant le besoin d'équipements en trains à grande vitesse, je lui ai en tout cas suggéré d'acheter la technologie française développée par Alstom ! 
A la FED, la banque centrale américaine, j'ai eu un entretien avec le Gouverneur Warsh, un des quatre membres du Board. Entretien d'une grande franchise, révélateur d'un changement d'état d'esprit. Interrogé sur l'origine de la crise financière, le gouverneur a eu des mots durs à l'égard des institutions chargées de la régulation financière, parlant même de "paresse" et de "complaisance". Lucidité salutaire, qui devrait rendre possible de nouvelles pratiques.


La journée de mercredi, consacrée aux problèmes financiers, économiques et environnementaux s'est achevée par un déplacement au Lincoln Memorial. Pour Barack Obama, Abraham Lincoln est le président capital de l'histoire américaine : c'est lui qui a eu le courage d'abolir l'esclavage le 1er janvier 1863 ; lui aussi qui a eu la force d'âme de prôner sans relâche l'unité de la nation.

Au centre de ce lieu de mémoire trône la statue majestueuse de Lincoln, devant laquelle Martin Luther King prononça en 1963 son célèbre "I have a dream" . Et à côté, gravée dans le marbre, l'adresse qu'il prononça à Gettysburg, avec cette formule lapidaire qui offre la plus belle définition de la démocratie : "Un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple".

                    Amicalement,
                    Ségolène Royal
                   

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Lettres d'amérique de Ségolène Royal 4

Chères amies, chers amis,
Je viens de prendre connaissance des commentaires moqueurs sur les radios, ce matin, au sujet d’une de mes déclarations sur la campagne de Barack Obama, que j’aurais "inspirée".
Je comprends que cette phrase ait pu surprendre ceux qui, à distance, n’avaient ni le son ni l’image : "Son ego est devenu totalement démesuré !", se sont-il dit…
Alors, quelques précisions pour les rassurer.
Après une conférence de presse centrée sur le moment historique que nous vivions, moment auquel je participe au milieu du peuple américain, en toute humilité et sans protocole, c’est à une question amicalement provocatrice d’un des journalistes que j’ai répondu de façon humoristique ! Intention bien comprise par l'AFP, comme on peut le voir sur la vidéo de l'interview et comme en atteste la dépêche.
Sur la campagne et l'utilisation d'Internet, c'est sans doute nous qui aurons à nous inspirer de Barack Obama, et peut-être même, ici ou là, à le "copier".
La force de l’événement vécu ici et dans le monde m’a impressionnée… mais pas au point de perdre la lucidité !
Il y a bien d’autres événements majeurs à vivre… Comme, par exemple, cette interview très symbolique de Colin Powell sur CNN et je voudrais vous en dire quelques mots. Car elle est révélatrice du nouveau climat politique américain.
Dans cette interview, Colin Powell, ancien chef d’état-major interarmées et ancien secrétaire d’Etat de George W. Bush, a répondu sans détour sur la question de la perte de leadership moral des Etats-Unis, conséquence de la politique étrangère menée après 2001 (souvent contre l’avis de Colin Powell lui-même).
Il a reconnu dans une interview très forte, et avec beaucoup de calme que nombre de décisions de l’administration Bush avaient miné la position des Etats-Unis et décrédibilisé leur parole et leur influence dans le monde : l’invasion de l’Irak, les entraves aux droits de l’Homme à Guantanamo ou Abou Ghraib, les enlèvements secrets de personnes suspectées de terrorisme, leur internement secret et leurs tortures dans des prisons hors du territoire américain.
Il a salué la phrase du nouveau président Barack Obama selon laquelle "la sécurité de la nation ne pouvait pas être assurée aux dépends des libertés."
Il a beaucoup insisté sur l’influence positive du trajet personnel de Barack Obama sur la jeunesse noire en particulier.
Dans un troisième temps, il a salué l’invitation lancée à John McCain de dîner avec les Obama la veille de l’investiture. Il a salué l’élégance du geste et de la réponse du challenger battu.
Colin Powell y a vu le signe de ce bipartisme dont l’Amérique et son président auront tant besoin pour vaincre la crise, intérieure et extérieure. D’ailleurs, les décisions que Barack Obama a prises dès aujourd’hui en sont le signe. D’une part, l’arrêt immédiat des interrogatoires musclés à Guantanamo. D’autre part, il a réuni les chefs d’état-major pour parler de l’Irak et de l’Afghanistan. Enfin, il a réuni ses conseils économiques pour continuer la mise au point, par le dialogue avec le Congrès, du plan de lutte contre la crise économique et financière.
J’observe que la crise est venue des Etats-Unis et de leur système de surendettement des ménages destiné à compenser les bas salaires.
Espérons que ce changement de politique américaine permettra l’émergence d’une gouvernance mondiale avec des règles où la finance sera au service de l’économie et l’économie au service de l’humain. 

Cordialement,
Ségolène Royal

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Lettres d'amérique de Ségolène Royal 3

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Chères amies, chers amis,

Mardi 20 janvier, Washington, au café Millot, Dermon Avenue

Depuis ce café très proche des cérémonies, je vous envoie cette lettre.
Dès cinq heures du matin dans un froid glacial, des centaines de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants de tous âges, de toutes les couleurs et de toutes conditions - ce que Barack Obama a appelé le "patchwork of our heritage" - ont convergé vers le Mall pour vivre ce moment historique. Comme s’ils voulaient s’assurer que tout cela était bien vrai !
Et c’est sans compter les milliards d’autres qui, à travers les écrans de télévision du monde entier, et je pense en particulier au continent africain, avaient au même moment les yeux rivés sur cette façade ouest du Capitole.
La cérémonie d’investiture a eu beaucoup d’allure. Barack Obama est sans conteste très charismatique et il se dégageait de cette immense foule, joyeuse et pleine d’espoir, une véritable force démocratique.
Que retenir du discours de Barack Obama ?
Vous le lirez en entier, mais voici les idées et les citations qui m’ont marquée :

  • Tout d’abord un diagnostic sans concession sur la crise économique et sur la violence du monde, qui sont "la conséquence de la cupidité et de l'irresponsabilité de certains, mais aussi de notre échec collectif à faire des choix difficiles et à préparer la nation à une nouvelle ère."
  • L'Amérique est une nation d'immigrants "qui ont pris des risques" - des hommes et des femmes anonymes -,"qui ont souffert de la morsure du fouet." Concorde, Gettysburg, Normandy, Khe Sahn sont les quatre batailles auxquelles Barack Obama a fait ensuite référence pour mobiliser les énergies de la nation.
  • La démocratie fait chaque citoyen, qui, par son action, doit accompagner la prise de responsabilité de l’Etat.  Il y aura une transparence absolue de tous les systèmes d’aides.
  • "Cette crise nous a rappelé que sans surveillance le marché peut devenir incontrôlable, et qu'une nation ne peut prospérer longtemps si elle ne favorise que les plus nantis." Il faut donner à chacun l’occasion de réussir sa vie. Ce n’est pas de la charité.
  • La sécurité de ne peut pas se faire aux dépens des libertés.
  • "Nous sommes réunis car nous avons préféré l'espoir à la peur."
  • L’Amérique a vocation à dialoguer avec le monde entier. C’est parce que les Américains ont connu la ségrégation qu’ils sont conscients de la nécessité de parler à leurs anciens adversaires.
  • "Le monde a changé et nous devons évoluer avec lui." Mais nous devons le faire, a-t-il ajouté, "avec nos valeurs de toujours".
  • "Ce qui nous est demandé maintenant, c'est une nouvelle ère de responsabilité" ("the new area of responsability").
  • "C'est le prix, et la promesse, de la citoyenneté (…) C'est la raison pour laquelle un homme dont le père, il y a moins de 60 ans, n'aurait peut-être pas pu être servi dans un restaurant de quartier, peut maintenant se tenir devant vous pour prêter le serment le plus sacré."

Ce discours a duré vingt minutes. La foule était saisie par ces paroles, par cet appel constant à chacun pour qu’il se mette en mouvement, par la force du symbole et la volonté politique.
Des centaines de personnes se sont ensuite déplacé paisiblement du Mall vers Constitution Avenue pour assister au défilé qui montrait si bien la diversité de l’Amérique.
Tout-à-l’heure, nous sommes passés devant une maison sur laquelle est affichée en grandes lettres : "20 janvier 2009 : la fin d’une erreur".

Cordialement,
Ségolène Royal
                                                           

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Lettres d'amérique de Ségolène Royal 2

Chères amies, chers amis,
Dimanche 18 janvier
Première journée de déplacement à Washington. Bain de foule à pied, au milieu de plusieurs centaines d'Américains venus, malgré le froid glacial, écouter le message de fraternité et d'unité délivré par Barack Obama. L'émotion est palpable partout. On sent une effervescence. Une attente aussi. Comme le dit celui qui sera président dans quelques heures, nous vivons un "defining moment" , un moment historique. Un moment qui ouvre à nouveau l'espace des possibles.
Dimanche, sur le Mall de Washington, au pied du Lincoln Memorial, était organisé un concert-symbole, dont vous avez sans doute vu les images. Le nom de ce concert : "We are one"». L'événement est énorme, comme le disent les Américains et Barack Obama lui-même. Le Lincoln Memorial est porteur d'une mémoire vive, une mémoire d'espoir, une mémoire de combat.

Symbole, parce que devant ce même mémorial, il y a 70 ans, Marian Anderson, grande chanteuse lyrique américaine noire, produisait avec l'appui de la première dame Eleanor Roosevelt, un concert ancré encore aujourd’hui dans les mémoires. Quelques temps auparavant, l'association des filles de la révolution avait en effet dénié à Marian Anderson le droit de chanter au Constitution Hall de Washington. Devant le Lincoln Memorial, c'était donc un concert de revanche qu’elle offre au public, un concert pour la justice, pour le droit, pour la dignité.

Vingt ans plus tard, en 1963, c’est en ce même endroit que Martin Luther King prononçait un discours resté dans l'Histoire : "I have a dream". Et là encore que, avant-hier, le premier président noir des Etats-Unis, qui prêtera serment tout à l’heure, fredonnait les airs des plus grands chanteurs de sa nation.
 
Le Lincoln Memorial est la pierre angulaire, le lien de mémoire de la démocratie américaine dans la capitale fédérale. En face, on voit le Capitole. Au Nord, la Maison Blanche. Et au Sud, le Jefferson Memorial. Magnifique évocation dans l'espace de cette unité que Lincoln avait toujours recherchée et qui inspire, dans chacun des gestes, le nouveau président américain.             
C'est d'ailleurs la raison pour laquelle Barack Obama a choisi, comme Lincoln l'avait fait en son temps, de se rendre à Washington pour son discours d'investiture en prenant le train à Philadelphie, ville fondatrice de la démocratie américaine.
Ce que j'ai vu dimanche lors de ce concert, c'est une nation rassemblée, fraternelle, dépassant ses divisions pour prendre son destin en main. Les gens voulaient partager leur émotion en toute simplicité et avec sobriété. Il y avait des familles américaines de toutes origines, de toutes conditions, des enfants, des personnes âgées, des Noirs, des Blancs, des Latinos. Tous étaient là pour affirmer leur détermination à faire face aux défis de notre temps. Tous étaient là pour dire leur fierté. Tout simplement.


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Lundi 19 janvier
                   

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En me rendant à Washington avec Pierre Yves Le Borgn, secrétaire de la Fédération des Français de l’étranger du PS, Christian Monjou, historien des Etats-Unis, j’ai voulu être avec le peuple américain, au milieu du peuple américain. Pour ressentir et partager sa joie, pour témoigner aussi de notre espoir. Car nous avons toujours été ensemble, Américains et Français, quand l’espoir d’un monde meilleur était possible.   


La France a été le premier ami des Etats-Unis. J’ai été marquée hier par la visite du Mont Vernon, lieu de résidence de Georges Washington, celui que La Fayette appelait le Père de la liberté. Au Mont Vernon, les clés de la Bastille offertes en gage d’amitié sont toujours précieusement conservées. Symbole que ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous sépare.
Nous pouvons redevenir les partenaires que nous avons été : c’est encore ce que me disait lundi matin Craig Kennedy, le président du German Marshall Fund, l’un des plus grand centre de réflexion américain sur les relations entre les Etats-Unis et l’Europe. L’Amérique de Barack Obama ne réussira pas sans l’Europe ; et nous avons besoin des Etats-Unis pour affronter la crise économique.
J’aurai l’occasion d’en parler mercredi avec James Oberstar, représentant du Minnesota, président de la Commission des transports de la Chambre des représentants, qui a travaillé très étroitement avec l’équipe économique d’Obama sur le volet industriel du Plan de relance. C’est également un point que j’aborderai lors de mes contact à la FED, la Banque centrale américaine.
Pendant sa campagne électorale, pendant la période de transition, Barack Obama a incarné le meilleur de l’Amérique. Il a incarné cette Amérique qui vit encore l’idéal des Pères fondateurs, l’Amérique qui se rassemble autour des principes posés il y a maintenant plus de deux cent trente ans dans la Déclaration d’indépendance. Cette élection est le signe d’une ouverture de l’Amérique. Ouverture à elle-même. Ouverture au monde. Elle lève l’espoir d’une résolution commun des grands enjeux de la planète.
En ces jours mémorables, nous espérons que Barack Obama aura la lucidité et la clairvoyance de comprendre que le monde aujourd’hui est multipolaire et qu’il ne peut en être autrement. Il a la chance de remettre l’Amérique au coeur du monde, non pas en agissant seul, mais en choisissant la voie de la coopération.

Nous devons devenir de vrais partenaires. 
                    Amicalement, 
                    Ségolène Royal

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Lettres d'amérique de Ségolène Royal 1

                    Chères amies, chers amis,
                     
                                         Je pars aujourd'hui à Washington, où je resterai jusqu'au 21 janvier. Je me rends dans la capitale américaine, entre autres pour assister à l'investiture de Barack Obama.
                     
                                         L'Inaugural Address d'un président des États-Unis, plus encore que le discours délivré à l'annonce de sa victoire, est le moment où il définit la signification de son élection. Mesurer la portée de cet évènement est essentiel à qui veut comprendre les Etats-Unis d’aujourd’hui, la situation mondiale et, comme en miroir, notre rôle, à nous Français et Européens.
                     
                                         Il ne suffit pas de dire que, par la couleur de sa peau, Barack Obama symbolise la réconciliation « raciale. » Il s'agit plutôt de comprendre pourquoi la réconciliation des États-Unis avec eux-mêmes a toujours dû passer par la réconciliation entre les différentes communautés, depuis le « péché originel » de l’esclavage.
                     
                                         Cette réconciliation est déjà en marche. Par un recours constant à la démocratie participative, Barack Obama est parvenu à toucher tous les Américains, par delà leurs appartenances raciales, sociales ou religieuses. Il a ainsi contribué à vivifier une démocratie américaine pervertie par la collusion entre intérêts économiques et politiques que l’administration Bush entretenait sciemment.
                     
                                         Cette réconciliation a aussi des prolongements politiques et économiques, déterminants dans le contexte actuel de crise. Barack Obama a redonné au pouvoir politique une légitimité qui, de Reagan à Bush, lui avait été trop souvent déniée. Il pourra ainsi s'appuyer sur l'État central pour relancer et réguler l'économie américaine. Certes, il y a du Lincoln et du Martin Luther King dans Obama, mais encore du Franklin Roosevelt.
                     
                                         Sur le plan international, son élection a levé un verrou et, dans une certaine mesure, élargi l’univers des possibles. Elle rend enfin envisageable l’idée d’une réconciliation des Etats-Unis avec le monde et ouvre ainsi la voie à une résolution commune des grands défis de notre temps. Crise économique et sociale planétaire, crise environnementale qui menace la survie même du genre humain, crise énergétique, crise des matières premières, crise alimentaire, crise militaire au Moyen-Orient : rarement plus qu'en ce début de 21e siècle, l'humanité n'a pris conscience d'habiter le même monde, et rarement la nécessité de son unification ne s'est faite sentir avec autant d'urgence.
                     
                                         Comme je l’écris dans Si la gauche veut des idées, la "mondialisation" est contradictoire : entre une interdépendance économique et financière d’un côté et une intégration politique inexistante de l’autre. La question de ce siècle est donc celle de la cohérence à inventer entre mondialisation économique et nécessaire mondialisation politique. Pour la France et l'Europe, la question se décline : quelle serait leur place dans cette mondialisation politique ? Une chose est certaine : les Etats-Unis ne pourront agir seuls.
                     
                                         Pour l'Europe, je tire une recommandation : engager une nouvelle étape de notre intégration, pour qu'un jour nous puissions parler au reste du monde d'une seule voix, plutôt que de dialoguer de manière dispersée avec des partenaires différents, comme nous le faisons encore trop fréquemment.
                     
                                         Pour la France, j'en tire deux perspectives. D’une part, reprendre l'initiative de l'intégration européenne. D’autre part, diversifier nos amitiés. Nous devons ouvrir un dialogue constructif avec l'Amérique du Sud, l'Afrique, l'Inde, la Chine, le Moyen-Orient. En me rendant au Chili, au Proche-Orient et en Chine pendant la campagne présidentielle, en me rendant depuis en Argentine, en Inde et au Maroc, j'ai tenté, à ma mesure, de montrer cette préoccupation.
                     

                   


                   

                     L’investiture de Barack Obama sera l’occasion, pour moi, de me rendre dans les différents lieux de Washington symboliques de l’histoire politique américaine. Je serai accompagnée par M. Christian Monjou, spécialiste de l’histoire des Etats-Unis et des relations franco-américaines.
                                         Ainsi, je compte visiter :
                     
                                         Le Lincoln Memorial
                     Abraham Lincoln, l’homme de la Proclamation d’émancipation des esclaves noirs (1863), garant de l’unité américaine pendant la Guerre de sécession, est une des figures historiques dont se réclame Barack Obama. Le mémorial qui lui est dédié est un lieu particulièrement symbolique : Martin Luther King, autre inspirateur du nouveau Président, y prononça son célèbre discours "I have a dream" (1963). Un concert s’y tiendra à l’occasion des cérémonies d’investiture, autour du thème de l’unité ("We are one").
                     
                                         Franklin Delano Roosevelt Memorial
                     "FDR" est l’homme du New Deal et de la lutte contre la Grande dépression qui suivit la Crise de 1929. Un message politique : la réaffirmation du rôle de l’Etat pour assurer la prospérité économique des Etats-Unis. Une actualité immense…
                     
                                         Smithsonian American Art Museum
                     L’identité politique américaine et ses mythes fondateurs à travers les tableaux du Musée d’art américain : Indian Gallery (George Catlin), Cape Cod Morning (Edward Hopper)…
                     
                                         Résidence de Georges Washington à Mont Vernon
Premier Président des Etats-Unis, Washington est un des Pères fondateurs de la nation américaine. Sa résidence abrite encore aujourd’hui les clés de la Bastille, symbole de l’ancienneté des liens entre la France et son pays.

                   

                    Au cours du déplacement, j’aurai également des contacts destinés à évoquer la situation économique et sociale. Des entretiens avec des experts ayant travaillé sur la relance de l’économie américaine sont notamment organisés par M. Philippe Aghion, professeur d’Economie à l’Université Harvard. Je rencontrerai par ailleurs des chefs d’entreprise français installés aux Etats-Unis.
                     
                                         Les rencontres suivantes sont prévues :
                     Entretien avec le Président du German Marshall Fund (GMF)
                                         Le GMF est un des grands think tanks américains. Promoteur d’une meilleure coopération et d’une plus grande compréhension entre les Etats-Unis et l’Europe. Un pont entre nos deux continents.
                     
                   
                     Participation à la journée Matin Luther King, dédiée au bénévolat
                     
                                         Washington est l'une des villes américaines où les inégalités sociales sont les plus criantes. Il sera particulièrement utile de voir comment travaillent les associations et les acteurs sociaux dans les quartiers déshérités de la capitale. Seront organisées :
                     •    Une rencontre avec une association de quartier (Bibliothèque Martin Luther King), à l’occasion d’une distribution d’aide alimentaire à laquelle participera le Maire de Washington, M. Adrian Fenty.
                     

•  Une réunion de travail avec quatre associations investies dans l’animation sociale et l’"organisation de communautés" (community organizin). Inspirée de l’action et de la méthode de Saul Alinsky, cette forme d’intervention sociale vise à renforcer la capacité des habitants de quartiers populaires à agir sur leur vie et redevenir maître de leur destin.  Elle a profondément influencé Barack Obama, qui fut lui-même community organizer dans un quartier noir de Chicago et Hillary Clinton, qui rédigea un mémoire sur les travaux d’Alinsky.

                   


                    Amicalement,

                    Ségolène Royal

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28 janvier 2009

Programme du cinéma Daquin du 28/01 au 10/02

Programme du 28 janvier au 3 février



De l'autre côté du lit
Un film de Pascale Pouzadoux avec Sophie Marceau, Dany Boon, Roland Giraud... Film français. Genre : Comédie Durée : 1h33. - 2008.
Ariane et Hugo décident d'échanger leur vie pour échapper à la routine, qui, après dix ans de mariage, leur donne le sentiment d'être des hamsters pédalant dans une roue. Elle se retrouve du jour au lendemain à la direction d'une entreprise de location de matériel de chantier. Et lui s'improvise vendeur de bijoux à domicile... Mais la vie est-elle plus belle lorsqu'on la contemple de l'autre côté du lit ?.
Mer : 14h30 | 18h30 | 20h20 - Ven, Mar : 20h20 - Sam : 16h30 | 20h20 - Dim : 14h30 | 18h30 - Lun : 18h30.



Secret défense
Un film de Philippe Haim avec Gérard Lanvin, Vahina Giocante, Nicolas Duvauchelle Plus... Film français. Genre : Espionnage, Action. Durée : 1h40. - 2007.
Alex et Al Barad sont respectivement à la tête du contre-terrorisme de la DGSE pour l'un, et d'un réseau terroriste pour l'autre, ils s'affrontent en utilisant les armes dont les plus redoutables : les êtres humains.
Secret défense raconte leur guerre secrète à travers les destins de Diane, une étudiante recrutée par les services secrets français, et de Pierre, un paumé qui croit trouver son salut dans le terrorisme..
Mer : 16h30 - Jeu, Lun : 20h20 - Ven, Mar : 18h30 - Sam : 14h30 | 18h30.



Les Plages d'Agnès
Un film d'Agnès Varda avec Agnès Varda. Film français. Genre : Documentaire. Durée : 1h50. - 2007.
En revenant sur les plages qui ont marqué sa vie, Varda invente une forme d'autodocumentaire. Agnès se met en scène au milieu d'extraits de ses films, d'images et de reportages. Elle nous fait partager avec humour et émotion ses débuts de photographe de théâtre puis de cinéaste novatrice dans les années cinquante, sa vie avec Jacques Demy, son engagement féministe, ses voyages à Cuba, en Chine et aux USA, son parcours de productrice indépendante, sa vie de famille et son amour des plages. Une femme libre et curieuse !
Mer, Sam, Mar : 20h30 - Ven, Lun : 18h15 - Dim : 16h.



Mes plus belles années (VO)
Un film de Reshef Levy avec Michael Moshonov, Oshri Cohen, Ofer Schechter. Film israélien. Genre : Comédie dramatique, Romance. Durée : 1h40.- 2008.
Israël, début des années 80. Au sein de la grande famille Levy, le jeune Erez a tout pour être heureux. Partageant son temps entre le lycée, les copains, et les fêtes, il va être troublé par l'arrivée en ville de la belle Neta... A travers lui, découvrez l'histoire d'une famille unie comme les doigts de la main, au son des standards de l'époque...
Mer | Sam | Dim : 18h10 - Ven | Lun : 20h30. Séances précédées du court-métrage Tarif unique, de Alexandre Coffre.



Le Caméraman
Un film de Edward Sedgwick avec Marceline Day, Buster Keaton, Harold Goodwin. Film américain. Genre : Comédie. Durée : 1h10. - 1928.
A New-York, les débuts de Shannon comme reporter d'une compagnie d'actualités cinématographiques sont désastreux. Encouragé par Sally, la secrétaire de la compagnie, il s'impose en tournant une émeute dans le quartier chinois. Ensuite, il sauve Sally évanouie lors d'un accident de hors-bord ; exploit que s'attribue un lâche, mais un singe avait tourné la manivelle de l'appareil de Keaton et filmé la scène.
Mer, Sam : 16h - Jeu : 20h30 - Dim : 14h.



La Cité de l'ombre (VF)
Un film de Gil Kenan avec Bill Murray, Saoirse Ronan, Harry Treadaway. Film américain. Genre : Aventure, Fantastique. Durée : 1h35. - 2007.
Depuis des générations, les habitants de la cité d'Ember mènent une vie harmonieuse sous les millions de lumières qui illuminent leur cité souterraine. Pourtant, depuis quelque temps, les coupures se multiplient et face à la nuit qui menace, tous commencent à s'inquiéter. Leur survie est en jeu....
Mer, Sam : 14h - Dim : 16h30 - Mar : 18h15. Film pour enfants à partir de 7 ans.

Programme du 4 au 10 février



L'Armée des Ombres
Drame (2h20). Film français. - 1969. De Jean-Pierre Melville avec Lino Ventura, Simone Signoret, Paul Meurisse.
Les activités et la vie extrêmement difficiles d'un réseau de résistants sous l'occupation allemande..
Lun : 20h30.
4e édition du Festival "La Résistance au cinéma" organisée par l'association des amis du musée de la résistance nationale de Seine-Saint-Denis. La séance sera suivie d'une discussion avec Guy Krivopissko, historien et conservateur du Musée de la Résistance nationale.



Bil'In, village au pied du mur
Un film de Eric Biesse avec les journalistes Julien Auduc et Belal Adel Al-Khateeb.Documentaire français. 0H33.
Depuis deux ans, tous les vendredis, les habitants de Bil'In manifestent contre le mur érigé par le gouvernement israélien sur leurs terres… A leur côté, des israéliens et des internationaux. Leurs actions sont résolument NON VIOLENTES. Une quinzaine d'entre eux, pour l'essentiel des Palestiniens du village de Bil'In, mais aussi une israélienne et des internationaux, racontent pourquoi et comment ils ont décidé d'agir par la non-violence.
Séance Mardi 10 février à 14h proposée par l'association du Mouvement de la Paix et le cinéma Louis Daquin. Suivi d'un débat en présence du réalisateur Eric Biesse. ENTREE LIBRE.



Les Noces rebelles (VO)
Drame (2h05). Film américain. - 2008. De Sam Mendes avec Kate Winslet, Leonardo DiCaprio, Michael Shannon.
Au milieu des années 50, un couple de banlieusards qui ont tout pour être heureux (enfants, maison...) sont confrontés à un dilemme : écouter leurs désirs ou s'adapter à la société.
Mer, Ven : 18h10 - Jeu : 20h20 - Sam : 13h50 | 20h20 - Mar : 18h.



Diamant 13
Policier (1h40). Film français. - 2008. De Gilles Béat avec Gérard Depardieu, Olivier Marchal, Asia Argento.
Un policier, chef de groupe d'une brigade de nuit, tente de faire la lumière sur la mort de son meilleur ami, également flic. Son enquête l'amènera à se confronter à la hiérarchie, à des élites corrompues et à son ancienne femme.
Mer : 16h15 - Jeu, Lun : 20h40 - Ven, Sam, Mar : 18h30 - Dim : 16h30.



Che - 1ère partie : L'Argentin (VO)
Biopic (2h07). Film américain.- 2008. De Steven Soderbergh avec Benicio Del Toro, Demian Bichir, Santiago Cabrera.
Evocation de la vie de Ernesto "Che" Guevara, et la guérilla qu'il mène avec Fidel Castro à Cuba contre le régime du général Batista.
Mer : 13h50 | 20h30 - Ven, Mar : 20h30 - Sam : 16h05 | 20h30 - Dim : 14h | 18h30 - Lun : 18h.



Les Trois singes (VO)
Drame (1h 49min). Film turc. Année de production : 2008. De Nuri Bilge Ceylan avec Ahmet Rifat Sungar, Hatice Aslan, Yavuz Bingol.
Une famille disloquée à force de petits secrets devenus de gros mensonges, tente désespérément de rester unie en refusant d'affronter la Vérité, comme dans la fable des "trois singes"...
Mer, Sam, Dim : 18h - Ven, Mar : 20h20.
Séances précédées du court métrage
Le Remords, de Yann Sinic.



Les Plages d'Agnès
Un film d'Agnès Varda avec Agnès Varda. Film français. Genre : Documentaire. Durée : 1h 50. - 2007.
En revenant sur les plages qui ont marqué sa vie, Varda invente une forme d'autodocumentaire. Agnès se met en scène au milieu d'extraits de ses films, d'images et de reportages. Elle nous fait partager avec humour et émotion ses débuts de photographe de théâtre puis de cinéaste novatrice dans les années cinquante, sa vie avec Jacques Demy, son engagement féministe, ses voyages à Cuba, en Chine et aux USA, son parcours de productrice indépendante, sa vie de famille et son amour des plages. Une femme libre et curieuse !
Mer : 20h20 - Lun : 18h20.



Igor (VF)
Animation (1h20). Film américain. - 2007. De Anthony Leondis avec John Cusack, Molly Shannon, Steve Buscemi.
Igor, l'assistant bossu d'un scientifique fou, rêve de remporter le grand prix du concours annuel de sciences.
Mer : 14h10 | 16h - Sam : 14h30 - Dim : 16h15. - Film pour enfants à partir de 6 ans.



Jiburo (VO)
Comédie dramatique (1h27). Film sud-coréen. - 2002. De Lee Jung-hyang avec Yoo Seung-ho, Eul-boon Kim, Seung-ho Yu.
Pour les vacances, Sang-woo est contraint d'aller à la campagne chez sa grand-mère qu'il ne connaît pas. Mordu de jeux vidéo et de super-héros, ce jeune citadin doit apprendre à s'adapter à cette vie et à cohabiter avec cette vieille femme...
Sam : 16h15 - Dim : 14h30. - Film pour enfants à partir de 8 ans.

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Cinéma Louis Daquin - 76, rue Victor Hugo - 93 150 Blanc-Mesnil
Répondeur : 01 48 65 54 35 - Renseignements : 01 48 65 52 35
Tarif plein : 5,5€ - Tarif réduit : 4€ - Enfants (- de 16 ans) : 3,5€.

CLIMATOLOGIE COURANTS MARINS ET CONVECTION PROFONDE

Les soubresauts inattendus de la circulation océanique

09011405_ATLANTIQUE_X1I1_ori             L'OCÉAN est facétieux. Après une quasi-décennie d'affaiblissement, le phénomène de " convection profonde " dans l'Atlantique nord, un élément essentiel du grand puzzle de la circulation océanique, est revenu à la vie. Au cours de l'hiver 2007-2008, une équipe d'océanographes menée par Kjetil Vage (Woods Hole Oceanographic Institution, Massachusetts) a en effet constaté une reprise du mélange des masses d'eaux profondes dans les mers du Labrador et d'Irminger (respectivement situées au nord-est du Canada et au sud-ouest de l'Islande) - un mécanisme important dans la régulation du climat.

Leurs travaux, publiés dans la revue Nature Geoscience, constituent une surprise. " Rien ne nous a permis d'anticiper la reprise soudaine de ce processus, explique Virginie Thierry, chercheuse à l'Institut français pour l'étude et l'exploitation de la mer (Ifremer) et coauteur de cette étude. Au début des années 1990, les couches de mélange homogènes pouvaient atteindre 2 000 m, puis après l'hiver 1995-1996, la profondeur du mélange est remontée à 1 000 m environ. " Sans crier gare, l'hiver dernier a vu le phénomène de convection profonde revenir peu ou prou à son niveau du début des années 1990.

Pour comprendre l'importance du mécanisme, il faut suivre une portion de ce que les océanographes appellent le " tapis roulant ", cette grande circulation d'eau dans les océans de la planète, qui boucle un tour en un peu moins de mille ans. Le voyage commence dans le golfe du Mexique, dont les eaux chaudes sont d'abord poussées par le vent et la rotation terrestre vers le nord-est : c'est le Gulf Stream. Celui-ci se divise en plusieurs courants, dont la dérive nord-Atlantique, qui monte vers l'Europe du Nord. En se refroidissant, les eaux de surface de ce courant contribuent à tempérer les côtes européennes, mais deviennent plus denses - plus lourdes en somme - et " plongent " en mers du Labrador et d'Irminger : c'est le phénomène de convection profonde.

Pourquoi cette section du tapis roulant est-elle grippée depuis 1995 ? Pourquoi s'est-elle brusquement décoincée l'hiver 2007-2008 ? Sous l'effet du changement climatique, la fonte des glaciers continentaux provoque un afflux d'eau douce dans l'Atlantique nord, expliquent la majorité des climatologues. Or ces eaux douces, peu denses, ont tendance à stagner en surface et ne " plongent " pas aisément. Le phénomène de convection profonde est alors entravé. Dans ce cas, pourquoi, alors que les glaciers n'ont jamais autant précipité d'eau douce dans les mers, le processus a-t-il repris brusquement en 2008 ?

Les chercheurs invoquent un mécanisme de rétroactions complexes. La fonte record de la calotte du Groenland, à l'été 2007, ayant été suivie par un hiver rigoureux, les grandes quantités d'eau douce déversées en surface de la mer du Labrador ont permis la formation inattendue de glace de mer... Cette formation, peu commune dans cette zone, d'une fine couche de banquise aurait, selon les auteurs, favorisé la formation des eaux profondes. Et donc, le retour de la convection.

En outre, le faible recul dont disposent les chercheurs laisse ouverte la possibilité que ces variations puissent être liées à des cycles naturels de longue période. Car les chercheurs ont fondé leurs travaux sur le réseau Argo, un maillage serré de près de 3 000 bouées qui mesurent les propriétés physico-chimiques de l'eau sur une colonne d'eau pouvant mesurer jusqu'à 2 000 m. Mais ce dispositif international est encore récent. Son déploiement n'a commencé qu'en 2000 et s'est achevé fin 2007. Et les navires océanographiques qui, auparavant, remplissaient cet office étaient bien incapables de fournir une quantité de données comparables à celles produites par le réseau Argo... " Nous attendons la fin de l'hiver en cours pour voir si le phénomène se reproduit ", conclut Mme Thierry.

Stéphane Foucart - Le Monde du 14 janvier 2009

          

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27 janvier 2009

MANIFESTATION DU 29 JANVIER 2009

Propositions et revendications des organisations syndicales CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA

lundi 5 janvier 2009 La crise économique amplifiée par la crise financière internationale touche durement une grande partie des salariés dans leurs emplois et leurs revenus. Alors qu’ils n’en sont en rien responsables, les salariés, demandeurs d’emploi et retraités, sont les premières victimes de cette crise. Elle menace l’avenir des jeunes, met à mal la cohésion sociale et les solidarités ; elle accroît les inégalités et les risques de précarité. Les seules lois du marché ne peuvent régler tous les problèmes. Face à cette situation et considérant qu’il est de leur responsabilité d’agir en commun, en particulier lors de la journée du 29 janvier, pour obtenir des mesures favorables aux salariés, les organisations syndicales CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA ont décidé d’interpeller les entreprises, le patronat et l’Etat. Surmonter la crise implique des mesures urgentes en faveur de l’emploi, des rémunérations et des politiques publiques intégrées dans une politique de relance économique.

1 – Donner la priorité au maintien des emplois dans un contexte de crise économique De nombreuses entreprises mettent la pression sur les sous-traitants et fournisseurs faisant supporter à leurs salariés blocages de rémunérations et pertes d’emplois. Par ailleurs, des salariés sont contraints à des durées du travail élevées, tandis que les salariés temporaires, en intérim ou en CDD, sont les premiers à faire les frais des baisses d’activité. Des entreprises utilisent la crise pour opérer des restructurations tout en maintenant la rémunération de leurs actionnaires. C’est intolérable et inadmissible. Les entreprises confrontées aux baisses d’activité utilisent des mesures de sauvegarde d’emplois comme le chômage partiel, les jours de RTT ou de congés… Toutes ces mesures doivent être négociées dans l’objectif de préserver l’emploi et les salaires. Les aides publiques doivent aussi y être conditionnées. Les entreprises doivent améliorer l’indemnisation du chômage partiel et tous les salariés doivent pouvoir en bénéficier. Ces périodes de baisse d’activité doivent être utilisées pour développer la formation professionnelle et renforcer les compétences des salariés. Dans toutes les entreprises, quelle que soit leur situation, c’est notamment en investissant dans la formation et le travail qualifiant et en réduisant la précarité que la performance sera assurée. Dans la fonction et les entreprises publiques, il est indispensable de répondre aux besoins de notre société et de la population et de leur attribuer les moyens nécessaires. Dès 2009, le gouvernement doit renoncer aux 30.000 suppressions de postes. Il faut abandonner une politique aveugle de suppression d’emplois et penser autrement l’évolution des services publics dont la qualité et l’emploi constituent une question centrale. La situation des salariés précaires du public appelle des mesures de justice sociale.

2 – Politiques salariales : améliorer le pouvoir d’achat, réduire les inégalités Les exigences des actionnaires ont conduit, dans beaucoup d’entreprises, à l’accroissement des inégalités. Elles se sont aussi traduites par une redistribution des richesses privilégiant le versement de dividendes au détriment des salaires et de l’investissement. Dans les branches, les entreprises, les fonctions publiques, les négociations salariales doivent assurer au moins un maintien du pouvoir d’achat et une réduction des inégalités. Les allégements de cotisations sociales doivent être conditionnés à la conclusion d’accords salariaux

3- Orienter la relance économique vers l’emploi et le pouvoir d’achat. Il est de la responsabilité de l’Etat et de l’Union Européenne de décider de politiques d’interventions publiques coordonnée favorisant une relance économique. Celles-ci doivent viser à la fois :
- Une relance par la consommation en améliorant le pouvoir d’achat, en priorité des revenus les plus modestes parmi lesquels de nombreux salariés, demandeurs d’emploi, retraités et bénéficiaires de minima sociaux.
- Une politique de développement de logement social à la hauteur de l’urgence, un encadrement des loyers et un accès au crédit dans des conditions excluant les taux usuraires.
- Une protection sociale (santé, retraite…) dans un cadre collectif et solidaire
- Des investissements ciblés, en particulier en matière d’infrastructures, d’équipements publics et de services publics, en favorisant la recherche, le développement, l’éducation et la formation. Les investissements publics et privés doivent notamment être orientés en faveur d’une économie du développement durable mettant en œuvre les principes adoptés au Grenelle de l’Environnement.
- Toute aide accordée à une entreprise doit être ciblée et faire l’objet de contreparties. Elle doit être conditionnée à des exigences sociales, en particulier en matière d’emploi. Elle doit faire l’objet d’une information et d’un avis préalable des élus représentant les salariés. Dans le cas spécifique du secteur bancaire, l’utilisation des aides publiques doit donner lieu à un contrôle direct par l’Etat.

4 – Préserver et améliorer les garanties collectives Les conditions de vie et de travail pour les salariés des secteurs privé et public, passent par l’amélioration du cadre collectif. C’est pourquoi il faut : abroger les dispositifs légaux qui ont conduit à remettre en cause la réduction du temps de travail retirer la proposition de loi sur le travail du dimanche. respecter le dialogue social sur tous les projets et propositions de loi qui touchent à la réglementation du travail. face à la révision générale des politiques publiques (RGPP), mettre en oeuvre des réformes porteuses de progrès social 5 – Réglementer la sphère financière internationale Cette réglementation doit mettre un terme à la spéculation, aux paradis fiscaux, à l’opacité du système financier international et encadrer les mouvements de capitaux. L’Union européenne doit être au premier plan pour l’exiger. Il faut aussi imposer le respect des droits fondamentaux et sociaux et des normes internationales de l’OIT dans tous les échanges internationaux. L’aide publique au développement doit être maintenue et améliorer. C’est ce que demande le mouvement syndical international

Le 5 janvier 2009

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Ecole : les "désobéisseurs pédagogiques" interpellent Xavier Darcos

Ils n'étaient qu'une poignée début novembre, ils sont aujourd'hui près de 2 000 professeurs des écoles à entrer officiellement en "résistance pédagogique" contre les réformes du ministère de l'éducation nationale, voire "plusieurs dizaine de milliers" à être en désobéissance "officieusement", précise Alain Refalo, professeur des écoles à Colomiers (Haute-Garonne), l'un des "meneurs" de cette fronde inédite au sein de l'éducation nationale.


Dans une lettre qui sera adressée le 27 janvier à Xavier Darcos http://www.medias.lemonde.fr/mmpub/edt/doc/20090126/1146816_lettreouverteau_ministre.pdf, cent-cinquante de ces "désobéisseurs pédagogiques" demandent officiellement au ministre de l'éducation nationale le retrait de son dispositif d'aide personnalisée aux élèves en difficultés ainsi que des nouveaux programmes du primaire mis en place à la rentrée dernière.


Le "mouvement" a débuté le 6 novembre 2008 avec une lettre ouverte rédigée par Alain Refalo à travers laquelle il avait informé son inspecteur de circonscription qu'il entrait en désobéissance pédagogique et refusait d'appliquer les réformes du ministre de l'éducation nationale. Lundi 26 janvier, ils étaient officiellement 1937 dans trente départements différents http://www.blog4ever.com/blogfichiers/252147/fics/252147090126025732.pdf, à avoir signé une lettre individuelle ou collective qui matérialise cet engagement.


"Nous espérons vous convaincre qu'il est temps d'écouter et de prendre en considération l'opinion des enseignants et de réviser d'urgence votre politique pour l'école", expliquent les professeurs des écoles. Selon eux, "ce dispositif d'aide personnalisée est totalement illégitime sur le plan structurel, inefficace sur le plan pédagogique et désastreux pour l'avenir de l'école", car il ""commercialise'" l'école. Sa présentation, son organisation différente d'une école à l'autre introduit l'idée dans l'opinion générale que l'école devient un supermarché où le client (ici les parents d'élèves) est roi. Les parents sont alors abusés et certains qui ne connaissent légitimement pas cet univers scolaire complexe, risquent de se comporter en véritables consommateurs déclinant leur souhait au gré de leurs envies ou humeur."


Face à cette mobilisation, Xavier Darcos estimait dans Le Figaro la semaine dernière qu'"on parle beaucoup de la centaine d'enseignants militants qui agissent par pure idéologie et pas assez des 380 000 professeurs des écoles qui font leur travail avec un grand dévouement. Quand un professeur refuse d'aider ses élèves, il rompt la confiance que la Nation place dans l'école".


Et lors de sa conférence de presse le 22 janvier http://www.education.gouv.fr/cid23524/point-etape-programme-action-pour-2009.html, le ministre avait enfoncé clou. "Toute la réforme de l'école primaire consiste à sortir de l'anonymat ces élèves en difficultés qui venaient grossir chaque année les statistiques de l'échec scolaire, pour leur proposer les solutions les plus adaptées, qu'il s'agisse des deux heures d'aide individualisée par semaine, ou encore des stages de remise à niveau en français et en mathématiques offerts durant les congés scolaires aux élèves de CM1 et de CM2. Là encore, je voudrais dire qu'il est parfaitement insupportable à tout esprit républicain qu'on prétende priver d'aide scolaire des élèves qui en ont besoin et qui y ont droit."


"Notre volonté n'est pas de priver les élèves de toute aide. Au contraire, nous souhaitons les aider mais en rendant cohérents les dispositifs d'aide avec les projets éducatifs mis en place dans chaque école", défend Alain Refalo.


Au-delà de la réaction du ministre de l'éducation nationale, les autorités académiques commencent à sanctionner les enseignants récalcitrants. Ainsi, Alain Refalo s'est vu signifier, la semaine dernière, un retrait de salaire de deux journées par semaine pour refuser d'appliquer les deux heures hebdomadaires de soutien aux élèves en difficulté. Une sanction qu'avait déjà subie une douzaine de ses collègues fin décembre. Mais la sanction aide a popularisé cette cause selon Alain Refalo : "La mobilisation devrait s'en trouver renforcée".


Philippe Jacqué - dans le Monde

Posté par Alainramos à 09:25 - Politique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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